Cela a fait trois ans vendredi que j’ai débarqué ici avec mes valises. Trois ans. Trois belles années qui ont changé ma perception de voir les choses, de voir la France, la famille, les sentiments, le travail et pour toujours. J’ai 29 ans dans deux mois pile et je sais que je ne serais pas du tout la même si j’étais restée en France. Je ne sais pas si je serais moins bien, mais je serais différente. Et surtout, je pense que je n’aurais pas de roman de prévu dans six mois parce que le milieu de l’édition parisien est trop centré sur lui-même. Je serais encore à gérer les lettres de refus.
Aurais-je tout de même écrit un roman ? J’en avais toujours eu envie mais je n’avais jamais réussi. Depuis que je vis ici, j’ai acquis une confiance en moi qui m’a aidée à aller jusqu’au bout de ce projet et je sais que je n’aurais pas écrit ce roman-là, avec ces personnages et ces thèmes.
Trois ans donc et une date de retour en France de plus en plus incertaine, une impression de plus plus forte que je ne pourrais plus vivre là-bas, pour plein de raisons. Ai-je envie de rester ici encore trois ans ? Je ne sais pas.
L’important c’est que je ne regrette rien de ce que j’ai vécu ces dernières années et que je regarde l’avenir avec un sourire aux lèvres.
• Dimanche 20 juillet 2008
Categorie : Autour de l'écriture, Autour de l'édition, Autour de moi, Autour du Québec
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Bon anniversaire d’arrivée, alors!
C’est certain que le bilan que tu dresses ici a eu un impact sur toi, sur ce que tu es devenue (et sur ce que tu continueras à devenir). Tant mieux si l’écriture a pu germer ici, dans ce contexte!
Le milieu littéraire français me semble en effet beaucoup plus difficile à percer, mais évidemment, le bassin de lecteurs français est aussi beaucoup plus vaste. Il y a du plus et du moins. Et le milieu français m’apparaît plus intello, aussi. Plus “masculin” peut-être?
Enfin, tu le connais mieux que moi, c’est certain!
Bonne continuation!
C’est certain qu’il y a plus de lecteurs en France mais la concurrence est plus rude pour faire connaitre son livre. Je serais contente si mon roman était publié en France mais j’avoue que mon objectif est plus qu’il soit traduit en anglais !
Le milieu littéraire français est snob pour la plupart (les contacts que j’ai eu avec des gens du milieu m’ont vraiment refroidi), plus masculin aussi oui. Mais on y trouve d’excellents auteurs.
J’ai hâte de lire ton livre !
Je pense que le milieu littéraire québécois a aussi son côté snob. À ce que j’ai pu comprendre par certains de mes contacts avec d’autres auteurs, il y a, ici aussi, une rude compétition et beaucoup trouvent ça difficile comme milieu. Pas toujours sain. La façade “tout le monde est ami” est peut-être trompeuse.
En ce qui concerne mon livre, j’espère qu’il te plaira! Mais je n’ai pas de pouvoir sur ce que les lecteurs en penseront. Ce sera la même chose pour ton livre. Il trouvera ses lecteurs. L’important, c’est d’être fière de ce qu’on a fait! Et… d’avoir du plaisir dans cette aventure!
Les contacts que j’ai eu avec le milieu québécois ont toujours été chaleureux, après je ne m’y suis pas encore frotté assez longtemps pr me faire une vraie opinion. On en reparle dans un an !
Et oui, l’important, c’est d’être fier du chemin accompli.