Archive pour 16 septembre 2008

Auteur: Audrey
• Mardi 16 septembre 2008

Au retour d’un souper chez Claire et Michel, les amis de toujours, Édouard arrive au moment où son fils Maxime quitte la maison pour aller vivre chez sa mère. Littéralement sous le choc, Édouard est victime d’un malaise physique qui l’amène à réaliser que sa vie a pris une tangente peu souhaitable. Pour se sortir de cette impasse, il tente la confrontation. Au rendez-vous, il y aura Véronique, son ex-femme, puis Simone, sans compter Claire et Michel… un jardin rocambolesque, une vasectomie shakespearienne, un fusil bien encombrant et de la tendresse, beaucoup de tendresse. Se sortira-t-il indemne de cette prise de conscience ?

Stéphane Bourguignon est un auteur que j’affectionne beaucoup. J’ai adoré sa série TV La vie, la vie, et j’ai dévoré L’avaleur de sable. Le principe du geyser, la suite de L’avaleur de sable, par contre, m’a moins emballée que le premier mais j’ai quand même eu envie de lire Un peu de fatigue. Je savais que ce roman-là serait plus “sombre” que les autres parce que j’avais lu une entrevue où Stéphane Bourguignon disait qu’après La vie, la vie, il en avait eu marre des bons sentiments.

Un peu de fatigue est effectivement plus déprimant, mais le style de Stéphane Bourguignon a gagné en maturité, son écriture est tout en finesse, il sait faire ressortir les émotions à travers les mots. Ses phrases sont imagées, ses mots sonnent toujours juste quand il s’agit de mettre le doigt sur les douleurs d’Édouard. Ce livre n’est néanmoins pas à lire en période de déprime parce que durant les 3/4 de l’histoire, tout ce qui ressort c’est : la vie c’est nul, c’est dur, ça fait trop mal, à quoi bon la vivre ? Pas top, mais la fin laisse tout de même entrevoir un peu plus d’espoir.

Deux gros bémols : le changement de point de vue alors qu’on ne s’y attend pas. Au bout de 70 pages environ, on commence un chapitre et hop c’est quelqu’un d’autre. Sauf que Stéphane Bourguignon utilise toujours le je et qu’on met au moins une ou deux pages à comprendre qui parle. Pareil quand il rechange de point de vue. Et puis le passage où Véronique, l’ex femme d’Édouard, raconte que le pénis de son ex est plus gros que celui de son conjoint actuel, de 3 centimètres (c’est précis hein ?) et que c’est pour ça qu’elle avait plus de plaisir avec son ex, m’a franchement fait éclater de rire. Faut arrêter avec votre complexe par rapport à ça les gars !

Deuxième bémol : le moment où Édouard devient complètement fou et menace son meilleur ami, son ex-femme, et son fils à l’aide d’un révolver. Je n’ai pas du tout aimé ou alors il aurait fallu aller jusqu’au bout dans la spirale de la folie et de la dépression et qu’il les tue. Mais non, il se calme, l’air de rien, et l’incident est clos. Je m’excuse mais on ne menace pas son enfant avec une arme pour ensuite dire désolé, je ne sais pas ce qui m’a pris.

Ce fut néanmoins une lecture bien agréable même si je pense que Stéphane Bourguignon est devenu meilleur scénariste que romancier. Je n’ai jamais retrouvé la fraîcheur de L’avaleur de sable, son premier roman, dans ses autres livres. Par contre je l’ai trouvé dans La vie, la vie et plus récemment dans Tout sur moi.

Je vous laisse sur une phrase que je trouve très vrai : ” il m’est apparu que si toutes les énergies dépensées pour des futilités, ça et là dans le monde, étaient mises au service d’une véritable cause, un sacré ménage pourrait être fait sur cette planète” p 242

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