Je me demande si avec les années, on arrive à juger ses manuscrits de manière objective ou si l’on doit accepter de toujours avoir des sentiments ambivalents en ce qui concerne notre travail.
Je travaille sur la correction de mon roman pour ados depuis deux mois maintenant. Au début, quand je me relisais et que je corrigeais, je trouve ça intéressant, bien écrit, drôle par moments et dramatique par d’autres. J’étais fière de mon manuscrit. Aujourd’hui, alors que j’en suis à ma “dernière” relecture, je suis plus mitigée. J’ai l’impression que l’histoire est banale, je trouve encore des tas de phrases écrites maladroitement et donc je suis moins satisfaite. C’est comme si mon manuscrit me soufflait le chaud et le froid en même temps. Un orage avec ça ?
Je sais, ce que je ressens est normal. Il faut se servir de cette insatisfaction pour se dépasser. C’est grâce à elle qu’on progresse, qu’on ne se repose pas sur ses lauriers, qu’on relève ses manches et qu’on continue de travailler. C’est grâce à elle qu’on arrive à livrer un manuscrit meilleur que l’original. OK. Je sais tout ça, mais c’est quand même assez tannant. Si quelqu’un pouvait inventer des lunettes qui permettraient aux auteurs de se relire ne serait-ce qu’une fois de manière objective, je suis sûre qu’il ferait fortune !
C’est peut-être parce que je sais que bientôt le texte sera figé pour toujours que je stresse. C’est difficile de se dire : OK, voilà, c’est ça qui sera publié. C’est tellement définitif. Bon, on n’en est pas encore là, mais on s’en approche petit à petit.
En tout cas, je vais continuer ma relecture et mes corrections en espérant que cette petite voix qui me martèle que ce que j’ai écrit est nul finisse par disparaitre. Et puis, j’ai quand même de le chance. Je ne suis pas seule à juger mon travail. Ma directrice littéraire est là et je sais que je peux compter sur elle pour me dire s’il reste encore oui ou non des choses à corriger dans mon manuscrit. Et ça, c’est un atout vraiment précieux.







Je te comprends, chère Audrey, J’ai passé plus d’une année à réviser mon manuscrit, j’ai dû faire appel à une conseillère littéraire et payer de ma poche pour recevoir une orientation dans mes réécritures. Pour moi, cette étape dans l’écriture d’un roman est la plus ardue, elle est celle où j’ai le plus à apprendre, mais elle est aussi la plus enrichissante. J’ai envoyé mon manuscrit, hier, alors que j’en avais commencé l’écriture en juin 2007… Je n’ai pas encore eu la chance comme toi d’avoir une éditrice ou un éditeur qui voulait s’engager avec moi pour plusieurs romans. Toi, au moins, tu es certaine que ce que tu écris va être publié, moi non…
Ne lâche pas ton beau travail !
A+
Annie
Amen to that!
Chère Audrey, tu m’enlèves les mots de la bouche! LOL
Incroyable comme on peut passer de la fierté aux doutes en un clin d’oeil. De là la nécessité d’une personne neutre et compétente à nos côtés. Vive les dir-litts
@Annie : Je sais que j’ai de la chance d’avoir une maison d’édition ouverte aux romans que je leur propose et j’ai aussi eu de la chance qu’ils lancent une collection pour ados quelques temps après que j’ai eu envie d’écrire pour les ados. Mon écriture s’est beaucoup améliorée grâce à mes directrices littéraires et je te souhaite de pouvoir développer la même genre de relation dans un avenir proche.
Je croise les doigts pour toi pour tes envois de manuscrits.
@Évelyne :
@Karuna : contente de pas être la seule de passer par là !
Le fait de travailler avec des éditeurs qui apprécient notre travail et qui désirent continuer à nous soutenir aide énormément: savoir que le roman intéresse un éditeur avant même qu’il soit écrit est un facteur qui me motive dans les périodes plus difficiles.
On ne lâche pas! Il y a beaucoup d’éditeurs à la recherche de bons romans, alors il faut toujours continuer!
Les mots qui seront figés pour toujours est probablement une cause à ton stress. Le fait que les autres qui sont objectifs vont y jetter un coup d’oeil et juger de ton travail en est un autre … finalement c’est stressant d’écrire
@Mathieu : j’avoue que savoir qu’un éditeur est intéressé par ce que j’écris motive énormément et surtout ça me permet de me consacrer à l’écriture et seulement l’écriture, sans me demander si ce que j’écris trouvera preneur un jour. Rien n’est jamais acquis ceci dit alors, au boulot !
@Isabelle : oh que oui, c’est stressant d’écrire et encore plus de publier mais d’un autre côté, qu’est-ce que c’est intense !
Je peux être ta lectrice objective si tu veux…
hihi Bonne chance dans tes corrections!
Merci pour la proposition, j’y penserai pour le tome 2. Là, je suis déjà rendue trop loin dans le processus éditorial. Et je viens de finir mes corrections, youhou ! Reste plus qu’à attendre la validation suprême de ma dir-litt !
Je sais comment vous vous sentez. Après une nouvelle révision, je commence à être fatigué de mon roman. Parfois, il suffit de départ sur une nouvelle histoire m’aide à me sentir heureux sur la modification de nouveau.
L’écriture a ses moments plus difficiles mais au bout du compte, on arrive toujours au bout !