Auteur: Audrey
• Mercredi 02 avril 2008
Ça fait longtemps que je me demande pourquoi la plupart des maisons d’éditions refusent les envois de manuscrits par email. Quand on sait qu’elles ne lisent qu’une dizaine de pages de nos romans, on sauverait du temps, de l’argent et des arbres si elles le faisaient. Elles n’auraient qu’à commencer à lire sur l’écran ou n’imprimer que le premier chapitre avant de décider si oui ou non elles veulent lire la suite.

Les plus grandes maisons parisiennes reçoivent jusqu’à 40 manuscrits par jour, le facteur leur en serait reconnaissant. Et pourtant, je crois entrevoir une de leurs raisons à s’obstiner à vouloir recevoir des manuscrits papiers. Quand les gens dépensent des centaines de dollars en impression et en envois, ils s’assurent le plus possible de la qualité de ce qu’ils envoient. Si l’envoi se faisait par courriel, je crois que les maisons seraient encore plus submergés. À peine fini que les aspirants auteurs se dépêcheraient d’envoyer leur roman, juste pour voir. Quand je vois sur des forums des extraits de roman avec du potentiel mais qui ont été envoyés tel qu’elle aux éditeurs, je peux comprendre l’impatience de certains et leur tendance à ne lire que les premières pages.
Ça fait donc dix jours environ que mon roman est sur les tablettes des éditeurs et je n’arrête pas d’en rêver. Cette nuit par exemple, j’ai rêvé que j’allais voler le rapport de lectures sur mon roman chez un des éditeurs que j’ai démarché et que ces rapports critiquaient mon passage où mon héroine s’en va à la cabane à sucre. Je me demande bien pourquoi ? Qu’est-ce qu’il a ce passage ? Qu’est-ce que mon inconscient veut me dire ? Ensuite, j’allais chez un autre éditeur à Lyon et là un passage de mon livre était affiché sur les murs. Est-ce que ça veut dire qu’il faut que j’envoie mon roman à des maisons d’éditions de ma ville natale ?

J’hésite à démarcher la France, même les plus petites maisons parisiennes, elles sont tellement submergées. Même si j’avais encore vécu en France, je ne crois pas que j’aurais envoyé mon manuscrit chez Albin Michel, Grasset, Fayard et autres, ça ne sert à rien quand on connait personne et être le manuscrit sur 1000 envoyé par la poste retenu ouais j’y crois pas trop.

Je pense attendre d’aller en France pour les vacances de Noël pour envoyer mon roman à des petites maisons, ça me coûtera moins cher et d’ici là, mon roman aura certainement évolué en mieux. C’est ça qui est génial, je crois qu’un manuscrit ne peut aller qu’en s’améliorant à force de corrections.

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5 Plumes
  1. Cûk dit :

    Chère Audrey,

    Je comprends tes angoisses ! Une simple suggestion de ma part: dis toi que tu n’ES pas ton roman. J’imagine qu’il doit y avoir des personnages dans ton histoire, alors laisse-les devant, c’est eux qui se font jugés, et non toi…

    Ton retour en rêve dans ta ville natale est peut-etre une indication que tu dois revenir aux sources, c’est à dire que toi, Audrey, sur les murs de ton esprit, ce roman t’habite, il fait maintenant partie de ton décor, de ton environnement imaginaire. Enfin, c’est ce que je crois !

    L’écriture, quelle espérience de vie ! Je t’assure que je t’admire beaucoup d’avoir été capable de placer un timbre sur un de tes manuscrits et de l’avoir laissé s’en aller… :) Bravo pour ce pas ! Et le reste, disons que ca ne dépend plus de toi.

    A plus !

  2. tuverrasclavier.com dit :

    Je pense en effet que le fait d’envoyer ses tapuscrits par courriel ferait en sorte que beaucoup d’auteurs enverraient des oeuvres “pas tout à fait au point” et cela surchargerait les éditeurs très vite. Au moins, décidant d’imprimer son manuscrit, l’auteur doit défrayer un cout et doit prendre conscience de la qualité de son oeuvre avant de l’envoyer.

    Les Six Brumes ont pensé accepter ce genre de soumission. Je ne leur ai pas donné mon avis là-dessus, mais j’imagine qu’on pourra en parler au Salon du livre de Trois-Rivières en fin de semaine.

  3. Audrey dit :

    @cuk:merci ! C’est ce que je me dis, que pour le moment ça ne dépend plus de moi, on verra après
    @Dominic : C’est peut-être à tester un temps, juste pour voir

  4. Daniel Fattore dit :

    De tout petits éditeurs acceptent les courriels, mais à leurs conditions.

    Pour le reste, j’imagine que les éditeurs ne sont pas fous, et en particulier ne souhaitent pas avoir à imprimer à leurs frais les bouquins qu’on leur envoie – sachant que la lecture à l’écran est invivable pour qui la pratique de façon prolongée, et ne permet pas, en plus, la prise de notes. Sans compter les fichiers qu’on n’arrive pas à ouvrir, les trucs impossibles avec des images bien lourdes,…

    Faire de beaux livres n’a jamais empêché de savoir compter!

  5. Dominic Bellavance dit :

    Finalement, j’en ai parlé à mon éditeur. Une des possibilités qu’ils envisagent serait d’accepter une synopsis et les 15 premières pages d’un roman, tout ça en papier, et que l’auteur soit en mesure de fournir un tapuscrit complet sur demande. Ça permettrait d’éviter les gros envois et ça économiserait les arbres.

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