Archive pour ◊ décembre 2007 ◊

Auteur: Audrey
• Dimanche 09 décembre 2007

Je ne compte plus le nombre de manuscrits inachevés que j’ai dans mes tiroirs (c’est une image hein, la plupart des mes écrits sont sur mon ordi) et tous les jours je me demande pourquoi ce roman que je suis entrain de totalement réécrire, je suis arrivée à le finir. Je crois que c’est surtout parce que je me suis lancée sans pression.

Il m’a fallu du temps avant de comprendre que je ne pouvais pas écrire un chef d’œuvre du premier coup. Je butais sur chaque phrase, je la recommençais, je n’avançais pas tant que ce n’était pas parfait selon ma perception. Forcément ça ne l’était jamais et j’abandonnais en me disant que j’étais nulle et que je ne savais pas écrire.

Aujourd’hui je sais qu’un roman demande deux, trois, douze réécriture avant d’atteindre son potentiel maximum, qu’il faut des mois, voire des années pour l’achever, je sais que tous les auteurs passent par des périodes de découragement. Je crois que c’est en lisant des entrevues d’écrivains confirmés qui racontaient leurs passages à vide devant la fameuse page blanche que je me suis dit eh si eux n’y arrivent pas parfois, c’est normal que moi non plus! Et toute la pression est retombée.

C’est ce que je retiendrais de cette expérience unique de mon premier roman (eh c’est vrai, je n’écrirai jamais plus de premier roman!), ne pas paniquer parce qu’on y arrive pas du premier coup, et certains jours pas du tout! Ne pas penser au travail immense qui nous attend aussi, quand on écrit la première page, sinon on se décourage. Je n’ai jamais pensé à la fin, j’écrivais et c’est tout mais quelle sensation de mettre le point final. Et j’ai hâte de le remettre pour de vrai, quand tout ce remue ménage sera terminé!

Je pars en France dans deux semaines, et je viens de m’offrir un max de temps pour écrire. Dans l’avion mais surtout entre mes correspondances!

Auteur: Audrey
• Mardi 04 décembre 2007

Je me rends compte que corriger un roman est plus difficile que de l’écrire. Quand j’écrivais le premier jet, je ne faisais pas vraiment attention au style, je me concentrais sur l’histoire, j’étais dans une processus créatif proche de l’orgasme. Oui oui, pour de vrai! C’est tellement plaisant de faire vivre des personnages selon son imagination, j’avais la trame de l’intrigue en gros dans ma tête mais je me laissais parfois porter vers quelque chose qui n’était pas prévu.

J’ai terminé d’écrire fin septembre, et je suis encore dans la correction de mes 70 premières pages sachant que j’en ai écris presque 200, je ne suis pas rendue! Ce n’est pas tellement que ce soit mal écrit (bon certains passages m’ont fait sauter au plafond, nan j’ai pas écrit ça c’est tellement cliché!) c’est plutôt que maintenant je connais par cœur mes personnages, et qu’ils ont eu temps de murir dans ma tête . Conséquence, je réécris beaucoup de choses pour qu’ils soient plus en accord avec tous les traits de leur personnalité. Mon style a évolué aussi, il est plus vif, plus dynamique, grâce à certains conseils que j’ai reçus. Une fille sur un forum m’a dit que j’écrivais un peu comme Proust, j’ai cru que j’allais mourir, ok ok on peut faire pire comme comparaison mais je trouve son style tellement ennuyeux!

Alors je réécris, d’une manière un peu moins proustienne et plus made in moi ! Ça vient de mes cours de français ça, mes profs me répétaient de ne pas écrire en langage parlé, ou langage familier, au contraire, il fallait faire de longues et belles phrases pleines de métaphores. Ok mais mon roman se passe pas au 19 ème siècle, et mes personnages ne sont pas les fils du prince Charles alors si mon héroïne a envie de dire merde, putain, fais chier, tabarnak, elle le dit maintenant!

Appel : si certains ont quelques heures à tuer, et envie de lire quelques passages de mon roman, qu’ils me fassent signe. Je suis avide de critiques, pas des critiques oh wow c’est trop bien écrit continue, c’est super pour l’ego mais ça ne fait pas progresser. Je voudrais des critiques sincères et constructives.

Comme je l’ai dit mon roman est avant tout une histoire de filles donc je refuserai pas de faire lire mon roman un homme de cinquante ans mais il risque de ne pas vraiment embarquer dans l’histoire! Vous voilà prévenus.

Autre chose je serais ravie de rendre la pareille à tout auteur en devenir, du moment que ce n’est pas de la science fiction, je n’aime vraiment pas ça donc je ne serais pas d’une grande aide pour des critiques!

Mon adresse : lettresdici (at) gmail (point) com. Merci!

Auteur: Audrey
• Lundi 03 décembre 2007

Il y a quelques jours j’écrivais sur ma naïveté de jeune auteur concernant mon éventuelle publication, aujourd’hui j’aimerais vous parler d’une autre de mes croyances qui, je pense, touche tous les nouveaux écrivains : celle qu’on a écrit un chef d’œuvre. Bon en fait on passe par les deux extrêmes : de j’ai écrit une vraie merde remplie de clichés dans un style épouvantable à mon dieu que j’écris sublimement bien, je suis sûre que MOI je vais arriver là où les autres ont échoué. Les éditeurs vont s’arracher ma prose et mon livre va se vendre à des centaines de milliers d’exemplaires sans parler de l’adaptation cinématographique. Oui oui dès fois je le pense, ou plutôt je l’espère. Je m’en fous des statistiques qui disent que le premier roman d’un écrivain est très rarement publié ( il faut laisser à l’écriture le temps d’évoluer) alors quant à ce qu’il devienne un best seller!

Depuis quelques mois grâce à Internet, j’apprends l’humilité. Je découvre des tas de site en anglais pour la plupart qui donne des conseils pour écrire, des conseils précis, détaillés et très utiles. Et je dois dire que grâce à eux, mon style a évolué vers quelque chose de meilleur. Supprimez au max les adjectifs et les adverbes qui détonnent une pauvreté de langage, arrêtez de tout rabâcher au lecteur. Ça c’est un de mes défauts, j’explique toujours tout au lecteur, si mon héroïne agit comme ça c’est parce que tu te rappelles à la page 15 il s’est passé ça et en plus blabla. Pas besoin, d’ailleurs quand je lis un roman et que l’auteur nous explique tout en long en large et en travers, je déteste et j’ai envie de lui hurler me prends tu pour une conne, j’ai bien compris ce qui se passait, pas besoin d’en mettre des tonnes!

Tout ça pour dire que je suis contente qu’Internet existe. Grâce à ça je me suis évitée des profondes déceptions (comme envoyer mon manuscrit à Albin Michel ou Robert Laffond depuis le Québec et attendre une réponse positive! Rassurez vous je n’aurais pas tenté Gallimard) et la version finale de mon roman s’améliore de jour en jour.

Bon ben sinon on est le 3 décembre et c’est déjà la deuxième tempête de neige! Je viens de passer presque une heure à essayer de sortir ma voiture prise dans un banc de neige d’un mètre cinquante! Comme le dit l’heroïne de mon roman : c’est dans ces moments là que je me demande ce que je suis venue foutre ici!

Heureusement y’a le sirop d’érable!

Auteur: Audrey
• Lundi 03 décembre 2007

Soutien-gorge rose et veston noir de Rafaële Germain est le premier livre d’une auteure québécoise que j’ai lu et ce fut avec beaucoup d’entrain. Dès les premières pages, j’ai embarqué dans l’histoire et les personnages.

Synopsis : Chloé la fin vingtaine avait juré avec ses deux amis Antoine et Juliette de rester célibataire jusqu’au jour où contre l’avis de ces deux comparses elle va se mettre à sa recherche.

De prime abord rien de nouveau sous le soleil, d’ailleurs au bout de quelques chapitres je savais déjà comment ça allait se terminer mais j’ai vraiment pris plaisir à entrer dans le monde de Chloé, à la suivre dans ses péripéties et ses pensées. Quand elle et ses amis se réunissaient, c’était comme si j’étais avec eux, j’aime ça me plonger totalement dans un monde.

Ce livre est une bouffée d’air frais, pétillant, vivant, drôle et on tourne les dernières pages avec regrets. Pas besoin d’écrire une histoire super originale pour qu’elle soit captivante. Les émotions sont vraiment très biens décrites, surtout vers la fin, j’aurais presque versé une larme.

J’ai beaucoup aimé cette écriture très québécoise, j’avais l’impression d’entendre mes amies d’ici parler, le seul hic : jamais ce livre ne se retrouvera sur les tablettes des librairies françaises car il est certain qu’aucun Français ne fera l’effort de comprendre.
Par exemple, l’histoire s’ouvre sur une épluchette de blé d’inde. Kesceça? Avant de vivre au Québec je ne savais pas.

En tout cas je conseille ce livre à toutes les filles célibataires ou non!

PS : gros bémol : j’ai trouvé qu’il y avait beaucoup de fautes d’orthographe et de coquilles dans l’exemplaire que j’ai lu. J’espère juste qu’elles ont été corrigées lors des nombreuses réimpressions.

Auteur: Audrey
• Dimanche 02 décembre 2007

Voici les réponses de Gilles Pellerin à mes questions, éditeur chez Instant Même

Comment est né L’instant Même?
Les quatre cofondateurs de la maison, Jean-Paul Baumier, Denis LeBrun , Marie Taillon et moi étions des lecteurs de nouvelles. Or le genre était peu présent dans l’horizon éditorial au Québec. Nous avons voulu combler une lacune. Et nous assurer d’avoir de bonnes nouvelles à lire ! Nous avons créé la maison en 1985 et publié. Notre premier titre un an plus tard. Puis peu à peu sont nées les autres collections : roman (1993), essai, théâtre, cinéma.

Combien de manuscrits recevez-vous par jour ou semaine?
Nous recevons presque un manuscrit par jour ouvrable. Au Québec certaines petites maisons, en raison de leur spécialité (les maisons de poésie, par exemple) ou de leur qualité ou de leur audace, reçoivent autant de propositions que les grandes sociétés.
Comment procédez-vous à la sélection? Par lecteurs, comités de lectures, autres ?
Les manuscrits sont évalués par un comité de lecture. La direction littéraire répond à ses recommandations.

Sur la totalité des manuscrits reçus annuellement, combien en publiez-vous?

Nous sommes dans la moyenne : environ un manuscrit sur vingt est retenu pour publication.

Quelles sont les raisons les plus fréquentes pour justifier un refus?
Beaucoup écrivent, peu écrivent de la littérature. Par ailleurs, nous savons être en mesure de défendre certains types d’écriture. Inutile pour nous de nous lancer dans des segments éditoriaux où nous ne nous sentons pas à l’aise.

Comment vous prenez-vous pour promouvoir les livres que vous publiez?

La promotion est le point faible des petites sociétés éditoriales, du moins au plan de la publicité. L’essentiel de notre travail est fait par notre attachée de presse. Il vise la presse (recensions, critiques, rencontres publiques, etc.). Une partie de ce volet se réalise par ailleurs lors des Salons du livbre de Montréal et Québec.

La concurrence surtout avec les éditions de Montréal est-elle difficile?
La provenance géographique des éditeurs n’est pas le premier critère qui distingue une maison d’une autre, si ce n’est que les médias nationaux (donc montréalais) sont parfois portés à considérer ce qui se fait « en province » comme n’ayant pas le coefficient de sérieux voulu. À Québec, le réflexe est inverse : on voit mal ce qui se fait si près de soi. À la longue, une maison, d’où qu’elle vienne, imposera sa qualité. La concurrence entre éditeurs est moins difficile que celle entre la littérature et d’autres types de livres dans l’espace médiatique : un livre de recettes reçoit infiniment plus d’attention qu’un recueil de nouvelles, ce qui est en soi un signe de l’état actuel de la culture.

Le marché du livre québécois étant relativement petit, essayez-vous de promouvoir vos livres à l’étranger, notamment en France? Pourquoi?
Le marché français est en grande partie beau rêve. J’entends par là que le pénétrer est dans les faits très difficile, surtout si l’on agit de loin, comme c’est notre cas. La France a gardé des réflexes coloniaux, elle ne s’ouvre pas spontanément devant ce qui provient de sa propre langue mais hors des limites hexagonales. La remarque d’Octave Crémazie (« il eût mieux valu écrire en iroquois ») s’applique toujours. Nous sommes présents, certes, mais modestement.

Comment reconnaissez-vous un livre qui pourrait intéresser des lecteurs?
Cet aspect n’est pas déterminant pour nous (ce qui ne veut pas dire que nous n’en tenons pas compte : se tenir loin du goût ambiant est ruineux). Il le cède du moins à ce que nous estimons être la qualité. Il est certain cependant que l’intérêt présumé des lecteurs joue, mais c’est là une donnée bien aléatoire. Actuellement, l’autofiction semble recueillir l’assentiment général, mais est-ce là un avis de lecteurs ou une position d’écrivains ? C’est surtout une étiquette facile à utiliser : un critique s’est récemment montré sévère à l’endroit d’un roman que nous avons publié, pour la raison que l’autofiction est détestable. Or ce n’en était pas… Cela illustre à quel point l’idée qu’on se fait de la littérature (ce qu’elle est, ce que les gens aiment) est tout sauf objective.

Quelle genre de livres les Québécois préfèrent-ils lire?
Les libraires vous répondraient mieux que moi.

Avez-vous des idées pour relancer le marché littéraire, pour encourager plus de personnes à lire?
Je passe une partie de ma vie à chercher à répondre à cette question. C’est qu’elle est complexe : quelle place tient la lecture dans la vie des Québécois ? quelle place tient la littérature à l’école ? quelle place tient la littérature dans les médias ? Nous vivons dans un cadre où il est possible à un nouveau chanteur d’écouler 150 000 exemplaires de son disque : la presse l’aura soutenu. Un écrivain ? Quand en entend-on dans les émissions de radio ? Quand parle-t-on vraiment de leurs livres et de leur œuvre ? Là me semble le premier lieu (la presse) à reconquérir.

Quels conseils pourriez-vous donner aux écrivains désirant être publiés?
D’être patients : un texte gagne au mûrissement. D’être au moins exigeants pour eux-mêmes qu’ils le sont pour leur éventuel éditeur.

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