Dans tous les livres de création littéraire, une des premiers conseils qu’on donne aux auteurs, c’est d’écrire en montrant et non en racontant. “To show, not tell” comme on dit en anglais. En lisant un livre pour ados cet été, je me suis rendu compte à quel point cette “règle” est importante. Bien sûr, on ne peut pas tout montrer sinon il faudrait écrire des livres de 1000 pages mais les choses essentielles, je crois sincèrement qu’il faut les montrer.
Quant je lisais ce livre sur le plage, je n’arrivais à embarquer dans l’histoire, je n’arrivais pas à m’attacher aux personnages, et je ne savais pas pourquoi jusqu’à ce que je m’aperçoive que c’était parce que presque rien n’était montré. Tout était raconté.
On avait le début de la scène avec une fin plus ou moins punchée et au chapitre suivant, l’héroïne nous racontait la suite des événements. Chaque fois j’étais déçue. J’aurais tellement voulu voir les scènes où une des filles est convoquée dans le bureau du principal après avoir giflée un des ses camarades de classe, j’aurais tellement aimé voir la réaction de ses parents au lieu de lire que son père était en colère.
Pareil quand elle se disait amoureuse. D’accord mais si tu fais juste me le dire, ça ne me fait rien. Si je vois que ton cœur explose dès qu’il t’appelle, si je vois que tu penses à lui pendant un contrôle de maths super important, si je vois que tu ne dors plus ou que tu lui donnes un rein, là je m’identifie et j’embarque. C’est drôle de voir une “règle” prendre tout son sens en lisant un livre qui ne la met pas en pratique.
Je n’aime pas le mot règle associé à l’écriture parce que j’ai l’impression que cela inhibe la création, mais il est vrai que lire un livre où tout n’est que raconté, c’est comme manger du chocolat mais sans le goût (bon, je dis ça, mais je déteste le chocolat !). En tout cas, imaginez que vous mangez un de vos plats favoris, que vous attendez et attendez encore que vos papilles soient subjuguées mais non, rien à faire. La saveur n’est pas au rendez-vous.
Dommage.







Je déteste aussi les règles, autant que les étiquettes. Je voudrais donc écrire selon mon bon vouloir. Et je dois bien avouer que je suis de celles qui préfèrent cent fois mieux dire ce que je pense, ce que je ressens que de le “montrer”. D’où peut-être tant de refus à mon actif. Et je n’ai aucune crédibilité pour imposer mon style qui ressemble plus aux récits qu’aux romans dont les éditeurs raffolent.
Je suis un curieuse… De quelle roman tu parles, Audrey?
shit… méga faute!
Je me reprends… De quel roman tu parles, Audrey?
Quel!!!
@Claudel : je crois que tout dépend de l’histoire et des émotions qu’on veut faire passer. Personnellement, j’accroche bcp plus si on me montre des sentiments que si on me les dit. Mais ça doit dépendre de la sensibilité de chacun.
@Annie : c’est un roman français sorti cet été, je préfère ne pas écrire le titre ici parce que je trouve ça méchant de casser un livre d’une petite maison d’édition et dont personne ne parle. Si tu veux, je t’envoie le titre par mail.
Oh intéressant ! Je vais retenir cette règle !
En passant, le nouveau site est magnifique
Ça donne le goût de partir au galop dans les feuilles mortes !
Merci !
Ah un galop dans les champs !