Archive pour ◊ août 2009 ◊

Auteur: Audrey
• Lundi 31 août 2009

orthographePeut-on aspirer à la publication sans savoir écrire sans faute ? Ce sujet a été abordé par plusieurs blogueurs que je suis mais j’avais envie d’apporter ma pierre à l’édifice.

La langue française est une langue difficile avec des règles compliquées, c’est un fait. C’est vrai, pouvez-vous me dire pourquoi vingt et cent s’accordent quand ils sont multipliés par un nombre sans être suivi par un autre nombre et qu’ils restent invariables le reste du temps ? Pouvez-vous me dire pourquoi les mots bijou, caillou, chou, genou, hibou, joujou et pou prennent un “x” au pluriel et pas les autres mot en -ou ? Et pourquoi dit-on un journal, des journaux, un cheval, des chevaux mais un bal, des bals ? Bref, je suis la première à dire que la langue française est difficile et que je fais, moi aussi, des fautes d’orthographe.

Néanmoins, cela m’horripile quand les gens aspirent à la publication avec un niveau d’orthographe et de grammaire d’un enfant de 8 ans. Ne pas mettre de s quand on parle des forêts, écrire ils mon fait au lieu de ils m’ont fait, je suis désolée mais ça ne passe pas.

Je ne sais pas chanter, je ne sais pas sortir deux notes justes, je n’aspire pas à enregistrer un album. Je suis nulle en maths, c’est à peine si je sais faire 8*6 sans calculatrice (mes tables de multiplication sont loin), je n’aspire pas à devenir mathématicienne. Peut-on dès lors écrire un roman sans aimer sa langue, sans la connaître ?

Après avoir vu ce que ma directrice littéraire puis le correcteur ont corrigé comme fautes sur le manuscrit final de Passionnément givrée, j’ai appris l’humilité et j’ai arrêté de me dire que j’écrivais sans faute. À un moment donné, à force de se relire, le cerveau voit ce qu’on pense avoir écrit et non ce qu’on a réellement écrit. Ceci dit, je sais que la qualité de mon français est quand même assez bonne et surtout, j’adore apprendre ou revisiter les règles de grammaire, j’adore apprendre un mot nouveau.

Je ne supporte pas qu’on massacre la langue française, qu’on fasse des fautes, ok, mais qu’on écrive ” ils ma touché les pôles”, (perle véridique), là, je m’insurge. On dépasse les bornes. Quand j’étais en maitrise, certains rouspétaient parce que les profs enlevaient des points si notre orthographe était déficiente. J’ai même entendu un de mes coéquipiers, lors d’un travail de session, me dire texto “on s’en fout de l’écriture, le prof comprendra ce qu’on a voulu dire !”  Bon. C’était il y a 3 ans et je suis encore choquée. Ne pas savoir écrire correctement, c’est secondaire pour un étudiant de maitrise ?

Au risque de me faire lyncher, je trouve qu’au Québec, beaucoup de personnes écrivent sans faire attention et cela donne des choses horribles à lire. En France aussi, les gens écrivent mal, les jeunes surtout, l’écriture en sms fait des ravages, c’est un fait, je ne jette la pierre à aucun pays. Je dis juste que ceux qui aspirent à publier, que ce soit en France ou Québec devraient connaître un minimum leur langue.

Bien sûr, il y a les correcteurs et  je m’incline d’ailleurs devant leur savoir, seulement je reste avec l’idée qu’on ne peut pas écrire un roman si on n’est pas passionné par la langue et les mots. Personnellement, si j’étais lectrice dans une maison d’édition, je ne pourrais pas lire un manuscrit bourré de fautes plus de cinq minutes, ça me mettrait hors de moi ! Oui, l’histoire est primordiale, mais la qualité de sa grammaire et de son orthographe comptent aussi.

Voilà, ma pierre est posée. Apprenons le français, célébrons le français, vive le français !

Auteur: Audrey
• Jeudi 27 août 2009

livre-numeriqueToc, toc, toc. Le livre numérique essaie d’entrer chez nous. Hier, Archambault a lancé la première librairie numérique francophone d’Amérique du Nord. On ne peut plus faire l’autruche maintenant, l’ère du numérique vient aussi de toucher le livre.

Personnellement, je ne peux pas concevoir de lire un livre sur un gadget électronique. Rien ne vaut l’odeur d’un livre neuf, le bruit des pages qui se tournent ou la vue d’une belle bibliothèque remplie de bouquins de toutes sortes. Mais bon, il faut savoir vivre avec son temps et ne pas refuser le progrès comme nos parents avant nous alors allons-y !

Je suis donc allée visiter le site d’Archambault : jelis.ca. Et là première surprise : les livres numériques ne sont pas moins chers que les livres papiers. Twilight de Stephanie Meyer coûte 24.10 $ en numérique contre 24.97 $ en livre papier. La valse lente des tortues de Katherine Pancol coûte 32.12 $ en numérique contre 32.95 $ en papier. Les chroniques d’une mère indigne tome II de Caroline Allard coûte 14.97 $ en numérique contre 19.95 $ en papier. Ah quand même, une économie de 5 $.

J’ai volontairement pris des titres américains, français et québécois pour la comparaison et il semblerait que les livres québécois coûtent un peu moins cher que les autres. A confirmer.

Là, je me pose une question : pourquoi un livre numérique coûte-t-il aussi cher ou presque qu’un livre papier ? Il me semble qu’avec un numérique, on élimine les coûts d’impression et de distribution, non ? Plus de stockage non plus des invendus. Alors ? Si un professionnel de l’édition passe par ici, j’aimerais vraiment comprendre.

Toujours est-il que pour moi, c’est clair : entre un livre papier et numérique au même prix, mon choix se porte incontestablement sur le papier. Après, si l’économie réalisée est intéressante (au moins 30% du prix du livre papier), c’est à voir. Au lieu d’emprunter certains titres à la bibliothèque, je les achèterai peut-être en numérique histoire d’encourager les auteurs.

Tiens, parlant des bibliothèques municipales. Que vont-elles devenir à l’ère du numérique ? Comment s’assurer que quelqu’un qui emprunte un livre numérique le rende ? D’ailleurs, j’aimerais savoir : est-il possible de copier un livre d’un lecteur à un autre ? J’imagine que non mais les hackers vont se faire une joie de contourner les interdictions. Va-t-on assister au piratage des livres numériques comme on assiste au téléchargement illégal des films et des mp3 ?

Bref. Je continue ma visite et la, seconde surprise : le prix des lecteurs de livre numérique. Celui de Sony se vend 259 dollars plus taxes ! Tout ça pour lire un livre sur un écran de 5 pouces ! Ce n’est vraiment pas donné. Sans compter qu’un petit gadget comme ça doit être fragile. J’hésiterais à l’emmener à la plage par exemple. Et si le sable, le soleil ou l’eau l’endommageait ? Et qu’en est-il du froid ? Si je l’oublie malencontreusement dans ma voiture une nuit par -30 degrés ? Résiste-t-il ?

Pour l’instant, je ne suis donc vraiment pas convaincue par le livre numérique. Quel est l’avantage s’il n’est pas monétaire (pour les clients j’entends) ? Et qu’en est-il des auteurs ? Touchent-ils toujours 10% du prix de vente en droit d’auteurs ? Sans compter que si le livre numérique se généralise, adieu les séances de dédicaces. On va l’écrire sur quoi notre petit mot ? Sur l’écran ?

Et puis rien de tel que de voir arriver un lecteur avec notre roman au pages cornées. C’est une marque de vie, un instant de vie durant lequel il s’est plongé dans notre univers. J’aime relire les livres que je possède et voir où j’ai arrêté ma lecture précédente, j’aime voir des tâches de chocolat chaud parce que cela me rappelle que je lisais ce livre au petit déjeuner et que je n’arrivais pas à le lâcher pour manger.

Est-ce à dire que je refuserais que mes romans soient publiés en version numérique ? Bien sûr que non. Un auteur veut être lu. Point final. Peu importe le support. Mais j’ai quand même hâte de voir comment tout ça va évoluer. Comment le livre papier et numérique vont-ils cohabiter ? L’avenir du livre papier est-il vraiment menacé ?

Pour ma part, je n’en crois rien mais l’avenir nous le dira.

Auteur: Audrey
• Mercredi 26 août 2009

rentree_littéraireLa rentrée littéraire, elle aussi, frappe à notre porte. En France, cette automne, ce n’est pas moins de 659 romans qui seront publiés. Autant dire que nous allons devoir faire face à un véritable tsunami de livres. Pourtant, l’an passé, les librairies avaient dû voir passer 676 nouveautés. Pourquoi publier autant quand à peine une dizaine d’auteurs (toujours les mêmes) arriveront à tirer leur épingle du jeu ? J’en suis à me demander si je veux que mon roman trouve un éditeur en France. À quoi bon après tout ?

Au Québec, mon roman est sorti il y a presque 6 mois et pourtant, il est encore sur les gondoles dans plusieurs librairies de la ville de Québec (merci à ma source pour cette info !). Au Renaud-Bray de Place Laurier, il était même placé à côté de ceux de Rafaëlle Germain. Est-ce qu’elle pourrait me passer un peu de son succès ?

Bref, tout ça pour dire que oui, publier en France, je ne dirais pas non, mais si c’est pour me noyer dans la foule et atterrir dans les rayons au bout d’une semaine, bof. Sans compter que si on ne publie pas dans une grande maison d’édition, il ne faut pas espérer une ligne dans la presse.

Tiens, la preuve, le Figaro nous a pondu la liste des 10 auteurs incontournables de la rentrée 2009 et qui retrouvons-nous dans cette liste ? Amélie Nothomb, évidemment, qui publie un roman chaque automne depuis 18 ans, Frédéric Beigbeder qui fait déjà scandale, son roman ayant apparemment été censuré par son éditeur, Nicolas Fargues, Philippe Delerm, Patrick Poivre D’Arvor, etc. Que des inconnus, vous en conviendrez !

Ces auteurs ayant déjà un fan club de lecteurs bien remplis, j’ai décidé que pour cette année, j’allais sortir des sentiers battus et partir à la découverte d’inconnus, à la découverte de ceux qui n’auront pas la chance de voir la presse s’intéresser à eux. Ils seront peut-être perdus au fin fond des rayons des librairies mais tant pis, je les trouverai. Me balader dans une libraire et me laisser surprendre par un titre, une couverture, un ton, j’adore ça.

Et puis, autant profiter du fait que je sois en France pour acheter des tonnes de livres pas chers ! Bon, par contre, j’avoue que j’aime beaucoup Nicolas Fargues et que je vais certainement me laisser tenter par son dernier roman. Frédéric Beigbeder ? A part Windows on the world, je n’ai aimé aucun de ses bouquins et j’en ai lu 4. Je suis persévérante ! Amélie Nothomb ? J’aime assez son style mais j’ai été déçue par son dernier roman et le résumé du prochain ne me dit rien.

N’empêche que je suis vraiment contente d’être partie un jour m’installer au Québec parce que je suis persuadée que d’une, je n’aurais pas trouvé une maison d’éditions en moins d’un mois en France, et que de deux, je n’aurais jamais eu cette visibilité dans les librairies que j’ai eue et continue encore d’avoir un peu. Évidemment, tout n’est pas rose non plus dans le milieu littéraire québécois, les cliques et les passe-droits existent aussi mais personnellement, si c’était à refaire, je referais tout pareil !

Auteur: Audrey
• Lundi 24 août 2009

On dirait bien qu’un vent de rentrée souffle sur le monde. Les blogues s’animent, les forums aussi, et la routine recommence. J’ai passé de très belles vacances, visitant plusieurs villes de Camargue, lézardant sur la plage et savourant le plaisir de ne rien faire. J’ai mis quelques jours pour arriver à réellement décrocher, je culpabilisais de ne rien écrire (j’ai un gène spécial de la culpabilité) et puis finalement, je me suis dit que j’avais bien mérité des vacances et que je devais recharger mes batteries ! Qu’est-ce que ça a fait du bien quand j’ai lâché prise !

J’ai pu profiter des chevaux,

camargue-10

de la mer,

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des couchers de soleil,

coucher-de-soleil-grau-du-roi

et de l’histoire.

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D’ailleurs, à force de visiter des villes antiques (Arles et Nîmes) et d’entendre parler de l’histoire des gladiateurs, ça m’a donné envie d’écrire un roman qui se déroulerait durant l’Antiquité. Mais alors là, bonjour les centaines d’heures de recherche pour ne pas écrire des bêtises ! Je crois que je vais plutôt me laisser tenter par des films d’époque du style de Ben Hur ou de Quo Vadis pour satisfaire mes envies d’histoire.

Retour à la réalité, donc.

Mon tome II m’attend bien sagement et il faudrait  que je m’active à terminer ces corrections si  je veux le publier avant 5 ans. Je vais aussi essayer d’alimenter mon blogue un peu plus souvent, que ce soit sur le thème de l’écriture ou de l’expatriation.

Et puis je dois également essayer d’envisager sereinement mon changement de dizaine en septembre ! Adieu la vingtaine, bonjour la trentaine ! On inspire, on expire, tout va bien aller, 30 ans, c’est encore jeune !

Sur ce, j’espère que vous avez, vous aussi, passé de bonnes vacances  et vous dis à bientôt !

Auteur: Audrey
• Mardi 18 août 2009

fouleJe ne suis plus capable de voir tant de monde ! Il y a du monde partout et tout le temps en France. À la plage, c’est noir de monde, dans les épiceries, c’est noir de monde, à l’hôtel, c’est noir de monde, dans les rues, sur les routes, dans les restos, idem. Je sais que l’été avec tous les touristes, surtout dans le sud de la France, la population double mais là, la seule chose dont j’ai envie, c’est d’avoir une rue, juste une rue, à moins toute seule. Sans voiture, sans passant, sans bruit.

C’est une des choses qui m’ont vraiment marquée quand je suis arrivée au Québec, l’absence de monde. Je me rappelle qu’un soir de novembre, je me suis baladée dans le Petit Champlain pendant une demi-heure et je n’ai croisé personne. C’était tellement génial, j’avais le Vieux-Québec à moi toute seule.

En France, je me sens étouffer. D’ailleurs la première fois que je suis revenue à Lyon après un an et demi d’absence, j’étais à Auchan avec ma mère et j’ai du ressortir de là au bout de 15 min tellement je ne supportais plus l’affluence des clients.

J’ignore si je suis légèrement agoraphobe mais là, je donnerai tout pour pouvoir me transporter dans le Petit Champlain un soir de novembre, où seul le bruit du vent accompagnait mes pas.

La France me manquait, mais maintenant ça y est, j’ai fait le plein, c’est quand le retour ?

Auteur: Audrey
• Mardi 11 août 2009

manuscrit-corrigePlus j’avance dans ma correction/réécriture de Merveilleusement givrée et plus je me rends compte des défauts que je n’avais pas vus mais que ma directrice littéraire, elle, a soulignés. Évidemment, ce n’est jamais facile de voir son manuscrit barré, raturé, (en rouge en plus, comme à l’école) mais je suis contente d’avoir assez de recul et je dirais même d’humilité pour admettre que mes romans ont besoin d’être retravaillés avant d’être mis sous presse et envoyés aux libraires.

J’espère d’ailleurs ne jamais arriver à un stade où j’interdirai à quiconque de toucher à ne serait-ce qu’une virgule de mon roman. J’en connais des auteurs de ce genre, pas réellement, on s’entend, des auteurs plutôt connus et d’une susceptibilité à faire peur. Mais même quand on a connu le succès, on devrait toujours garder au fond de soi une petite dose d’humilité et admettre qu’il y a toujours matière à amélioration ne serait-ce que légèrement.

Bien sûr, j’ose espérer qu’avec le temps, les manuscrits que j’enverrai à mon éditrice gagneront en qualité et que ma directrice littéraire aura de moins en moins de commentaires à faire. En attendant, je continue de corriger mon tome 2 et je m’habitue aux grands coups de crayon rouge sur ma copie !

Quand je corrigeais Passionnément givrée, je me rappelle avoir trouvé plusieurs pages entières rayées d’un coup de crayon. Gloups. Dur à avaler de sélectionner toute une page  et d’appuyer sur Delete. Mais je l’ai fait et le rythme de l’histoire s’est resserrée et tant pis pour ma si jolie prose que le monde ne lira jamais ! ;-)

Je n’ai pas encore trouvé de page entière barrée dans Merveilleusement givrée (je croise les doigts) mais je sais que si j’en trouvais, ça serait moins dur de les supprimer maintenant !

Bon, j’espère pouvoir achever la correction de mon tome 2 dans un mois, ensuite, je replonge dans mon roman pour ados et j’attends en mon rongeant les ongles la seconde lecture de ma directrice littéraire (car il y en a toujours deux) pour savoir s’il reste encore des petits défauts et si je dois revoir une dernière fois ma copie ! Enfin, pas vraiment dernière puisqu’après il y a le passage du correcteur. Long, long, long est le processus éditorial.

Vous comprenez maintenant comment un auteur arrive à avoir la nausée à la vue de son roman ? À force de le relire !