Archive pour ◊ mai 2008 ◊

Auteur: Audrey
• Mardi 27 mai 2008

Les lettres de refus rentrent, une après les autres. Hier soir c’était celle de Boréal. Je savais très bien que je n’avais aucune chance puisque publier chez eux ne se fait que par recommandation ou si on est la fille ou le fils de… mais j’ai quand même tenté, histoire de voir.

En fait, ça ne me dérange pas que certaines maisons d’édition préfèrent ne pas éditer d’inconnus et débaucher les auteurs à leur deuxième ou troisième livre, se faire publier n’est pas un droit, mais dans ce cas, ils devraient le dire clairement. Nous ne publions pas de manuscrits reçus par la poste. Point. Certaines maisons à Paris le font et je ne vois pas où est le mal. Pourquoi s’encombrer de manuscrits qu’on ne lit pas et qu’on sait qu’on ne publiera pas ? Pourquoi ne pas avouer les choses telles qu’elles sont ? Revenez quand vous serez quelqu’un. Bon.

Autre sujet : c’est fou le nombre de personnes qui atterrissent sur mon blogue en tapant dans Google : comment faire pour écrire un roman, comment se faire publier. J’ai même eu une fois : je veux écrire un roman, donnez moi des idées. Hum. On écrit un roman parce qu’on a des idées, parce qu’on a quelque chose à dire, et pas l’inverse. J’ai vraiment l’impression que les gens trouvent ça glamour d’écrire et qu’ils pensent que la gloire les attend. C’est plutôt une immense déception qu’ils risquent de rencontrer.

Bon sinon je rencontre Carolyn, ma directrice littéraire, dans trois semaines, un après-midi entier consacré à mon roman et aux points à développer/modifier. J’ai bien hâte et en même temps je stresse. Et si je me rends compte que je ne suis plus capable d’écrire. Et si les critiques négatives m’anéantissent ?? Et si mes modifications ne leur plaisent pas ? Pour ceux qui ne l’auraient pas remarqué, j’ai un gros problème de confiance en moi !

Bon allez on respire un grand coup, Carolyn a l’air très gentille et elle dit avoir eu beaucoup de plaisir à lire mon livre alors j’arrête de m’en faire et je savoure ce qui s’en vient ! Mon roman est entrain de prendre forme !

Auteur: Audrey
• Mardi 20 mai 2008

J’ai reçu ma copie de contrat signé ce soir. Cette fois ça y est, mon livre va vraiment se retrouver sur les tablettes des libraires dans 8 mois, je ne peux plus reculer. C’était concret avant mais il manquait la dernière pierre à l’édifice. Ou plutôt la première parce que le travail ne fait que commencer. Prochaine étape : lunch avec toute l’équipe un vendredi midi et surtout réception de mon manuscrit annoté avec commentaires et suggestions, lecture et corrections de ma part et renvoi pour approbation finale sur le fond. Ensuite, ensuite… on verra, je préfère y aller une étape à la fois surtout que cette étape est celle qui risque de me demander le plus d’efforts. Mais qu’est-ce que ça va être génial d’écrire en sachant que mon livre va être publier!
Et sinon, j’ai reçu un coup de fil d’une autre maison d’édition aujourd’hui, je n’étais pas là et ils n’ont pas laissé de message mais j’ai vu leur nom sur l’afficheur. Alors je ne sais pas ce qu’ils veulent mais j’imagine que ce n’était pas pour me dire que mon manuscrit a été refusé qu’ils m’ont appelé. Cette maison ne faisait pas partie de mon top 5 mais s’ils m’ont appelé pour me dire oui, j’avoue que mon égo en sera tout ému ! Et aussi, j’arrêterais peut-être de me dire un peu trop souvent que je vais me planter pour me retrouver traumatisée par l’échec et ne plus pouvoir écrire.
Si deux maisons sur quatre au Québec (dans l’optique où ce coup de téléphone était un oui) ont vu du potentiel dans mon roman au point de vouloir investir dessus, alors ma petite voix va peut-être finir par arrêter de m’énerver !
C’est étrange quand même de me dire que mon roman ne m’appartient plus vraiment, que j’ai cédé mes droits d’auteur. Bien sûr je sais qu’aucun changement majeur ne me sera imposé, ni le titre définitif, ni la couverture, mais quand je regarde ce document Word intitulé C’est quand la vie_version finale QC.doc en sachant que mes mots ne sont plus tout à fait à moi et que de cette page blanche est née une histoire qui sera lue par des gens que je ne connais pas, qui vont aimer ou détester, alors qu’ils auront payé 25 dollars pour lui, c’est un tout un pot-pourri d’émotions !

Auteur: Audrey
• Mercredi 14 mai 2008

C’est le festival des lettres de refus dites donc. Encore une ce soir mais alors une vraiment belle de la part des Editions Alto. Si chaque éditeur prenait le temps de répondre de cette manière, les aspirants auteurs seraient moins aigris. Alors évidemment, c’est une petite maison et ils reçoivent moins de manuscrits ce qui leur permet de les lire et de rédiger de belles lettres. Mais ça vaut quand même un beau merci.

La raison du refus: mon ton ne cadre pas avec ceux de leurs précédents ouvrages (ce qui n’est pas totalement faux) et comme ils publient peu, ils ne veulent pas se lancer dans un autre style. Mais ils précisent que mon manuscrit possède d’excellentes qualités comme un style rythmé et des interrogations pertinentes sur les relations hommes-femmes. Ils terminent en me conseillant quelques maisons auxquelles j’ai déjà fait parvenir mon roman et en me souhaitant un très beau succès.

Touchée, je leur ai envoyé un petit mail de remerciement et de félicitations pour le prix des libraires de 2008 !

Categorie : Autour de l'édition  | Tags: ,  | 2 Plumes
Auteur: Audrey
• Dimanche 04 mai 2008
Écrire un roman et écrire une nouvelle, pour moi ce sont deux choses, deux genres complètement différents et personnellement, je ne trouve pas qu’écrire des nouvelles aident à se lancer pour écrire un roman. Je comprends que pour quelqu’un qui n’a jamais écrit, se lancer dans une aventure de 200 pages peut paraitre déroutant et impossible (d’ailleurs, je ne sais même pas si je vais être capable de le refaire bien) mais écrire une nouvelle de 5-6 pages demandent une concision, un choix précis des détails, une chute, une rapidité qu’il n’y a pas dans un roman. Un sprinter ne s’entraine pas comme un coureur de fond pour un marathon et je trouve que c’est pareil pour la nouvelle et le roman.
Personnellement, toutes mes nouvelles ressemblent à des débuts de roman et je trouve qu’ils leur manquent quelque chose. Je ne sais que je ne serais jamais auteure d’un recueil de nouvelles parce que ce genre n’est pas fait pour moi. J’ai besoin d’espace, et je n’aime pas les contraintes. Alors quand on conseille aux apprentis écrivains de commencer par des nouvelles, je ne suis pas d’accord.
Bien sûr je ne suis pas arrivée du premier coup à mon roman actuel de 236 pages, j’ai d’abord écrit des dizaines de romans inachevés et puis des romans de 60-80 pages avant de me laisser porter par mes personnages sur plus de 200 pages.
Je ne prétends pas donner de conseils mais si vous pensez ne pas être fait pour l’écriture parce que vous n’arrivez pas à écrire de nouvelles, ce n’est peut-être pas vrai, passez directement au roman.
Bon je dis ça, mais ça ne m’empêche pas de vouloir persévérer et corriger mes nouvelles pour des concours.
Categorie : Autour de l'écriture  | Tags: ,  | 4 Plumes
Auteur: Audrey
• Samedi 03 mai 2008
Hier soir, j’ai reçu un courriel d’un lecteur qui me demandait comment j’avais fait pour trouver un éditeur si vite et si j’ai des contacts dans le milieu de l’édition.
Pour commencer, non je n’ai aucun contact dans ce milieu, j’ai interviewé Gilles Pellerin, le fondateur de l’Instant Même par courriel dont l’entrevue se trouve ici, j’ai aussi rencontré François Blais et nous continuons de nous échanger régulièrement des emails mais à part ça, je ne connaissais personne, pas de papa écrivain, pas de prof à l’université pour me recommander, seule dans l’arène.
Alors comment j’ai fait ? Je ne sais pas. Je me considère d’une part comme étant extrêmement chanceuse et d’autre part je pense que mon roman est dans l’air du temps. J’aborde des sujets comme le célibat, l’hiver, l’immigration, les rencontres sur Internet et ce sont des thèmes qui font vendre en ce moment. Quant à mon style, je le qualifierai de simple, direct, sans fioriture, je ne joue que très rarement avec les mots, avec les sons, mon écriture n’a rien de poétique, ce qui ne m’empêche pas de passer des heures sur une tournure de phrase et d’aimer trouver le bon mot qui cadre parfaitement à ceque je veux dire mais mon style est accessible à tous. Et mon orthographe est impeccable et c’est plus important qu’on ne le croie. Je peux vous dire que si vous faites 10 fautes dans les 2 premières pages, vos chances d’être édité viennent de chuter dramatiquement.
Ensuite j’ai ciblé mes envois. Comme je le lis beaucoup, à chaque fois que je tombais sur un livre dont le style ou le thème ressemblait un peu au mien, je relevais le nom de l’éditeur ce qui fait que je n’ai envoyé mon manuscrit qu’à des éditeurs où mon livre aurait pu trouvé sa place.
Pourquoi j’ai eu une réponse en deux semaines ? C’est là qu’entre la chance je pense. Caroline, la direction de Mortagne souhaitait développer sa collection Lime et Citron et mon roman tombait pile dans ses attentes. Et n’oublions pas qu’envoyer son manuscrit à une maison plus petite nous permet d’attirer l’attention plus rapidement, si votre roman est noyé sous 300 manuscrits, forcément, l’attente est plus longue.
Je n’ai pas vraiment de conseille à part écrire, lire, réécrire et lire encore et essayer même si c’est presque impossible de voir son roman avec des yeux objectifs pour en relever les faiblesses.
J’avoue que j’ai hâte de replonger dans mon roman pour le corriger sous supervision et en même temps, j’ai peur de ne pas pouvoir rentrer à nouveau dans mon univers.
C’est fou quand même, se dire que d’une page blanche de word, j’ai sorti de ma tête une histoire qui se retrouvera chez des gens que je ne connais même pas. Dingue mais d’un dingue extraordinaire!
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