Il y a quelques mois, j’ai contacté Stéphane Bourguignon pour discuter un peu de la différence entre l’écriture de roman et de scénario. On a alors correspondu par courriel quelques temps et ses conseils m’ont été très précieux. Il y a deux ou trois semaines, je lui ai demandé s’il accepterait de répondre à mes questions sur l’écriture pour mon blogue et il a gentiment accepté en précisant que ce ne serait pas pour tout de suite.
J’ai reçu ses réponses ce matin que voici :
- Depuis quand écrivez-vous ?
L’âge de 15 ans.
- Pourquoi?
Pour beaucoup de raisons qui évoluent au fil des ans. Ou qui ne sont pas toujours les mêmes d’une journée à l’autre. Mais principalement parce que j’aime jouer avec les mots. J’aime les voir apparaître sur la page ou sur l’écran. J’y trouve un plaisir esthétique qui me vient probablement des visites à l’imprimerie de mon père quand j’étais petit. Ensuite, j’aime l’idée que la simple manière d’agencer ces mots peut créer de l’émotion chez un lecteur ou un auditeur. De la peur, du rire, de la mélancolie, de la tristesse, etc. J’aime les histoires aussi. Elles disent quelque chose sur notre condition d’être humain. C’est par le biais des histoires qu’on peut se découvrir et se comprendre. C’est une façon d’ouvrir les cœurs et de propager la compassion.
- Comment écrivez-vous vos romans? Faites vous des plans, des fiches de personnages?
Je ne sais que quelques pages à l’avance ce que je vais écrire, tout en ayant une idée de certains des temps forts du livre. Pas de plans détaillés, pas de fiches de personnages non plus. Mes plans ne tiennent jamais la route bien longtemps, c’est dans le phrase à phrase que me viennent les idées les plus intéressantes. L’important c’est de baigner dans un univers riche et inspirant. Je note donc des mots clés (que j’affiche parfois sur mes murs), des idées, des musiques. Je découpe des articles de journaux qui touchent de près ou de loin mon sujet, je recherche des photos sur le net et m’en fais une banque. Tous les moyens sont bons.
- Comment s’est passée votre première publication?
Magiquement bien. L’éditeur était très, très emballé par le livre. Hormis une bonne quantité de fautes d’orthographe, je n’ai pas eu à retravailler le manuscrit. Le roman est paru et tout de suite il a eu une attention particulière. Il a été traduit en anglais, publié en France où j’ai été invité à faire de la promotion et un producteur m’a même acheté les droits pour en faire un film (qui n’a jamais vu le jour, malheureusement).
- Vous êtes également un scénariste à succès, quelles sont les différences entre l’écriture d’un roman et celle d’un scénario ?
Il y en a beaucoup. En scénarisation, il n’y a quasiment que du dialogue et en écriture romanesque c’est justement l’inverse. On attache assez peu d’importance au style dans un scénario. Ce qui est aussi l’inverse pour un roman. Les scénarios sont des objets hyper, hyper structurés tandis que dans un roman, on peut se permettre de flâner un peu (si vous me passez l’expression). On peut faire des parenthèses, des digressions, brefs c’est le lieu de toutes les libertés. Il faut être conscient de l’image, en scénarisation. Ce qui est vécu ou ressenti par les personnages doit être installé dans un lieu inspirant. Les déplacements, le mouvement, ont une importance capitale dans le dynamisme et la beauté de la chose. Le scénariste doit fabriquer des images. Évidemment, le roman n’est pas assujetti aux coûts de production d’une série ou d’un film. Nombre de personnages illimité, décors à volonté, cascades, etc.
- Comment avez-vous vécu le succès de La vie La vie ?
Très bien, jusqu’à un certain moment. Vers la fin, alors que l’émission était au summum de sa popularité, mais que mon travail était terminé et que j’essayais de passer à autre chose, j’ai trouvé ça un peu pénible d’être continuellement ramené sur le sujet.
Il y avait quelque chose de très intime, aussi, dans cette série. Une part de moi très privé (pas vraiment dans l’événementiel, mais plus dans les préoccupations) et je crois que le fait de m’en faire parler par des étrangers me mettait un peu mal à l’aise.
- Des conseils aux écrivains en herbe?
Écrire, écrire, écrire, lire, lire, lire… Et trouver le temps de vivre à travers tout ça, parce que c’est de la vie que se nourrit la fiction. Surtout, ne pas avoir peur de raturer, de jeter des pages complètes ou même des chapitres entiers.Un auteur trop attaché à chacune de ses phrases n’évolue pas.
- En exclusivité pour mon blogue, que va-t-il se passer dans la prochaine saison de Tout sur moi ? Vous n’êtes pas obligé de répondre
Deux scoops : le premier épisode sera en mode comédie musicale et Valérie fera de la prison pour voies de fait.









Salut Audrey!
On ne se connaît pas, mais on travaille pour la même maison d’éditions et j’ai eu envie de t’envoyer un commentaire sur ton message de juin dernier concernant la relecture d’un roman que l’on a publié. Pour ma part, je relis toujours mes textes.. parce que je n’ai pas le choix (rires) J’écris une série et il est nécessaire de relire ce qu’on a déjà fait pour s’assurer que la chronologie et tout le reste concordent d’un roman à l’autre. Nos romans publiés deviennent des ouvrages de référence!!! Ça ne veut pas dire que l’on est toujours fière de ce que l’on a écrit et qu’on ne doute jamais… (sourire)Pour ma part, j’essaie de prendre du recul à chaque lecture en me disant que je prends de l’expérience, que le prochain sera meilleur etc… Pour ton premier roman donc, bonne chance!!!!!!!!!!!
Bonjour Elisabeth ! Ravie de faire ta connaissance et merci pour ton point de vue concernant la relecture de nos romans une fois publiés. Je suis d’accord quand tu dis qu’il faut essayer de prendre du recul par rapport à ce qu’on écrit même si ce n’est pas facile. Mais relire mon roman une fois publié, j’aurais dû mal parce que je ne vais pas arrêter de me torturer en me disant que j’aurais pu écrire mieux, faire mieux et si par malheur je trouve une faute d’orthographe, je n’en dormirai plus de la nuit ! Donc je crois que je vais laisser aller mon roman une fois qu’il sera sorti et le regarder vivre sa vie.
A bientôt dans un salon du livre !
Pour ce qui est des fautes d’orthographe, elles sont, et Carolyn te le confirmera, INÉVITABLES. Ça s’appelle des coquilles et il en reste toujours quelques-unes -surtout si le roman est long-, même quand deux correcteurs différents ont passés, une directrice littéraire et une auteure… Ça fait parti de la vie!!!!!!!! (sourire)Bonne journée!
Je ne pense pas que ce soit inévitable, c’est certain qu’on ne peut pas être sûre à 100% qu’il ne restera pas de coquilles mais je crois qu’on peut se donner un objectif de 99%
Après ma foi s’il reste des fautes, j’essaierai de vivre avec ! (sourire)
J’avoue mon erreur sur l’utilisation du terme «inévitable», c’est malheureusement le seul qui m’est venue à l’esprit même s’il traduisait mal ce que je voulais dire… (rires) En fait, je voulais simplement que tu saches (pour l’avoir vécue à chacun de mes romans) qu’il vient un moment où ce n’est plus de notre ressort… Tu comprendras mieux ce que je veux dire quand ton texte aura franchis chacune des étapes du processus !!!! Je m’étais aussi jurée que le produit final ne comporterait aucune faute alors tu imagines un peu ce que j’ai pu dire (ça ne se retranscrit même pas) en me rendant compte de l’existence de certaines coquilles!!! Comme le dit si bien Carolyn: «Faut rester zen» Et, fait important à noter, on peut toujours les corriger lors d’une réimpression… de cette façon tu pourras probablement obtenir ton 100%, mais ça t’obligera à le relire (clin d’oeil)Bonne chance encore et au plaisir de te lire au printemps prochain…
Ah oui les réimpressions, je n’y avais pas pensé ! Ah ben je crois que rien que pour ça je vais relire mon texte une fois imprimé! Merci
A bientôt !
Je ne connaissais pas cet auteur mais je me suis régalé à lire cet entretien. J’aime beaucoup, en règle générale, les articles du genre “Paroles d’auteurs”, toujours instructifs, à mon sens.