Archive pour 6 février 2009

Auteur: Audrey
• Vendredi 06 février 2009

J’ai été voir Polytechnique ce soir. Un film très pudique, en noir et blanc ce qui évite le voyeurisme avec la rougeur du sang qui agresse, un film à la mémoire des victimes qui ne laissera personne indifférent. Impossible.

Ce qui m’a glacé le sang, c’est de voir le tueur marcher dans les couloirs un fusil à la main, passer à côté des gars sans rien faire et tirer dès qu’il voyait une femme. Les poursuivre jusque sous les bancs pour les tuer. Quant au regard des filles dans la classe quand le tueur s’est approchée d’elles avant de tirer, c’était poignant. Et le bruit des détonations, elles ont raisonné profondément en moi. Elles ont touché ma féminité. C’était des femmes qu’il voulait tuer, juste des femmes et il en a tué 14.

J’imagine que le film ne touchera pas les hommes et les femmes de la même manière, mais quoi qu’il en soit, c’est un film à voir. J’ai beaucoup aimé la partie du film où l’on voit les conséquences que ce drame a eu sur les survivants.

Je n’aimerais pas être un des gars qui est sorti de la salle en laissant les filles avec le tueur, je n’arriverais pas avoir à vivre avec ça, je crois savoir que certains se sont suicidés d’ailleurs.

Je n’aimerais pas être une fille et avoir survécu.

Personne ne devrait avoir à vivre ce genre de choses.

La seule chose que je regrette du film, c’est qu’on ne nous explique pas comment le tueur en est arrivé là, moi j’aurais aimé comprendre comment un homme dans la vingtaine en arrive à détester autant les femmes qu’il se met en tête d’en tuer le plus possible avant de retourner l’arme contre lui. J’aimerais aimé qu’on m’explique, même si j’imagine que c’est inexplicable.

Alors j’ai fait quelques petites recherches et j’ai su ce que je voulais savoir. Son enfance excuse-t-elle ce qu’il a fait ? Absolument pas. Mais on remarque encore une fois que la violence entraine la violence. Prenons soin de nos enfants.

À la mémoire de :

Geneviève Bergeron (b. 1968), étudiante en génie civil.
Hélène Colgan (b. 1966), étudiante en génie mécanique.
Nathalie Croteau (b. 1966), étudiante en génie mécanique.
Barbara Daigneault (b. 1967) étudiante en génie mécanique.
Anne-Marie Edward (b. 1968), étudiante en génie chimique.
Maud Haviernick (b. 1960), étudiante en génie du bâtiment.
Maryse Laganière (b. 1964), commis comptable au département de la finance de l’École Polytechnique.
Maryse Leclair (b. 1966), étudiante en génie du bâtiment.
Anne-Marie Lemay (b. 1967), étudiante en génie mécanique.
Sonia Pelletier (b. 1961), étudiante en génie mécanique.
Michèle Richard (b. 1968), étudiante en génie du bâtiment.
Annie St-Arneault (b. 1966), étudiante en génie mécanique.
Annie Turcotte (b. 1969), étudiante en génie du bâtiment.
Barbara Klucznik-Widajewicz (b. 1958), étudiante en soin infirmier.

Categorie : Autour de moi  | Tags: ,  | 3 Plumes
Auteur: Audrey
• Vendredi 06 février 2009

Si je ne fais pas de plan pour mes romans, en revanche, il est essentiel pour moi de connaître mes personnages sur le bout des doigts, les connaître intimement, comme si j’étais une voyeuse intrépide qui les traquerait jusqu’à ce qu’ils craquent et m’ouvrent leurs portes. Je connais une foule de détails sur eux, des détails qui n’apparaissent pas forcément dans mes deux romans mais qui je crois contribuent à les rendre vivants donc crédibles.

Ça peut paraître légèrement dingue, mais mes personnages ont leur propre volonté. Ce sont eux qui ont refusé de me laisser tranquille après la fin de l’écriture de Passionnément givrée. Ils m’ont harcelée tout l’été pour que je leur invente une suite, ils ne voulaient pas s’arrêter là, ils avaient autre chose à vivre. J’ai cédé. Et Isa, mon héroïne, je la considère presque comme une sœur. Je sais, je sais, elle n’existe pas, à part dans ma tête, mais elle me manquera quand ma trilogie sera finie. C’est un peu comme lorsqu’on s’invente des amis imaginaires quand on est petit.

L’inconvénient quand on s’attache trop aux personnages, c’est qu’on refuse qu’ils souffrent, on refuse qu’ils fassent quelque chose de mal, mais dans ce cas, il n’y a plus d’histoires. Les gens heureux n’ont pas d’histoire comme on dit.

Bref. Pourquoi je parle de ça moi ? Parce que j’arrive à la fin de mon tome II et que je suis triste à l’idée de ne plus côtoyer chaque jour mes personnages. Il le faut, ils ont vécu beaucoup de choses dans ce roman-là, ils ont besoin de savourer l’endroit où ils sont rendus et moi de me reposer, mais ils vont me manquer !

OK, c’est bon, vous pouvez appeler la garde nationale pour qu’il m’enferme ! Je suis définitivement schyzo ! ;-)

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