Archive pour ◊ septembre 2008 ◊

Auteur: Audrey
• Mercredi 24 septembre 2008

Pauvre Christine Angot, même au Québec, son marché des amants est méchamment critiqué par le Devoir (il faut être abonné pour lire.)

Je vous donne un aperçu du ton de l’article

Angot écrit mal, et ses «romans» n’ont jamais emporté mon adhésion.(…) Mais que retire-t-on de ces heures qu’il faut tout de même prendre pour lire les aventures nullissimes de ces personnages, qui se mettent en vedette? (…) Mais où est passé le rapport à l’autre, la découverte de l’autre, si essentiels au roman? Ce livre est banal, et Angot, pour le coup, se défend mal. Son désolant Marché des amants est un produit pour les grandes surfaces.(…) Qui verra une forme quelconque de poétisation dans ledit roman, fait d’autoréférences, de clichés et de sous-produits récupérés? Il faudrait l’inventer!

Voilà. En gros c’est ça. Je meurs si un jour j’ai une critique pareille. Sérieusement. Je me terre au fond d’une caverne jusqu’à ce que mort s’en suive. Bon quoi qu’il en soit, j’ai enfin obtenu son Marché des amants à la bibliothèque et je vais me plonger dedans dès ce matin en allant travailler. Il en sera de même après pour Le fait du prince d’Amélie Nothomb.

J’ai vraiment hâte de pouvoir me former ma propre opinion.

Auteur: Audrey
• Mardi 23 septembre 2008

Autant je trouve drôle de lire les surprises ceux qui viennent de s’installer au Québec, autant j’adore entendre les Québécois raconter leurs impressions après un premier voyage en France.

Une de mes collègues a donc découvert notre beau pays la semaine dernière (elle a même été à Lyon !) et aujourd’hui elle n’a pas arrêté de me parler de notre café à 4 euros qui s’avale en une gorgée tellement la tasse dans laquelle on le sert est petite, de l’odeur permanente de la cigarette dans les rues, du souper à 19h30, des différentes tailles de nos billets de banque (le billet de 5 euros est tout petit par exemple), de la vie très chère à Paris, de la propreté des rues (notre capitale n’est désormais plus une ville remplie de crottes de chiens! ) et de l’absence de pourboires partout.

Oui alors petite précision, moi j’ai été serveuse et même si la facture indique 15% de service compris, nous, on en voit jamais la couleur. On est payés au salaire minimum et c’est tout. Alors continuez à laisser des pourboires aux serveurs s’il vous plaît.

Ma collègue a aussi très impressionnée par nos transports en commun. 3h pour faire Paris-Marseille en TGV soit 900 km, le métro à chaque coin de rue, le tramway, le train de banlieue, le bus avec le nom des arrêts bien affichés (à Québec, t’as intérêt à avoir un plan pour te repérer !), c’est sûr qu’on a beaucoup d’avance comparativement à ici. Je rêve d’un TGV pour le Québec. Ah Montréal-New-York en 3 heures !

Le truc qui m’a vraiment fait rire, c’est quand elle m’a raconté l’épisode du fameux billet de train à composter. Ici composter ça veut dire recycler ses déchets alimentaires, en France, ça veut dire faire poinçonner son billet par une machine. Ma collègue ne le savait pas donc elle monte dans le train et bien sûr le contrôleur lui dit (et là imitation d’un accent français exagéré, pourquoi nous on n’arrive pas à imiter l’accent québécois ?) :
- Mais Madame vous n’avez pas composté votre billet.
- Composter ? Composter ? Mais ça veut dire jeter chez nous et j’en avais besoin de mon billet!
Ah comme je disais, le Québec et la France sont deux mondes différents et souvent jusque dans la langue !

Sa conclusion : “Finalement, les Français, vous êtes moins pires que ce qu’on pense ! La plupart des gens que j’ai rencontrés ont été adorables” Euh… merci ?

Auteur: Audrey
• Lundi 22 septembre 2008

J’ai 29 ans donc et je me demande un truc : quel âge il faut avoir pour se faire vouvoyer au Québec ?

Les serveurs, les caissières, les emballeurs me tutoient alors que moi souvent je les vouvoie.

Mon docteur me tutoie ce qui a le don de m’énerver, je n’ai plus 15 ans.

Je suis allée passer un examen des yeux la semaine dernière et là encore tout le monde m’a tutoyée.

Le propriétaire de l’écurie où je monte me tutoie et m’appelle même ma chouette. Nom affectueux, surtout donner par les parents aux enfants, sauf que ça me donne l’air d’avoir 15 ans, encore.

Dans la rue, quand les gens me parlent pour me demander l’heure ou leur chemin, ils me tutoient.

Je sais que je ne parais pas mon âge, l’année dernière, un préposé chez Couche-tard m’a même demandé si j’avais 18 ans alors que je voulais acheter de l’alcool ! Je ne m’en plains pas hein mais sérieusement, des fois je ne détesterais pas ça me faire vouvoyer, surtout par des personnes de 10 à 15 ans plus jeunes que moi.

Personnellement, j’ai vraiment du mal à passer au “tu” tout de suite. Surtout avec les personnes plus agées. Antoine Tangay par exemple m’a tout de suite demandée de le tutoyer au téléphone et j’ai vraiment eu du mal. OK je ne suis pas en train de dire qu’Antoine est une personne âgée mais il est plus vieux que moi. Bref !
Notre entrevue fut vraiment vraiment interessante en passant, je vous montre ça dès que j’aurais terminé le montage !

Auteur: Audrey
• Dimanche 21 septembre 2008

Ah le paradoxe québécois. Entendu ce matin : les Québécois s’ils pouvaient voter aux présidentielles américaines voteraient pour Barack Obama, mais quand il s’agit de leur propre pays, ils préfèrent voter pour les conservateurs selon les derniers sondages. Expliquez-moi.

Bon, je ne peux pas voter mais faites-moi une faveur, ne donnez pas la majorité à Harper et son gouvernement conservateur. Merci.

PS : ça me choque tellement toutes ces pubs TV ou radios où les partis politiques disent du mal des autres partis. Le parti conservateur n’a pas fait ça, ne prenez pas de risque et ne votez pas pour eux, le bloc québécois n’a rien fait pour vous, etc, etc, etc. Il me semble que ce n’est pas très poliquement correct tout ça et pas très constructif ! En France, les pubs sont limitées aux affichages et uniquement dans les endroits autorisés, c’est à dire aux alentours des bureaux de vote. Et en aucun cas tu as le droit de casser un autre parti !

Auteur: Audrey
• Samedi 20 septembre 2008

Voici la deuxième partie de mon entrevue avec Martin Dubé. La première partie se trouve ici.

• Combien de temps en moyenne mets-tu pour écrire un roman?
Si je me fie aux deux romans que j’ai écrits, ils m’ont pris exactement le même temps, c’est-à-dire un an à temps partiel ( j’enseigne le jour). Et une autre année pour les multiples versions et les corrections.

• Comment s’est passée te première publication?
Magnifique expérience. Beau travail d’équipe avec l’éditeur, salons du livre, lancement, entrevues journaux et radio, tout a été synonyme de bonheur. Mais le fait de « donner » mon roman au public fut une expérience assez particulière, car ce jour-là, on réalise qu’il ne nous appartient plus, qu’il fait sa vie, que notre bout est fait. Et qu’on pense déjà à son successeur…Le véritable plaisir se fait avant la publication, pendant l’écriture…ça peut sembler égoïste, mais c’est plus que ça. Bien sûr que c’est flatteur quand des lecteurs nous témoignent le bonheur qu’ils ont eu à lire le fruit de notre labeur, mais il ne faut pas que ces moments deviennent une fin en soi, seulement qu’un très agréable conséquence.

• Comment réagis-tu face aux critiques?
Je les lis. Je les écoute. Quand je perçois qu’elles sont de bonne foi, je les accepte et essaie d’améliorer mes points faibles. Mais les critiques hautains qui se pensent tout permis alors qu’ils n’ont jamais écrit un seul bouquin, ils me passent par-dessus la tête en me rappelant toujours la phrase de Charlebois : ce sont des ratés sympathiques.

• Quels sont les auteurs québécois et non québécois que tu lis?
Québécois : Suzanne Myre, Nicolas Dickner, Marie-Sissi Labrèche, Ducharme.
Autres : Jonathan Safran Foer, T.C. Boyle, Pennac, Tonino Benacquista, Poe, Ionesco.

• Des conseils à des écrivains en herbe?
Écrire. Écrire. Lire. Toujours écrire. Et comprendre ceci : ce n’est qu’après le premier jet que commence le véritable travail. Le premier jet, c’est peu de choses. Tout le travail d’artisan débute dans la réécriture. Et surtout, croire en ce qu’on fait. Peu importe les commentaires, les refus. Si vous doutez de vous, laissez tomber l’écriture et faites du macramé.

• Le pitch de ton prochain roman, c’est possible ?
Voir la question « Tu abordes aussi les relations hommes-femmes ainsi que les relations père-fils. Comment conçois-tu l’avenir du couple et de la famille dans notre société ? » Rires.

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