Depuis un an environ, je m’intéresse de plus près au milieu littéraire et je me rends compte que ce milieu littéraire est divisé en deux : d’un côté ceux qui écrivent de la grande littérature et qui gagne des prix et de l’autre ceux qui écrivent des romans dit populaires, qui n’ont aucune chance de gagner le Goncourt, qui s’attirent les pires critiques dans la presse mais qui vendent des centaines de milliers de livres à travers le monde. Ces deux mondes ne se mélangent pas, pour tout dire les amateurs de prix regardent de haut les autres, vous écrivez des romans de gare disent-ils, de la littérature de bonne femme, vous n’êtes pas un vrai écrivain. Je ne sais pas comment les choses se passent au Québec mais à Paris c’est flagrant. Demandez à Houellebecq ce qu’il pense de Gavalda, à mon avis sa réponse vaudrait son pesant d’or. Et entre les deux camps, j’ai choisi le mien, je préfère de loin ne gagner aucun prix et avoir des milliers de lecteurs. OK quitte à choisir je prendrais les deux. Houellebecq vend presque autant que Gavalda je pense mais on dirait que le milieu ne pardonne pas à ceux qui écrivent des choses accessibles à tout le monde sans masturbation philosophique, on dirait que le mythe de l’écrivain ne pardonne pas non plus qu’on veuille écrire des histoires simples mais touchantes, vendre des milliers de livres et en vivre.
Évidemment que je ne me suis pas lancée dans l’écriture pour l’argent (pour concurrencer mon salaire annuel actuel, faudrait que je vende énormément de livres et je ne suis qu’en début de carrière), évidemment que je n’ai pas choisi mes thèmes en fonction de ce qui se vend en ce moment, mais je ne vois pas ce qu’il peut y avoir de mal à vouloir écrire des choses qui puissent toucher le plus grand monde. Les histoires simples sans prétention comme la mienne restent de la littérature. Je ne gagnerai jamais le Goncourt avec mon roman, ça je le sais, mais si on me donnait le choix entre vendre des centaines de milliers de livres et le Goncourt, je prendrais les ventes sans aucune hésitation. De toute façon, je l’ai lu le dernier Goncourt, Alabama Song et je préfère de loin Ensemble c’est tout !
Bref, je ne sais pas trop ce qu’il en est du milieu littéraire québécois, l’élitisme c’est très français (très parisien en fait, demandez à un parisien ce qu’il pense de ceux qui vivent en province ou pire en banlieue parisienne), mais j’ai hâte de m’y frotter !
La plus grande vertu d’un écrivain c’est la patience, rencontre avec mon éditrice le 16 avril, signature du contrat le 2 mai et première rencontre pour discuter de mon roman le 16 juin. Ah que j’ai hâte de voir mon roman sous épreuves mais on en pas encore là. Le processus de publication vient juste de s’enclencher ! Peut-être que je les aurais pour mon anniversaire en septembre.






