Archive pour ◊ juin 2008 ◊

Auteur: Audrey
• Lundi 23 juin 2008

Je suis rouillée. Je ne sais plus comment écrire. Je suis trop restée en mode correction et j’ai du mal à passer en mode création. Et comme si ça ne suffisait pas, je suis également en mode procrastination. La totale!
Je relis ma fiche de lecture de mon roman, je m’inspire des suggestions et commentaires, j’ai plein de nouvelles idées, le problème c’est que j’ai peur de m’éparpiller ou de dénaturer quelque chose. Et bien sûr je stresse et je me demande si ma nouvelle version va plaire à mon éditrice. J’aurais envie de lui écrire et de lui lister tous mes idées pour avoir son approbation mais j’aimerais bien me débrouiller par moi-même et avoir davantage confiance en moi. Est-ce qu’il existe un magasin qui vend de la confiance en soi ?
Bref, petit passage à vide pour cet avant St-Jean pluvieuse.
Allez je me ressaisis, je pense à tout ce chemin parcouru et je fonce ! Et pas dans le mur si possible !

Bonne St-Jean à tous !

Auteur: Audrey
• Jeudi 19 juin 2008

C’est drôle comme même après trois ans ici, je conserve certaines références très françaises que j’imagine connues de tous. En parcourant plus en détail mon manuscrit, j’ai aperçu quelques points d’interrogations sur certains mots comme sms, article de premier prix et même sur Zidane (oui je parle de foot dans mon roman !) Je prenais pour acquis que tout le monde connaît Zidane, sauf que la coupe du monde de foot c’était il y a 10 ans déjà (10 ans ! Oui en ce moment je me rends compte que je vieillis !) et que pour une Québécoise il est très possible que ce nom ne lui dise rien.

Il en est de même quand je fais référence à Monica et Chandler, pour moi c’est impossible qu’on ne connaisse pas Friends, cette série est tellement culte et elle me manqueeeeeeeee! Mais Carolyn ne savait qui c’était et je dois penser à mes lectrices qui n’auront peut-être pas toutes mon âge et mes références télévisuelles. Mais Friends quand même !

En relisant mon manuscrit, je me rends compte aussi combien notre cerveau nous trompe et lit ce qu’il veut lire. Il y a des fautes que je n’ai jamais jamais jamais vu parce que mon cerveau lisait le mot tel que je pensais qu’il était écrit et non comme il était réellement écrit. C’est fou. J’ai eu beau relire mon manuscrit dix fois, je ne les ai jamais vu.

En tout cas, je suis bien contente de savoir que mon livre va être lu et relu par plusieurs personnes et par moi avant l’impression parce que je ne supporterai pas qu’il reste une faute. De toute façon, je ne pense pas relire mon roman quand il sera sorti, je me connais, je vais passer des heures à me dire oh mon dieu pourquoi j’ai écrit ça comme ça, c’est nul, pourri, au secours j’ai envie de me cacher au fond d’une grotte jusqu’à la fin des temps. Et vous, lecteurs publiés, est-ce que vous relisez vos livres une fois qu’ils sont sortis ou au moins une partie ?

Auteur: Audrey
• Mardi 17 juin 2008

C’est fou mais je me rends compte que c’est moi qui suis la plus critique et des fois à tort par rapport à mon roman. Je suis arrivée à ma rencontre avec Carolyn avec des tas et des tas de points négatifs, avec des tas d’interrogations, avec un petit peu de crainte aussi face à ce fameux rapport de lecture. Et puis finalement, j’ai eu droit à 95% de points positifs ! Pour un premier roman, c’est assez rare m’a dit Carolyn. L’humour, l’histoire, le style, les personnages, tout ça forme un tout apparemment super. Oui, faut dire aussi que la version que j’ai envoyé est le 6e et 7e version que j’ai accouché après six mois de réécriture. Seul truc : certains personnages sont inachevés de même que ma fin. On me demande de rajouter une cinquantaine de pages. Si vous saviez comme je me suis torturée pour enlever des pages et des pages avant d’envoyer mon manuscrit, je sais déjà exactement ce que je vais rajouter et qui et quoi développer. D’ailleurs, beaucoup de scènes sont déjà écrites dans les versions précédentes de mon roman. Je suis surexcitée, j’ai tellement hâte de m’y remettre. Je me suis réappropriée mon histoire et mes personnages et je suis prête.

J’ai jusqu’au 1er septembre et faut que tout soit bouclé pour Noel. Couverture, quatrième de couverture, et texte corrigé, prêt à être imprimé.

Je sens que c’est la partie après Noel qui va être difficile, je n’aurais plus rien à faire, à part attendre la sortie de mon livre. Là au moins j’ai du travail. Enfin, on y est pas encore.

J’ai discuté aussi avec l’autre Caroline, la directrice, et on a commencé à parler de couverture. Je lui ai parlé de mon idée, elle a beaucoup aimé et je suis bien contente de voir que je peux décider avec elle de ce que ce sera. C’était ma crainte ça, de me voir imposer une couverture qui ne m’aurait pas plu, c’est tellement important une couverture de livre. Je ne veux pas de rose à outrance, ni de quelque chose de trop girly même si je sais que ça attire l’œil. On devrait s’entendre je pense.

Ah oui détail majeur à changer : mon titre et je suis bien d’accord. Mon titre original c’était Vodka-Canneberge, mais avec Gin tonic et concombre de Rafaelle Germain, je l’ai changé pour C’est quand la vie ? qui s’explique de part l’histoire mais qui fait trop énigmatique. Alors voilà si vous avez des idées, quelque chose de pétillant, de court, en rapport avec l’amour, l’hiver, l’expatriation, l’écriture, le Québec, la France, les parents, l’alcool, l’amitié, etc. Oui je sais c’est pas facile, vous l’avez pas lu mais si vous me trouvez un titre, vous aurez droit à un exemplaire gratuit ainsi que mes remerciements dans la dédicace !

Auteur: Audrey
• Mardi 17 juin 2008

De retour de Montréal où il a fait vraiment très chaud, surtout dimanche ! Je crois que je ne pourrais pas vivre à Montréal juste pour ça, de toute façon je ne pense pas que j’aimerais vivre dans cette ville même si j’adore toutes ces petites boutiques, ces petits restos, l’ambiance du plateau, le marché Jean Talon et Ikéa (je veux un Ikéa à Québec, je veux un Ikéa à Québec, je veux un Ikéa à Québec ! Hum désolée je me suis laissée emporter). Y’a trop monde à Montréal et après 25 ans passés à Lyon (deuxième plus grande ville de France, bon ok on est en concurrence avec Marseille mais quand même) je respire de vivre dans une ville comme Québec. Bref.
Rencontre avec ma coach littéraire s’est super bien passée, plus de détails plus tard parce que là je suis en période nostalgie. Il y a 200 ans, Napoléon créait le baccalauréat et aujourd’hui, comme à toutes les années vers la mi-juin, ont commencé les épreuves dans tous les lycées de France (quand je dis bac je parle de notre examen de fin de lycée super méga important dont on nous bassine les oreilles dès l’âge de 4 ans et qui nous permet d’aller à l’université). Chaque année je me remémore cette époque et chaque année je me demande comment j’ai fait pour passer à travers. La philo, les maths, l’histoire, la géo, l’anglais, la biologie, la physique etc tout se joue en trois ou quatre jours, on peut avoir été bons toute l’année, si t’échoues au bac, tant pis pour toi, tu recommences ta terminale.
Ça fait 11 ans que j’ai passé mon bac (11 ans bordel!) et aujourd’hui quand je repense à ce moment je m’attendris mais sérieux j’ai jamais autant stressé de ma vie, imaginez que vous devez passer une entrevue mais multipliez votre stress par 1000. Par contre j’ai jamais éprouvé à nouveau cette joie que j’ai ressenti quand j’ai su que j’avais réussi.
Enfin. Pour vous donner une idée de sur quoi on planche en philo à 17 ans (première épreuve qui dure 4h), les sujets de cette année : Peux-t-on désirer sans souffrir ? La perception peut-elle s’enseigner ? ou encore (mon préféré) l’art peut-il modifier notre conscience de la réalité? Et faut que t’en écrives au moins 4 pages de ça !
Au secours !
Après 11 ans, je me souviens encore de mon sujet de philo : en quoi reconnait-on l’humanité en chaque homme ? J’ai eu 12/20 ce qui considérant qu’en philo en général on ne peut avoir plus de 14-15/20 m’a ravie, surtout que pour moi la philo c’était coefficient 7. Oui car il y a des matières qui valent plus que d’autres selon notre section. J’étais en littéraire et les maths par exemple pour nous c’était coefficient 2 alors que pour les scientifiques c’était coefficient 9. Évidemment on avait pas les mêmes sujets !
Enfin, souvenirs souvenirs…

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Auteur: Audrey
• Samedi 14 juin 2008

J’ai terminé la relecture de mon roman hier soir et j’ai préparé quelques questions pour mon rendez-vous avec mon éditrice lundi. Entre autre je trouve que ma troisième partie est à revoir en profondeur, en fait plutôt à développer parce que je me suis limitée. J’avais dépassé les 250 pages interligne double, arial 11 (plus petit que times 12 mais facile à lire) et je me disais qu’il fallait que je conclue, que les éditeurs ne liraient jamais un manuscrit de trois cent pages d’une pure inconnue, que ça les découragerait d’emblée. Du coup, il y a deux personnages dans cette troisième partie qui ne sont que survolés, ma fin est aussi trop rapide (allez hop on conclue l’histoire pour tout le monde!) et mon épilogue aussi. Maintenant que je sais que je vais être publiée, je vais pouvoir développer ce que je voulais développer. D’ailleurs, Caroline m’a dit qu’elle voulait que je m’attarde sur certains points dans son courriel qui fixait notre rendez-vous sans être plus précise et je suis certaine que ça a rapport avec les 30 dernières pages.
Autre point faible : mon premier chapitre, j’ai l’impression qu’il y a trop de personnages présentés en seulement 8 pages, l’héroïne, sa meilleure amie, son chum, son coloc et deux amies avec qui elle étudie, il me semble que ça fait beaucoup. C’est sûr qu’ils ne sont que nommés, genre elle écrit un courriel à sa meilleure amie, elle va voir un match de foot avec ses deux copines de cours, et ne sont développés plus tard, mais je me demande si je ne risque pas de perdre le lecteur avec tous ces personnages. Moi je les connais par coeur, je sais qui ils sont mais je ne sais pas si c’est judicieux de nommer tant de monde si vite. A voir avec mon éditrice.
Mes points forts selon moi : mes dialogues, la relation des deux héros, la relation de l’héroïne avec sa mère et sa non-relation avec son père. Il y a la scène du jour du l’an que j’aime beaucoup et celle où mon héroïne est enfant puis ado aussi. Vraiment, autant il y a des passages où je me suis dit : ah mais quelle horreur et dire que des dizaines de personnes (4 bêtas lecteurs + les membres des deux comités de lecture qui ont acceptés mon roman) ont lu ça, autant il y en a où je me suis dit tu peux être fière de toi Audrey !

J’ai hâte d’être lundi !!!

Auteur: Audrey
• Jeudi 12 juin 2008

Depuis un an environ, je m’intéresse de plus près au milieu littéraire et je me rends compte que ce milieu littéraire est divisé en deux : d’un côté ceux qui écrivent de la grande littérature et qui gagne des prix et de l’autre ceux qui écrivent des romans dit populaires, qui n’ont aucune chance de gagner le Goncourt, qui s’attirent les pires critiques dans la presse mais qui vendent des centaines de milliers de livres à travers le monde. Ces deux mondes ne se mélangent pas, pour tout dire les amateurs de prix regardent de haut les autres, vous écrivez des romans de gare disent-ils, de la littérature de bonne femme, vous n’êtes pas un vrai écrivain. Je ne sais pas comment les choses se passent au Québec mais à Paris c’est flagrant. Demandez à Houellebecq ce qu’il pense de Gavalda, à mon avis sa réponse vaudrait son pesant d’or. Et entre les deux camps, j’ai choisi le mien, je préfère de loin ne gagner aucun prix et avoir des milliers de lecteurs. OK quitte à choisir je prendrais les deux. Houellebecq vend presque autant que Gavalda je pense mais on dirait que le milieu ne pardonne pas à ceux qui écrivent des choses accessibles à tout le monde sans masturbation philosophique, on dirait que le mythe de l’écrivain ne pardonne pas non plus qu’on veuille écrire des histoires simples mais touchantes, vendre des milliers de livres et en vivre.

Évidemment que je ne me suis pas lancée dans l’écriture pour l’argent (pour concurrencer mon salaire annuel actuel, faudrait que je vende énormément de livres et je ne suis qu’en début de carrière), évidemment que je n’ai pas choisi mes thèmes en fonction de ce qui se vend en ce moment, mais je ne vois pas ce qu’il peut y avoir de mal à vouloir écrire des choses qui puissent toucher le plus grand monde. Les histoires simples sans prétention comme la mienne restent de la littérature. Je ne gagnerai jamais le Goncourt avec mon roman, ça je le sais, mais si on me donnait le choix entre vendre des centaines de milliers de livres et le Goncourt, je prendrais les ventes sans aucune hésitation. De toute façon, je l’ai lu le dernier Goncourt, Alabama Song et je préfère de loin Ensemble c’est tout !

Bref, je ne sais pas trop ce qu’il en est du milieu littéraire québécois, l’élitisme c’est très français (très parisien en fait, demandez à un parisien ce qu’il pense de ceux qui vivent en province ou pire en banlieue parisienne), mais j’ai hâte de m’y frotter !

La plus grande vertu d’un écrivain c’est la patience, rencontre avec mon éditrice le 16 avril, signature du contrat le 2 mai et première rencontre pour discuter de mon roman le 16 juin. Ah que j’ai hâte de voir mon roman sous épreuves mais on en pas encore là. Le processus de publication vient juste de s’enclencher ! Peut-être que je les aurais pour mon anniversaire en septembre.