Auteur: Audrey
• Jeudi 16 octobre 2008

Quand on écrit, on finit toujours à un moment à attendre des retours de la part des lecteurs. On écrit parce qu’on espère toucher, parce qu’on a quelque chose à partager. Même si les critiques nous angoissent, elles sont nécessaires. Tous les auteurs souhaitent voir apparaitre leurs livres dans la presse parce que cela leur donne une certaine légitimité, comme quand un éditeur décide de nous publier, on se dit qu’on a raison d’écrire, qu’on a un certain talent.

Je suis abonnée au Devoir du week-end pour avoir accès aux chroniques littéraires, je lis le Soleil le dimanche pour les critiques littéraires. Ce que je constate, c’est que peu de journalistes savent faire des critiques dans la règle de l’art, à savoir ne pas trop en dire sur l’intrigue et étayer son point de vue avec des exemples tirés du livre.

Beaucoup de critiques négatives que je lis me choquent parce qu’elles manquent tellement de respect pour l’auteur. Quand une personne dit qu’un livre est nul, qu’il vaut mieux ne pas perdre son temps à le lire parce qu’elle n’a pas aimé, c’est un manque de respect pour le travail de l’auteur et l’éditeur. (J’ai lu une critique de ce genre dimanche passé et ce n’était pas la première fois ) Qui est-elle pour énoncer ainsi quelque chose qu’elle pense être la vérité ? Quelle est sa crédibilité ? Ce journaliste n’a même pas pris la peine de développer son point de vue, pourquoi ce livre est-il nul selon lui ? Je ne l’ai jamais su en profondeur. Ce que je retrouve beaucoup dans les critiques c’est “l’intrigue n’est pas crédible, ou trop mince, les personnages sont inconsistants, le style est bâclé” mais aucun exemple tiré du livre pour appuyer ces dires. C’est un peu facile tout ça et pas assez pour déclarer un livre nul.

Julie Gravel-Richard a fait face ce week-end à une critique dans la Presse par une journaliste lui reprochant de manquer d’âme. Comment une journaliste peut-elle écrire cela ? Entre juger son auteur et son roman, il y a un monde qu’elle n’a pas hésité à franchir et qui démontre son amateurisme.

Comment devient-on critique au Québec ? Avec un bacc en littérature, en journalisme, parce qu’on aime lire ? Je ne sais pas mais avec le temps j’en arrive à me dire que peu de critiques sont crédibles. Bien sûr, cela apporte une visibilité et même si on en parle en mal, au moins on parle du livre mais je crois que lorsque mon roman sortira, ce qui me touchera le plus et me fera réfléchir, ce seront les réactions des lecteurs anonymes.

Pas celles des journalistes qui devraient apprendre à éviter d’énoncer leur opinion, qui est de facto subjective, comme la vérité pure et respecter un peu plus le travail de l’auteur. Le problème, c’est qu’un critique rejoint des milliers de lecteurs et c’est là où le bât blesse. Quand mon roman sera sorti, si un critique l’égratigne, ça va me faire mal de savoir que des centaines et des centaines personnes auront lu son opinion et l’admettront peut-être comme la vérité et que je ne pourrais rien faire contre ça. Et c’est pour cette raison que les critiques devraient faire attention à ce qu’ils écrivent

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9 Plumes
  1. François dit :

    Alors, comment devient-on critique littéraire au Québec ? Dans la plupart des quotidiens, c’est lorsqu’il n’y a plus de place pour un journaliste dans la section des sports ou les faits divers… Ou encore, lorsque le rédacteur en chef demande qui veut faire les critiques de livres, qu’une main se lève dans la salle des nouvelles et qu’une voix se fait entendre :
    — Moi, je veux bien. Au secondaire, on faisait des résumés dans nos cours de français.

    Bien sûr, j’exagère. À peine…

    Pourtant, c’est bien ce qu’on a la plupart du temps : des résumés. C’est pour dire l’importance qu’on accorde à la littérature dans ce pays.

  2. Audrey dit :

    Salut chéri (j’ai failli ne pas te reconnaitre, c’est la première fois que tu écris sur mon blog!), merci de ton point de vue qui rejoint le mien…

  3. Julie GravelR dit :

    Chère Audrey, je ne sais pas comment on devient critique. Mais j’ai l’impression que le proverbe “C’est en forgeant qu’on devient forgeron” s’applique assez bien. On finit par faire un peu de critique ici et là, on se fait les dents… et voilà que notre nom circule. Mais comme tu le sais sans doute aussi, la place qu’on donne aux livres est mince dans les quotidiens québécois. Par exemple, Didier Fessou (au Soleil) a été relégué aux livres quand on l’a remercié de la critique télé.

    Pour la critique dont tu parles, je m’en remets tranquillement. C’était injuste, c’est vrai. Mal formulé, surtout, à mon sens. Peut-être pas complètement faux. En fait, malheureusement, la façon dont la critique est écrite me donne l’impression que j’ai été injustement clouée au pilori. Mais peut-être que si la journaliste avait nuancé sa critique, je l’aurais mieux pris.

    Venise, sur La Recrue du mois, a fait une critique tiède d’Enthéos. Elle dit avoir été “intéressée” par l’histoire et par le personnage de Thomas, mais pas “passionnée”. Sérieusement, ce n’est pas très loin des mots d’Elsa Pépin, quand on y pense. Mais plus nuancé. Et pour moi, la nuance fait toute la différence. Parce que j’ai envie d’entendre les critiques pour m’améliorer. Mais si on me heurte injustement… eh bien, comme n’importe qui, j’ai envie de me défendre!

  4. Audrey dit :

    Tu vois, c’est pour cela que je suis si critique avec les critiques littéraires, si des blogueurs arrivent à donner leur opinion sur un livre à critiquer de manière argumentée sans attaquer l’auteur alors ceux qui sont censés être professionnels devraient en prendre de la graine et en faire autant.

  5. J’avais commis un billet là-dessus il y a quelque temps… C’est ici:

    http://fattorius.over-blog.com/article-23009387-6.html

    La critique, littéraire ou autre, est un métier – et un métier pas évident du tout – et pas un placard. Alors quand je lis le billet de François ou celui de Julie, je reste effaré. Ah, là là!

  6. Audrey dit :

    Tu sais, je pense que ton article rejoint leurs opinions, l’art de la critique est difficile et surtout au Québec où le monde littéraire tient une place toute toute petite.

  7. Irina dit :

    Bonjour,
    J’ai voulu lancé un blog sur mes lectures, et cherchant à publier des critiques de qualité j’ai cherché une “méthode” : je suis tombée sur votre billet… C’est tellement juste ce que vous écrivez! Je relis mes billets à la lueur du votre maintenant!
    Mais une question tout de même : une critique négative peut elle réellement être bien perçue par un auteur qui s’est investi corps et âme dans son œuvre? Je peine à y croire.

  8. Audrey dit :

    Non, ça ne peut pas être bien perçu dans un premier temps, une critique nous touche et nous marque au fer rouge, imaginez un inconnu qui se permet de critiquer votre enfant, ça ne passerait pas. Mon roman je l’ai porté en moi pendant plusieurs mois, c’est presque mon bébé alors les critiques oui je vais les accepter mais je sais que cela prendra du temps avant de m’en remettre et de m’en servir pour m’améliorer.

  9. [...] je l’ai déjà dit ici, il n’est pas facile d’écrire une bonne critique objective. La critique est facile [...]

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