Auteur: Audrey
• Vendredi 18 septembre 2009

salon-du-livre-montrealÇa m’énerve. Oui, vraiment, ça m’énerve que les livres québécois soient introuvables en France alors qu’au Québec, on est envahi de livres français. Et je ne dis pas ça parce que mon roman est introuvable chez moi, je le dis parce que je trouve ça injuste pour la littérature québécoise que je n’aurais jamais découverte si je n’étais pas partie au Québec.

On pourra m’objecter que certains livres québécois écrits en joual pourraient poser des problèmes de compréhension pour les Français. D’accord, mais d’une tous les livres québécois ne sont pas écrits exclusivement en joual et de deux, si les Québécois comprennent très bien nos particularités de langage pourquoi l’inverse ne serait-il pas vrai ? Évidemment, ce n’est pas en doublant Minuit le soir ou la Galère avec un accent français (horrible à écouter !), ou en faisant un remake made in France des Invicibles que les Français vont pouvoir s’ouvrir au monde.

Pourquoi les écrivains québécois doivent-ils se trouver un éditeur en France s’ils veulent se retrouver sur les tablettes des libraires dans l’Hexagone ? Si les caisses de romans français peuvent prendre le chemin du Québec sans intermédiaire, pourquoi les caisses de romans québécois ne pourraient-ils pas prendre le même chemin ? Ce sens unique m’énerve. Il faudrait que la France et Paris comprennent qu’ils n’ont plus le monopole de la culture francophone et qu’il se produit des choses de qualité ailleurs.

Le monde littéraire français est très protectionniste, il refuse que leurs romans soient trop concurrencés. Très bien mais que le monde littéraire québécois fasse la même chose alors ! Plus de Christine Angot, de Frédéric Beigbeder ou d’Amélie Nothomb au Québec pour que ce pays puisse promouvoir davantage sa littérature ! C’est ridicule comme réaction, je le sais très bien. À l’heure où on peut avoir accès à la littérature du monde entier, il ne faut pas se replier sur soi-même, au contraire.

Ce serait donc bien que les éditeurs et les libraires français le comprennent. Ce serait bien qu’on puisse trouver en France les étoiles montantes de la littérature québécoise comme on trouve celles de la littérature française au Québec. En espérant un jour, que les choses changent donc…

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18 Plumes
  1. Jo Ann v. dit :

    Je ne connais pas du tout la littérature québécoise (j’ai lu un livre de Tremblay et un livre de Bruno Hébert), mais je sais qu’il y a des librairies québécoises… du moins à Paris (where else ? ;-) ) Et Tremblay est édité en France, donc il faut surtout chercher les VF des écrivains québécois et non le livre québécois, je pense.

    Mais ce n’est qu’un avis ! :-/

    PS: pour des livres en portugais (que ce soit de chez moi ou brésiliens/portugais), je dois commander du Portugal directement !

  2. Audrey dit :

    Moi, tu vois, c’est ça qui me dérange, qu’on soit obligé d’aller dans une librairie spécialisée pour trouver des livres québécois en France. Les Québécois écrivent en français, ils devraient avoir accès au marché français comme les Français ont accès au marché québécois.
    Bien sûr, je ne nie pas que certains mots, certaines expressions auraient besoin d’une traduction ou d’une explication mais franchement, si les Français se forçaient un peu, ils verraient que ce n’est pas bien compliqué !
    Tu m’intrigues pour Michel Tremblay, je savais qu’il était publié en France mais j’espère qu’ils n’ont pas osé “traduire” ses livres et en faire des versions made in France !
    Sérieusement, si les gens prenaient la peine, ils verraient que lire un livre québécois n’est pas si différent de lire un livre français. Si les Québécois savent ce qu’est un lycée, pourquoi les Français ne savent pas ce qu’est un cegep ? C’est ça qui m’énerve, que les Français ne fassent aucun effort parce que de toute façon, pour beaucoup, la littérature avec un grand L, c’est en France que ça se passe !

  3. C’est peut-être juste un gros préjugé mais… les Français (lectorat et institution) ne pensent-ils pas que tous nos livres sont mauvais?

  4. Jo Ann v. dit :

    J’ai lu Un Ange Tordu Avec Des Ailes De Tôle (je pense que c’est ça le titre !), collection Babel (poche d’Actes Sud) et je ne pense pas qu’ils aient “traduit” du québécois au français.
    Mais je suis d’accord, il ne faudrait pas avoir des coins spécialisés.
    Je vais quand même vérifier dans ma librairie, histoire de…

  5. Priska Poirier dit :

    bonjour Audrey,

    Juste un petit mot pour te dire que je suis en train de lire la revue le libraire et ton livre y est annoncé dans la section “Le libraire craque !”. Voici le lien internet : http://www.lelibraire.org/

    Bonne soirée

    Priska

  6. Cécile D dit :

    Hello,

    Oh la… ton coup de gueule est justifié mais je crois qu’il y a erreur sur la cible. Si des livres de france se trouvent au Québec dans leur édition française, c’est parce que les éditeurs les y envoient, non ? Peut-être que les éditeurs Québecquois refusent d’assurer et de payer le transport, que les libraires français ne peuvent pas assumer seul (d’ailleurs, du côté français comme à québec, je pense).
    En France, on a des grands groupes d’éditeurs qui peuvent se permettre de débourser en frais de transport pour faire traverser l’océan à leurs livres, et j’ignore totalement la situation éditoriale au Québec, et donc si l’inverse est possible. Il se peut que ce soit ça, tout simplement.
    Si tu pouvais m’éclairer à propos de la situation éditoriale au Québec, c’est volontiers. J’aimerais bien moi aussi comprendre pourquoi on ne trouve pas de livres québecquois en france !

    ++
    Cécile.

  7. Audrey dit :

    @Dominic : je pense qu’il existe effectivement un préjugé qui qualifie la littérature québécoise comme provincial, loin donc de la littérature française. Ceci dit, je ne pense pas que les Français pensent que les romans québécois sont mauvais, ils ne s’en préoccupent pas, c’est tout, inondés qu’ils sont par les romans français et américains.
    @Jo Ann : tiens-moi au courant !
    @Priska : merci ! Je ne savais pas ! C’est un beau cadeau de fête en avance ! ;-) Au plaisir de se revoir au salon du livre de MTL !

  8. ClaudeL dit :

    ON voit ça avec nos yeux d’auteurs et de lecteurs d’aujourd’hui. Problème aussi complexe que l’histoire du Québec. Lire:
    http://www.anel.qc.ca/Publications.asp?PageNo=45

    et vous verrez que ce n’est pas d’hier que les auteurs et les éditeurs essaient de se faire reconnaître comme des “internationaux”.

  9. olivier dit :

    salut Audrey je suis un peu hors sujet ton article est très intéressant mais je me demande un truc depuis très longtemps au Québec il y a la série south park traduit avec un argot très français . et imagine-toi donc que mes personnages préférés son en cm1 au lycée de south park au Colorado aux États-Unis lol. bon pour le lycée comme tu le mentionnais plus haut je sais ce que ces mais le cm1 et le SAMU bien là je suis un peu dans le brouillard quelqu’un peut m’aider s’il vous plaît?? ah et puis j’ai commencé passionnément givrer et c’est passionnant. les Français ratent quelque chose j’espère qu’ils sortira un jours chez vous j’espère que votre mère était moins contrôlante que celle d’Isa lol à oui quand sort la suite merci d’avance olivier Deschambault

  10. ClaudeL dit :

    Réponses à Olivier:
    pour système d’éducation en France llire:
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Syst%C3%A8me_%C3%A9ducatif_fran%C3%A7ais
    enfant a donc autour de 9 ans.

    Quant au SAMU, lire http://fr.wikipedia.org/wiki/Service_d‘aide_m%C3%A9dicale_urgente
    c’est comme nos ambulanciers je dirais.

  11. Audrey dit :

    @Cecile : malheureusement, si c’était aussi simple qu’une question d’argent, ça ne me dérangerait pas. Il faut d’abord savoir que ce ne sont pas les éditeurs qui s’occupent d’envoyer les livres aux librairies, où qu’elles soient et la plupart des distributeurs ont des bureaux en France, au Canada, parfois même en Belgique et en Suisse. Donc le problème ne vient pas des coûts de transport, il vient selon moi surtout des libraires et des lecteurs qui ne connaissent pas la littérature québécoise et ne veulent pas la découvrir. Il existe aussi un gros préjugé au niveau de la langue aussi. Tu ne peux pas savoir combien de fois j’ai entendu : ah mais c’est un film, livre québécois ? Je ne vais rien comprendre !
    Au Québec, au contraire, les lecteurs adorent la littérature française, d’ailleurs si tu regardes les palmarès en ce moment la-bas, le dernier né de Nothomb est dans les premières places.
    Tout espoir n’est pas perdu puisque de plus en plus d’auteurs québécois arrivent en France, je pense à Christine Eddie, Dany Laferrière dont le dernier roman a été sélectionné pour le prix Médicis je crois, Catherine Mavrikakis etc. Mais ils sont tous publiés par une maison française. Il faudrait que je parle à mon éditrice et que je lui demande les raisons exactes qui obligent les auteurs québécois à avoir un éditeur en France pour apparaitre en librairies ici. Je crois sincèrement que les libraires doivent se dire que si le roman a été “validé” par un éditeur français, c’est qu’il est bon et ça, c’est vraiment rabaissant pour la littérature québécoise !

    @Claudel : très intéressant votre lien sur l’édition québécoise, faudrait que je prenne le tps de tout lire en détail.

    @Olivier : le CM1, c’est le cours moyen niveau 1 c’est à dire l’avant dernière année du primaire, comme le dit Claudel, les enfants ont 9 ans dans cette classe. Il semble impossible que des enfants soient en CM1 au lycée, à moins que ce ne soit un trait d’humour de la série ?
    Quant au Samu, effectivement ce sont des ambulanciers mais publics, on les appelle en composant simplement le 15. C’est un peu le 911 mais exclusivement pour les urgences médicales.
    N’hésite pas si tu as d’autres questions et pour te répondre, non ma mère n’est heureusement pas aussi contrôlante que celle d’Isa (mais elle l’est quand même un peu !) et le tome 2 devrait sortir au printemps prochain si on arrive à respecter les délais de correction !

  12. JC Heckers dit :

    ?“[le problème] vient selon moi surtout des libraires et des lecteurs qui ne connaissent pas la ?littérature québécoise et ne veulent pas la découvrir.”?

    Je le déplacerai un peu. En France on a de grosses maisons d’édition acoquinées avec de gros ?diffuseurs, qui ni les unes ni les autres n’ont pas vraiment envie de laisser de la place pour les ?autres (éditeurs plus modestes ou éditeurs… québécois). Les diffuseurs ont pris d’assaut le ?marché et parfois, gare au libraire qui voudrait sortir des chemins balisés! C’est qu’on ne va ?pas laisser traîner sur les rayons n’importe quoi: il faut occuper tout le terrain. Je pense qu’il ?doit bien y avoir des libraires qui seraient prêts à faire de la place aux éditeurs québécois, ?mais les diffuseurs ne les laisseront pas faire. C’est une question de pognon, ils ne veulent pas ?qu’on leur fauche une part de marché (et ils savent user de pressions diverses pour que ça ?n’arrive pas). Comme ils gagnent plus facilement d’argent en inondant le Québec de livres ?français qu’en osant nous faire parvenir de la littérature québécoise, ils ne vont pas faire le ?moindre effort. Même s’ils ont infiniment tort.?

    Mais ce n’est pas tout, hélas. Si le lecteur de France méconnaît la littérature québécoise, c’est ?aussi dû au mutisme des “grandes” revues littéraires qui ont un horizon très limité ne se ?préoccupent pas de ce qui déborde d’une zone hexagonale sur laquelle règne Galligrasseuil. Ou exceptionnellement. Puisqu’on ?ne lui parle pas de la littérature québécoise (actuelle ou passée), le lecteur lambda n’ira pas la ?chercher. La curiosité a toujours besoin d’être aiguillonnée. Et c’est ainsi qu’on passe à côté ?d’auteurs remarquables. ?

    En France, on aurait bien besoin de voir plus loin que Saint-Germain-des-Prés. Il y a toute une ?éducation à faire. Quand je pense qu’on me regarde bizarrement si j’évoque Gabrielle Roy, il ?y a du chemin à parcourir. (Et moi, il faut que je retourne à la Librairie du Québec, qui a au ?moins le mérite d’exister, et dont le personnel vous communique un enthousiasme certain ?pour des littératures méconnues).?

    PS: Si on vent d’un bon roman québécois, ne pas hésiter à commander chez son libraire, même s’il doit ouvrir de grands yeux étonnés. Et ne pas s’inquiéter des particularités liguistiques. Elles ne sont pas si insurmontables. Et au pire, on trouve sur le net de petits lexiques qui permettront d’y voir plus clair.

  13. olivier dit :

    merci beaucoup à vous pour vos réponsesque le 15 s’est pour le SAMU d’accord est-ce que par hasard le 18 vous sert à quelque chose parce que dans un documentaire médical doublé en France très intéressant on n’arrêtait pas de m’envoyer le 18 à chaque fois qu’on semblait parler du 911 remarqué pour un Français qui voudrait écouter les simpson en québécois au début ça doit pas être évident , merci beaucoup à tous

  14. Audrey dit :

    @JC Heckers : ton analyse est très juste je pense. Même les éditeurs hors Paris ont du mal à entrer en librairies et à avoir un peu de presse dans des quotidiens, hebdo et mensuels nationales. Tout est une question de pouvoir et de fric, c’est comme pour tout ! Ceci dit, je pense que les librairies vont être amenées à se réinventer avec les livres numériques et que c’est peut-être par cette entrée là que les livres québécois vont pouvoir rentrer en France. Avec Internet, les lecteurs peuvent aller à la recherche d’autres choses que les livres de Nothomb, ou Lévy et les éditeurs québécois ou provinciaux vont peut-être arriver à tirer leurs épingles du jeu !

    @Olivier : le 18, c’est pour joindre les pompiers. Il faut savoir qu’en France, on appelle les pompiers un peu pour tout : urgences médicales, feu, chat coincé dans un arbre, dès qu’il se passe quelque chose, notre réflexe c’est d’appeler les pompiers sauf quand c’est criminel alors là on appelle la police via le 17.
    Le 15, 17 et 18 sont les trois numéros d’urgence qu’on apprend très vite aux enfants, en général, à 6-7 ans, ils savent distingués ces trois numéros. De toute façon, ils sont reliés entre eux, si tu appelles le 17 par erreur pour un feu, ils vont pouvoir t’envoyer les pompiers.

  15. olivier dit :

    bons et bien je peux aller en France en toute sécurité je sais qui appelé maintenant.
    blague à part j’ai fini ton roman ce soir et c’était vraiment formidable ça m’a pris quatre jours quatre jours un record pour moi. la dernière fois que ça ma fais sa c’est en lizan anne et la maison aux pignons verts de Lucie Moud Montgomerie je voulais aller dormir mais à chaque fois je tournais la prochaine page et je continuais encore j’ai presque fini par croire que isa étaient vivantes tu sais à voilà que je te tutoie maintenant tu sais les livres pour filles qui commence par chère lectrice j’adore ça et oui je confesse j’adore ça on les achète dans les supermarché et ça ne coûte pas cher et ça finit toujours bien. mais avec passionnément givrés c’était 100 fois mieux les personnages les situations les dialogues. les dialogues tu les prends ou? quand Maxime parle à Isa à la cabane à sucre j’ai dû relire tous sa au moins cinq fois c’était beau tu comprends maintenant pourquoi j’attends la suite j’espère qu’Isa ne meurent pas du cancer dans le troisième tome comme la fille dans love story je blaguait. olivier un fanne

  16. Audrey dit :

    C’est vraiment super gentil de m’écrire tout ça. Pour te répondre, je ne sais pas d’où je prends mes dialogues, je me mets dans la peau des personnages, dans l’ambiance de la scène et j’écris. Sinon t’inquiète pas, je n’ai l’intention de tuer Isa à la fin de la trilogie ! ;-)

  17. LL dit :

    Ben, pourquoi d’après toi, Amélie Nothomb s’est trouvée un éditeur français et non, belge? (Parce que, oui, elle est belge…j’en ai assez d’entendre les français la qualifier d’auteur française !)
    Qui, des deux, est le plus réputé? Albin Michel ou une quelconque maison d’éditions belge?
    Si elle avait été publiée chez la deuxième, aurait-elle connu le même succès? J’ai un doute.

  18. Audrey dit :

    Oui je sais que Nothomb est belge mais qu’est-ce que ça change ? Et effectivement, je ne crois pas qu’elle aurait eu le même succès chez un éditeur belge, je trouve même qu’elle se repose pas mal sur ses lauriers la dame avec ses derniers romans mais bon, c’est une autre histoire ça.

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