Je viens de visionner un excellent reportage intitulé “Best sellers à tout prix” qui essaie de découvrir pourquoi et comment certains romans deviennent des best-sellers vendus à plusieurs millions d’exemplaires. On nous entraine de Londres, à Paris, et de Francfort à New-York aux côtés de Douglas Kennedy, Marc Levy et Mary Higgins Clark entre autres et on découvre que finalement, s’il y a des trucs à savoir, un best-seller mondial, c’est un coup de chance. Il n’y a pas de recettes miracles et c’est tant mieux. Le seul point commun à ces romans, c’est une envie de tourner la page pour connaitre la suite, c’est de ressentir les émotions des personnages et ce n’est pas si simple qu’on croit.
Le reportage aborde aussi le sujet des fameuses écoles de creative writing, à savoir si on peut apprendre à écrire. Évidemment les Français pensent que non non écrire c’est un don et les anglo-saxons que oui on peut apprendre certaines choses. Moi je pense comme eux, que s’il faut des prédispositions pour écrire, lire et écrire beaucoup, sans cesse, on peut apprendre quelques trucs.
Après la première version de mon roman, j’ai commencé lire beaucoup sur l’écriture, comment faire des descriptions, comment, pourquoi, quand, comment écrire un début dynamique, comment créer des personnages touchants etc et j’ai réécrit, encore et encore et franchement certains passages de ma première version me font éclater de rire aujourd’hui. Alors oui, je pense qu’on gagne à lire des articles de creative writing.
Bref, pour revenir au reportage, le journaliste a aussi interrogé des éditeurs et j’ai trouvé ça drôle quand le PDG de Robert Laffond en France a avoué avoir refusé la traduction du Code Da Vinci, et que les éditeurs font tous des erreurs en laissant passer des chefs d’oeuvres. De quoi consoler tous les aspirants auteurs qui se voient refuser leurs romans !
Je vous conseille le reportage en tout cas, il est disponible à la bibliothèque (mais pour l’instant c’est moi qui l’ai) sinon sur Internet à quelques euros je pense.
Et quand j’ai éteint le DVD, je me suis dit que c’était vraiment dans ce monde-là que j’avais envie d’évoluer et que… je veux que mon roman soit un best-seller mondial ! Bon ok, pour un premier roman je me contenterai d’un best-seller ici et en France !
Archive pour ◊ avril 2008 ◊
J’ai reçu mon contrat d’édition par la poste vendredi mais j’hésite à le signer parce qu’il se pourrait que mon roman ne soit pas publié avant l’automne 2009, ce que non seulement je trouve long mais qui en plus n’est pas propice à la sortie d’un premier roman selon moi, étant donné la concurrence des romans français et de ceux de grandes pointures d’ici. Face à un Pennac, un Laberge ou un Levy, comment mon roman pourrait-il sortir du lot?
Alors j’hésite, publier dans un an et demi c’est mieux que pas de publication du tout, ce qu’il y a c’est que d’ici là, moi j’aurais peut-être un autre roman d’écrit ce qui voudra dire attendre au moins encore un an au minimum avant de le sortir.
Du coup, j’attends avant de signer. J’ai parlé à C. de tout ça, elle m’a dit qu’elle allait voir avec sa directrice de collection, ils ont d’autres titres à sortir avant le mien et elle pense que ces romans se concurrenceraient, ce qui n’est pas totalement faux. Bref, pas facile de se décider.
Si je signe et que dans un mois une autre maison me propose une publication dans six mois ? Et si je signe pas, que C. retire son offre, que toutes les maisons me disent non et que mon roman ne voie jamais le jour ? Ce qu’il y a aussi, c’est que j’ai vraiment envie de signer avec C., mais attendre un an et demi, je ne sais pas.
Que feriez-vous à ma place ?
Il existe plusieurs alternatives à la publication à compte d’éditeur, le compte d’auteur, la publication à la demande, l’édition en ligne, l’auto édition, tout est bon pour aider les écrivains à tenir leur roman entre leurs mains.
Tout est bon pour lui prendre son argent aussi parce que d’après ce que je peux lire sur le net, ça a l’air assez difficile de tomber sur quelque chose de sérieux.
Si je n’avais pas trouvé d’éditeurs pour mon roman, est-ce que je me serais laissée tentée ? La réponse est non, tout simplement parce que je ne crois pas au mythe de l’écrivain maudit qui a écrit un chef d’oeuvre que personne ne reconnait et ne veut publier. Si mon livre n’avait pas trouvé preneur, j’en serais arrivée à la conclusion qu’il n’était pas assez bon pour être publiée et j’aurais continuer à écrire.
L’éditeur ne passera jamais à côté d’un futur best seller ou plus simplement d’un livre susceptible de se vendre, on peut arguer que tous les manuscrits ne sont pas lus entièrement mais si tout le monde décroche à la page 5, le lecteur risque de le faire aussi. Si le livre est bon, il touchera forcément un éditeur, j’en suis convaincue (ceci est peut-être moins vrai pour les maisons parisiennes puisque presque tout se joue par contact là-bas).
Et puis que faire avec 100 ou 200 livres sur les bras ? Les libraires rechignent à les prendre et sans médias un roman n’existe pas. Alors non, je n’aurais pas tenté l’auto édition et encore moins le compte d’auteur.
C’est facile à dire aujourd’hui que j’ai un contrat en poche, peut-être que 20 lettres de refus de maisons d’éditions ici et en France m’aurait poussé vers ces alternatives mais je ne pense pas. Mon égo en aurait pris un coup, j’aurais pleuré, hurlé, et… retravaillé mon roman.
J’ai reçu une belle lettre de refus ce matin, évidemment ça ne m’a rien fait, d’autant que je l’attendais ayant contacté l’éditeur la semaine et lui m’ayant dit que mon manuscrit avait été refusé.
J’ai trouvé la lettre assez gentille, formatée bien sûr mais gentille dans le sens où ils me disent que le refus de publication de mon roman n’est pas un jugement de valeur et que ça ne veut pas dire qu’il ne trouvera pas sa place ailleurs ! Oui merci… je sais !
C’est un refus du groupe Librex de Québécor ce qui ne m’étonne pas étant donné que c’est la maison de Rafaëlle Germain et que mon livre concurrence directement le sien, d’ailleurs, si j’avais lu son livre avant, je me serais économisé un envoi.
Je suis chanceuse quand même, ma première réponse a été un oui, j’imagine que j’aurais eu une réaction totalement différente en ouvrant la lettre si je n’avais pas eu l’appel de C. la semaine dernière.
Je suis chanceuse et j’ai beaucoup travaillé aussi, à la fin, je bossais 4h par jour sur mon livre après mes 7 heures de travail, et j’ai lu lu et encore lu des livres sur l’écriture, des livres d’auteurs que j’aime, j’ai demandé l’avis de 3 lecteurs extérieurs, j’ai réécrit et réécrit, j’ai coupé-collé, élagué, j’ai fait du mieux que j’ai pu toute seule et C. m’a dit que ça se voyait que je l’avais beaucoup travaillé, que l’intrigue était parfaitement ficelée.
Ce soir j’ai une lettre de refus à mon actif mais je suis fière de moi.
EDIT : En relisant ma lettre de refus, j’ai remarqué qu’il me demandait 25 dollars pour me retourner mon manuscrit pour frais postaux et de manutention ! 25 dollars ! C’est parce que ça m’a coûté 12 dollars pour l’envoi, et j’imagine qu’une entreprise a des rabais. Alors pourquoi 25 dollars ? Surtout que Québécor n’est pas vraiment la petite entreprise de quartier. Il y a de plus petites maisons d’édition en France qui renvoient les manuscrits à leurs frais, même au Québec, alors franchement, je suis choquée par les 25 dollars demandés par Québécor!
C’est quasi officiel pour mon roman ! J’ai revu C. au salon du livre ce midi, toujours enthousiaste, accueillante, et chaleureuse, je ne sais pas ce que ça va donner à long terme mais je me dis que je suis vraiment bien tombée. Elle voit beaucoup de potentiel dans mon roman. Elle m’a présentée une autre personne de l’équipe qui a aussi lu mon livre et on a rediscuté du contrat, de cette clause concernant le droit de préférence et on l’a réduit à 2 sans problème.
Elle va le corriger et m’envoyer le contrat par la poste dans le semaine. Ensuite, la conversation a dévié, elle m’a parlé de sa fille, je lui ai parlé de ma vie en France et de ce qui m’a amené ici, elle m’a proposé de venir lunché un vendredi midi avec toute l’équipe quand je pourrais me libérer. J’ai hâte. Et avant de partir, elle m’a souhaité la bienvenue dans l’équipe.
Alors voilà, si tout se passe bien, l’année prochaine, je ferais le Salon du livre de Québec en tant qu’auteure!
Ah!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
En même temps, j’ai vu tellement d’écrivains seuls devant leurs livres, ils faisaient de la peine alors qu’une fil énorme faisait la queue pour rencontrer Rafaëlle Germain. Arf, je n’ai pas franchement envie de faire la potiche devant mon roman l’an prochain ! Mais bon, en même temps, discuter ne serait-ce qu’à 4 ou 5 lecteurs qui me parleront de mon livre, je pense que ça voudra la peine.
J’ai hâte à ce qui s’en vient : signature du contrat et surtout correction sous supervision ! Le reste, la publication, les salons, les critiques j’y penserai plus tard, chaque chose en son temps.
Ma rencontre d’hier s’est passée à merveille. J’avais mal au ventre quand j’ai franchi les portes du salon des congrès, j’ai récupéré le billet que la directrice de la maison d’éditions… appelons-là C. avait déposé pour moi et je suis entrée. Je cherche leur kiosque, il y a deux femmes discutent avec un client, l’une d’elle se retourne vers moi, je me présente et un large sourire illumine son visage.
- Ah j’ai été la première à lire ton livre et je l’ai vraiment adoré, j’ai trouvé ça tellement bon.
Que c’est doux à mes oreilles.
- Est-ce que tu veux un verre d’eau ? C’est elle C., me dit-elle en me pointant la femme à côté d’elle, la directrice de la maison.
J’accepte le verre d’eau, elle me présente à un auteur présent, lui parle de mon roman, de certains passages qui l’ont fait vraiment rire, notamment sur l’hiver, elle a beaucoup aimé mon regard sur le Québec, on discute, je me détends. Finalement, C. vient me rejoindre, on s’installe sur une table avec mon manuscrit et un contrat. On passe au tutoiement en trente secondes, elle est super énergique, et enthousiaste.
- T’as fait le plus dur, c’est moi la plus difficile à convaincre et je suis convaincue.
Wow. Mon manuscrit est sorti du lot en deux semaines parmi la pile qu’ils reçoivent, je suis pas mal fière ! Elle me parle des étapes qui s’en viennent si je signe le contrat : travail avec un coach sur mon roman, avec suggestions que je serais libre de refuser, révision linguistique mais d’après ce que j’ai lu t’en as pas besoin (merci, je mets un point d’honneur à écrire sans fautes), discussion sur la couverture et le résumé au dos, sur l’envie ou non de mettre ma photo, et puis de publication qui serait certainement en janvier ou février 2009 avec 2500 exemplaires environ. Elle m’explique aussi que si je fais les salons, si je dois aller à Montréal pour des entrevues, ils paient tous les frais du moment que je me loue pas une suite au Hilton avec vue sur le fleuve et ensuite on passe en revue le contrat de 5 pages avec 25 clauses.
D’après mes connaissances, ce contrat me semble bien correct mais il y a une clause qui me gêne, le droit de préférence sur mes 3 prochains livres, on parle de peut-être 8 ans là, je ne sais même pas si je serais encore au Québec dans dix ans! Je comprends qu’ils veuillent garder leurs auteurs, qu’ils investissent du temps et de l’argent sur moi mais un droit préférence sur mes 3 prochains livres, je ne sais pas. Par contre, je garde le droit de proposer mon manuscrit en France et si une maison l’accepte, le livre sera édité en co-édition.
Après le contrat, on continue de parler de mon livre, C. l’a vraiment aimé, le seul truc qui me titille c’est qu’elle le considère comme un roman de chick lit et que j’ai l’impression qu’elle compte le mettre en marché de cette façon, sauf que oui ça en est mais je ne veux pas qu’on réduise mon roman à ça. Il y a toute une réflexion sur l’expatriation, sur les relations entre les québécois et les français, sur les relations filiales, sur le long chemin pour devenir adulte et je ne veux vraiment pas que mon roman soit réduit à de la chick lit. Je sais que c’est un créno qui marche fort donc je comprends la volonté de C. mais mon roman n’est pas que ça.
Bref, au bout d’une heure et demi, je suis repartie avec le contrat et elle m’a dit de lui redonner des nouvelles quand je serais prête.
Et donc, je suis en réflexion mais j’avoue que j’ai vraiment eu un super bon contact avec C. et son père est Français. Héhé y’a que des Français au Québec !
Bordel, je suis vraiment sur la route de la publication là !!! Incroyable!!!









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