Archive pour 31 octobre 2008

Auteur: Audrey
• Vendredi 31 octobre 2008

Si je n’avais pas croisé des enfants déguisés ce midi, j’aurais presque oublié que c’est Halloween aujourd’hui. J’aurais tellement aimé grandir au Québec pour pouvoir me déguiser et aller quêter des bonbons ! J’ai tellement jalousé les américains quand je regardais des séries TV. Il va falloir que je me trouve un enfant pour aller faire le tour du quartier et ramener une tonne de bonbons ! Quelqu’un a un enfant à me prêter ?

À part ça, je suis en pleine correction finale de Passionnément givrée. J’ai jusqu’à la mi-novembre ce qui est comme demain. Mais là, j’ai hâte de le terminer pour de bon. Il y a des passages à supprimer qui me font mal au cœur parce que je les trouve bien écrits mais qui, comme le souligne Carolyn, alourdissent, ralentissent et n’apportent rien de plus au roman. Je me bats pour certains, j’en laisse filer d’autres. Le tout n’en sera que meilleur. Oui, j’approche de mon 100% de satisfaction.

Un vrai écrivain, c’est celui qui ne s’attache pas à ses mots plus que de raison.

Auteur: Audrey
• Vendredi 31 octobre 2008

Devenir expatrié nous conduit-il à devenir apatride ? Pas au sens juridique mais au sens émotionnel.

Je me sens apatride parfois moi.

Quand je suis arrivée au Québec, je regardais tous les soirs le journal de france 2 sur TV5, je lisais des quotidiens français, je me tenais au courant. Depuis un an environ, je ne suis plus rien, je suis complètement déconnectée de la France. L’année dernière, mes amis m’ont fait découvrir la tecktonik un nouveau mouvement musical dérivé de la techno et une danse particulière avec les bras qui est franchement à mourir de rire mais qui fait fureur en France, on peut même prendre des cours de tecktonik ! Je n’avais jamais entendu parler de ça. L’année d’avant, c’était Kamini qu’ils m’avaient fait découvrir, le chanteur à la mode du moment.

Quand je passe du temps en France, je me rends compte à quel point je ne sais plus rien de ce qu’il s’y passe et le pire c’est que ça ne m’intéresse presque plus. Je ne sais pas quelle est la star du moment, quel est le drame du moment et je m’en fiche. De là à dire que je me sens maintenant Québécoise, il y a tout un pas que je ne franchirai pas.

Je ne suis pas Québecoise, il y a des tas de références culturelles qui m’échappent encore. Bon évidemment je connais Passepartout, je connais même les chansons : “J’ai deux yeux, tant mieux, deux oreilles, c’est pareil” je connais Nathalie Simard et son histoire tragique, je connais La petite vie, Le temps d’une paix, La guerre des tuques et j’en passe. Mais j’en perds des bouts souvent quand des collègues se parlent entre eux.

Je me sens apatride donc. Je me sens de moins en moins Française mais pas non plus Québécoise. Comme entre deux-eaux. C’est spécial.

Bien sûr, je suis vraiment contente d’avoir découvert une autre culture, ça m’a enrichie, et j’aime ma vie ici. Alors je vais le prendre dans l’autre sens. Je suis Française de naissance et Québécoise d’adoption.