Ah que ça fait du bien que de se réveiller un matin et de découvrir sur son compte son remboursement d’impôt ! Après 4 mois, il était temps ! C’est seulement celui du Canada mais j’imagine que celui du Québec ne devrait pas tarder. Juste une semaine avant mes vacances, le timing est parfait.
Pour les non-Québécois qui passent par ici, l’impôt sur le revenu se fait à la source ici. Selon notre tranche salariale, le gouvernement du Québec et celui du Canada prélève à toutes les deux semaines sur notre paie un montent pour l’impôt. En mars, on remplit notre déclaration d’impôt et en général on attend un remboursement parce qu’ils prélèvent toujours trop.
D’habitude ça ne me met 4 mois, mais c’était ma première déclaration et en plus venant d’une non-citoyenne canadienne donc j’imagine qu’ils ont dû faire plein de vérifications.
Ma première déclaration d’impôt à vie.
Quand je vivais en France , je la faisais conjointement avec ma mère vu j’habitais encore avec elle et qu’étant étudiante, je ne gagnais pas une folle somme d’argent en travaillant comme serveuse. Son comptable se chargeait du reste. Maintenant je travaille, je paie des impôts et j’ai réussi à faire ma déclaration toute seule. Je me sens grande tout un coup et aussi un peu plus Québécoise.
Une amie Française qui vit ici depuis quatre ans m’a demandé quand est-ce que je m’étais vraiment sentie appartenir à la société québécoise. La première fois, ce fut lors de ma remise des diplômes avec la toge et la musique (mon rêve américain, les Français de ma génération qui ont grandi avec Beverlys Hills et autres séries américaines comprendront). La deuxième, ce fut lors de ma déclaration d’impôt. Maintenant, je peux hurler comme n’importe qui : eh mais c’est avec mes impôts que vous refaites cette route qui était parfaite !
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J’adore tout autant que je déteste la période dans laquelle je me trouve avec mon roman. Les grosses modifications sont faites, les ajouts aussi, j’en suis donc aux finitions, aux tournures de phrases, à choisir le bon mot. J’adore et en même temps je déteste parce que je ne suis jamais satisfaite. Autant il y a des passages que je trouve parfait, autant il y en a d’autres qui me donnent envie de hurler. Le rythme n’est pas bon, les phrases sont trop longues, les mots choisis trop clichés et j’ai beau corriger, ça ne va jamais. Enfin, de mon point de vu. Je suis perfectionniste dans mon travail et là ça me pourrit la vie. Mais il est hors de question que j’envoie à Caroline une version finale de mon roman que je ne jugerai pas parfaite. Je veux pouvoir relire mon roman et me dire j’ai fait de mon mieux. Avec les capacités que j’ai aujourd’hui, j’ai fait de mon mieux.
Alors oui je trouve que cette version que j’ai entre les mains est meilleure que celle que j’ai envoyé aux éditeurs il y quatre mois seulement elle ne me satisfait pas encore. Ce ne sont que des détails mais je vais polir mon texte jusqu’à ce que tout soit correct pour me rapprocher le plus près possible de ma perfection.
La fin arrive, mes personnages et mon histoire m’échappent petit à petit pour avoir une vie à eux, dans l’imagination de mes futurs lecteurs. J’arrive au bout d’un chemin que j’ai adoré emprunter et un nouveau est sur le point de se former.
Quand j’ai rencontré Caroline la première fois, j’ai été déçue d’apprendre qu’elle planifiait mon livre seulement pour le printemps, aujourd’hui, je suis tellement contente d’avoir eu ce temps devant moi pour améliorer mon roman. Il n’y a rien qui n’arrive pour rien dans la vie. Rien.
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Ah que j’aimerai un jour être capable de créer des personnages de la même trempe que M. Darcy et d’Elisabeth Bennet. Je ne me lasse pas de relire Orgueil et préjugés, l’écriture de Jane Austen est tellement fluide, précise, entraînante. C’est une de mes auteures préférées.
Bon quelqu’un me dire où je peux trouver une copie conforme de M. Darcy ? C’est l’amour de ma vie.
C’est à ça qu’on reconnaît un écrivain de talent : être capable de donner vie mais vraiment vie à des personnages qui n’existent pas. M. Darcy existe dans ma tête, comme il a existé dans la tête de cette merveilleuse auteure à des années lumière de ma vie.
Et dire qu’elle a écrit le premier jet de ce classique à 21 ans seulement. La version finale n’est parue que 15 ans plus tard mais elle était vraiment douée.
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Je vais faire ma Brigitte Bardot mais bordel que je suis contente de
cette nouvelle !J’exècre et ce terme n’est pas assez fort, la chasse aux phoques du plus profond de mon être. Et qu’on ne vienne pas me dire que ça fait tourner l’économie, trouvez autre chose de moins cruelle. Est-ce qu’on ferait exploser le crâne d’un chat ou d’un chien d’un coup de gourdin sur la tête? Non. Pourquoi les phoques n’ont-ils pas le droit au même respect ? Parce qu’ils sont loin sur la banquise, qu’ils ne ronronnent pas quand on les caresse et ne nous sautent pas dessus pour nous prouver leur joie de nous voir ?
Et non, je ne mange pas de fois gras parce que le gavage des oies et des canards m’horripile (je précise parce que c’est souvent le reproche qu’on fait aux Français qui s’offusquent devant la chasse aux phoques) et oui, je suis végétarienne.
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Cela a fait trois ans vendredi que j’ai débarqué ici avec mes valises. Trois ans. Trois belles années qui ont changé ma perception de voir les choses, de voir la France, la famille, les sentiments, le travail et pour toujours. J’ai 29 ans dans deux mois pile et je sais que je ne serais pas du tout la même si j’étais restée en France. Je ne sais pas si je serais moins bien, mais je serais différente. Et surtout, je pense que je n’aurais pas de roman de prévu dans six mois parce que le milieu de l’édition parisien est trop centré sur lui-même. Je serais encore à gérer les lettres de refus.
Aurais-je tout de même écrit un roman ? J’en avais toujours eu envie mais je n’avais jamais réussi. Depuis que je vis ici, j’ai acquis une confiance en moi qui m’a aidée à aller jusqu’au bout de ce projet et je sais que je n’aurais pas écrit ce roman-là, avec ces personnages et ces thèmes.
Trois ans donc et une date de retour en France de plus en plus incertaine, une impression de plus plus forte que je ne pourrais plus vivre là-bas, pour plein de raisons. Ai-je envie de rester ici encore trois ans ? Je ne sais pas.
L’important c’est que je ne regrette rien de ce que j’ai vécu ces dernières années et que je regarde l’avenir avec un sourire aux lèvres.
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