J’ai lu que dans un article du Devoir que la vente moyenne d’un livre de fiction au Québec tous genres confondus s’élève à 883 exemplaires vendus. C’est sans doute un peu moins pour les premiers romans. Le taux global de retour des livres (les libraires ont trois mois pour retourner leurs invendus aux éditeurs à ce que je sais) est de 31% ce qui est énorme.
Je parle de chiffres ce matin parce qu’au fur et à mesure que la date de sortie de mon roman se rapproche, je pense à ce qui m’attend. En fait, j’essaie de ne pas me faire trop d’attentes pour limiter la déception. Je ne sais pas du tout quel accueil critique et public mon roman aura, je ne sais pas quel rayonnement il aura auprès des médias, auprès des lecteurs et vivre avec cette incertitude est assez difficile.
On a beau dire, on se crée quand même des attentes. J’essaie de me dire : eh c’est déjà génial d’avoir terminé un roman, d’avoir convaincue une maison d’éditions de le publier et de savoir que son roman va se retrouver en librairie. C’est vrai c’est génial. Mais ce bonheur là est presque derrière moi, je me rappelle encore de ce que j’ai ressenti quand Caroline m’a appelée au boulot, je me suis sentie flotter, littéralement. Quand j’ai rencontré Caroline et signé mon contrat aussi. Aujourd’hui, je suis un peu passée à autre chose. Je suis dans la phase 2 : celle où je veux toucher le plus de lecteurs.
Ce n’est plus vraiment de mon ressor maintenant et je trouve difficile de se laisser aller et de se dire advienne que pourra. C’est ce qu’il faut faire pourtant, on ne contrôle rien et ça ne sert à rien d’essayer sauf à s’épuiser. Bien sûr, je fais de la promotion sur mon blogue, sur facebook, j’aimerais organiser des séances de signatures dans les librairies de ma ville, mais ce n’est pas vraiment ça qui va jouer sur les ventes et je n’ai aucune idée de ce qui va jouer. C’est le flou total.
883 exemplaires vendus, c’est déjà énorme, je le pense. Toucher 883 personnes avec une histoire sortie de notre tête, c’est énorme. Mais évidement, mes espoirs dépassent largement ce chiffre. J’essaie de ne pas trop penser à ça pour ne pas être déçue, j’essaie de penser à ce qui m’attend sans penser aux ventes pour pouvoir le savourer pleinement mais je crois que c’est humain d’avoir des rêves et des espoirs. Je crois que c’est humain de vouloir voir son livre en tête des palmarès.
On verra.







Il faut comprendre qu’au Québec, la masse de lecteurs n’est pas tout à fait la même que celle de la France. Ce qui est à mon point de vue tout à fait normal. Or, l’écrivain québécois ne possède pas d’autre choix que de se tourner vers la mère-patrie s’il tient à obtenir une plus grande diffusion de son livre. En France, je crois, ils sont quarante millions alors que nous, Québécois, nous ne sommes que six.
Bien des écrivains du Québec proposent leur manuscrit à éditeurs français et deviennt pour ainsi dire des ambassadeurs de culture tout comme toi pour nous. Et c’est ainsi qu’on établit une communication entre cousins d’une même langue.
88, 246,883, seront toujours X nombres bonnes raisons de récidiver. Si tu peux faire vivre ton histoire dans l’esprit d’une personne, tu auras gagné ton pari.
Hisse les voiles, le vent se lève et ton navire est si majestueux!
Les petits ruisseaux font les grandes rivières.
On touche bien plus de monde que ça… il y a ceux qui prêtent leur livre, ceux qui l’empruntent à la bibliothèque…
Pour les librairie, les retours (au distributeur, pas à l’éditeur) peuvent être pas mal plus rapide que ça…
Mais pour ton livre, je ne suis pas inquiète, il a un bon créneau, tu devrais avoir une bonne pub (déjà commencée!)…
C’est angoissant pareil…
Bonjour Audrey !
Je suis venue voir ton site plusieurs fois maintenant, et je profite de ton dernier article pour te souhaite bonne chance ! Comme le dit Joanne Rowling, être édité et séduire les lecteurs, ça relève souvent de la chance. Tu as écrit ton livre, tu as trouvé un éditeur : tu as fait aussi bien que tu le pouvais. Alors il n’y a pas de raison que ton chemin s’arrête là
Bon courage pour la suite, je guetterai Passionnément Givrée dans les librairies…
@Claude : oui c’est certain qu’on ne peut pas comparer le bassin de lecteurs ici et en France, nous sommes 65 millions dans l’hexagone, ça fait beaucoup. Ici un best seller c’est 5000 exemplaires vendus, en France je pense que ça commence à 100 000. J’espère toujours trouver un éditeur français, mon éditrice fait des démarches en ce sens et je compte bien en faire moi aussi, mais pour le moment, c’est le public québécois que j’espère charmer.
@Pierre : c’est vrai, tu as raison, on ne savoure pas assez les petits ruisseaux on veut tout de suite les grandes rivières, je vais essayer de garder ça en tête.
@Emilie : oui je n’avais pas pensé aux bibliothèques et aux prêts. Je suis angoissée même si tout le monde essaie de me rassurer, en fait je veux vraiment pas être déçue si j’en vends juste 500 (je le serai pareil) mais j’essaie de limiter les dégâts.
@Marie : Oui c’est que je me dis pour me calmer, la route est faite, elle est tracée, maintenant y’a plus qu’à se croiser les doigts ! Intéressant ton roman, pourrais-tu m’en dire plus ? Tu m’envoyais un mail si tu veux : blogue (at) audreyparily (point) com
À 26 ans, quand j’ai pris deux ans de congé sans solde pour devenir écrivain, c’était bien entendu pour faire ce que j’aime: écrire. Mais c’est bizarre, je n’ai jamais beaucoup songé au nombre d’exemplaires vendus versus toucher le plus grand nombre de lecteurs. J’avoue que peut-être suis-je plus mercantile, mais je voulais en vivre. J’étais prête à écrire romans, essais, articles de journaux, n’importe quoi sauf poésie et théâtre (quoique j’ai écrit deux séries dramatiques).
Quelque 32 ans plus tard, je n’en vis toujours pas et j’ai dû me résoudre à gagner ma vie plus en infographie. Parce qu’en effet le nombre de lecteurs ne dit pas du tout l’argent qu’il reste dans nos poches.
Désolée d’être terre à terre, mais les chiffres qui m’intéressent maintenant (parce que j’avoue que j’ai fait semblant pendant des années de m’intéresser aux chiffres exemplaires) sont suivis d’un signe de dollar. Je me trouve bien plate d’en parler, mais je ne veux plus me faire des accroires.
Je comprends tout à fait ton point de vue, moi aussi un jour j’espère vivre de ma plume même si ça semble très difficile. On dirait qu’il y a une espèce de mythe autour de l’écrivain, on le voit tjs seul, terré dans une pièce sombre et sans le sou. Pourtant il n’y a aucune honte à vouloir être rétribué à sa juste valeur pr son travail, mais voilà en touchant 10% sur les ventes de son propre roman alors que le libraire en touche 40%, ça ne risque pas d’arriver de si tôt. Même en France où le bassin de lecteurs est plus vaste, peu sont les auteurs qui vivent de leur plume. C’est un St-Graal difficile à atteindre apparemment.