Je n’ai pas de rituels d’écriture, pas d’endroits préférés ou de chansons favorites pour écrire, pas de moments particuliers. J’écris et c’est tout. Par contre, il y a une chose que je fais toujours deux fois : j’imprime le premier jet de mon roman sur papier pour me relire et je le réimprime à nouveau avant de l’envoyer à ma directrice littéraire après la réécriture pour approbation finale.
Je ne sais pas pourquoi mais je trouve que la lecture n’est pas la même sur papier que sur l’écran d’un ordinateur. On voit des choses qu’on ne voit pas avant. Je trouve que je corrige toujours plus facilement mon style sur papier. J’apprécie le rythme de mes phrases, le choix de mes mots, je vois ce qui ne fonctionne pas dans le texte. C’est après avoir fait cette lecture que je peux envoyer mon roman à ma maison d’édition.
Je suis rendue à cette étape pour le tome I dans ma série pour ados. Je suis vraiment dans le détail, je change un mot pour un autre, raccourci les trop longues phrases, traque les répétitions et… commence à poser des questions sur sa publication. Je ne sais pas du tout quand ce roman verra le jour, quelque part en 2011 j’imagine. Comment sera-t-il reçu ? On a toujours des attentes quand on publie. Pour ma trilogie, je sais ce que je peux espérer comme chiffre de ventes pour le tome 2 et 3 étant donné les ventes du tome 1 mais pour ce roman, c’est le brouillard. Je ne sais même pas quelles sont les ventes moyennes d’un roman jeunesse.
En tout cas, je sais que j’ai donné le meilleur de moi-même et la suite ne m’appartient plus vraiment. J’ai maintenant hâte d’attaquer la partie illustrations, mais ce ne sera pas avant cet automne / hiver !







Est-ce que tu fais les illustrations aussi?
Est-ce à dire que tu écris ton premier jet à l’ordi?
J’imprime aussi, mais bien plus que deux fois. Il peut arriver que j’imprime quelques pages tellement il y a eu de ratures et d’ajouts.
Et je lis à haute voix pour le rythme, le ton.
Quant aux répétitions, je les confie à Antidote qui les débusque bien mieux que mon oeil. Et qui m’aide pour trouver des synonymes ou des cooccurences. Même chose pour les phrases négatives.
Non, non, je suis vraiment nulle en dessin mais j’aimerais vraiment travailler avec une illustratrice pour la couverture et j’aimerais aussi qu’il y ait quelques illustrations à l’intérieur du livre, faut que j’en parle à mon éditrice mais ce ne sera pas avant l’approbation finale de mon manuscrit !
Sinon, je n’écris pas à la main, j’ai un carnet où je note mes idées, mais l’écriture en tant que tel se passe à l’ordi, je sais que ça me tannerait vite d’écrire à la main et de devoir raturer toutes les pages. Et puis j’apprécie bcp les fonctionnalités de word 2010 et d’avoir accès à tous mes doc de recherches ou à Internet en un seul clic.
Je me relis à voix haute aussi, surtout les dialogues, c’est indispensable je trouve. Et Antidote est également mon meilleur ami ces temps-ci, tout écrivain devrait investir dans ce logiciel.
Je fais la même chose (bon, je n’écris pas, je révise les autres
)! Ça donne une autre dimension à l’écriture et je trouve que ça permet d’avoir une plus grande distance avec le texte qu’on a écrit (ou déjà lu dans mon cas). Je trouve plus facile de lire ce qui est vraiment écrit plutôt que ce que je crois qu’il est écrit.
Je fais exactement comme toi: deux impression, la première avant d’envoyer à l’éditrice, la deuxième avant d’envoyer à l’imprimeur. Je ne m’étais jamais posé la question, mais en lisant ton billet, une hypothèse émerge en mon cerveau: je crois que la lecture sur papier nous permet de redevenir “lecteur” plutôt qu’écrivain, ce qui nous donne un oeil neuf (et cette distance mentionnée par Jessica) lors de la révision.
@Jessica : Oui, je pense que c’est ça : lire sur papier nous permet de prendre une distance par rapport à notre texte et le regard porté est forcément différent.
@Annie : Exactement, on essaie de se mettre dans la peau du futur lecteur et de voir ce que ses yeux verront. Très difficile pour moi, mais lire sur papier, c’est une étape dans ce sens.