Quand on écrit, on finit toujours à un moment à attendre des retours de la part des lecteurs. On écrit parce qu’on espère toucher, parce qu’on a quelque chose à partager. Même si les critiques nous angoissent, elles sont nécessaires. Tous les auteurs souhaitent voir apparaitre leurs livres dans la presse parce que cela leur donne une certaine légitimité, comme quand un éditeur décide de nous publier, on se dit qu’on a raison d’écrire, qu’on a un certain talent.
Je suis abonnée au Devoir du week-end pour avoir accès aux chroniques littéraires, je lis le Soleil le dimanche pour les critiques littéraires. Ce que je constate, c’est que peu de journalistes savent faire des critiques dans la règle de l’art, à savoir ne pas trop en dire sur l’intrigue et étayer son point de vue avec des exemples tirés du livre.
Beaucoup de critiques négatives que je lis me choquent parce qu’elles manquent tellement de respect pour l’auteur. Quand une personne dit qu’un livre est nul, qu’il vaut mieux ne pas perdre son temps à le lire parce qu’elle n’a pas aimé, c’est un manque de respect pour le travail de l’auteur et l’éditeur. (J’ai lu une critique de ce genre dimanche passé et ce n’était pas la première fois ) Qui est-elle pour énoncer ainsi quelque chose qu’elle pense être la vérité ? Quelle est sa crédibilité ? Ce journaliste n’a même pas pris la peine de développer son point de vue, pourquoi ce livre est-il nul selon lui ? Je ne l’ai jamais su en profondeur. Ce que je retrouve beaucoup dans les critiques c’est “l’intrigue n’est pas crédible, ou trop mince, les personnages sont inconsistants, le style est bâclé” mais aucun exemple tiré du livre pour appuyer ces dires. C’est un peu facile tout ça et pas assez pour déclarer un livre nul.
Julie Gravel-Richard a fait face ce week-end à une critique dans la Presse par une journaliste lui reprochant de manquer d’âme. Comment une journaliste peut-elle écrire cela ? Entre juger son auteur et son roman, il y a un monde qu’elle n’a pas hésité à franchir et qui démontre son amateurisme.
Comment devient-on critique au Québec ? Avec un bacc en littérature, en journalisme, parce qu’on aime lire ? Je ne sais pas mais avec le temps j’en arrive à me dire que peu de critiques sont crédibles. Bien sûr, cela apporte une visibilité et même si on en parle en mal, au moins on parle du livre mais je crois que lorsque mon roman sortira, ce qui me touchera le plus et me fera réfléchir, ce seront les réactions des lecteurs anonymes.
Pas celles des journalistes qui devraient apprendre à éviter d’énoncer leur opinion, qui est de facto subjective, comme la vérité pure et respecter un peu plus le travail de l’auteur. Le problème, c’est qu’un critique rejoint des milliers de lecteurs et c’est là où le bât blesse. Quand mon roman sera sorti, si un critique l’égratigne, ça va me faire mal de savoir que des centaines et des centaines personnes auront lu son opinion et l’admettront peut-être comme la vérité et que je ne pourrais rien faire contre ça. Et c’est pour cette raison que les critiques devraient faire attention à ce qu’ils écrivent
Archive pour 16 octobre 2008
• Jeudi 16 octobre 2008
Categorie : Autour de l'écriture, Autour de la lecture
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