Archives pour la Categorie ◊ Autour de la lecture ◊

Auteur: Audrey
• Jeudi 21 octobre 2010

Ecolefilms_Je lis beaucoup depuis que je prends le bus pour aller travailler, deux ou trois livres par semaine en moyenne. Ma pile de livres à lire descend tranquillement même si je continue de la remplir.

En ce moment, je tripe sur les classiques : Tolstoï, Dostoïevski, Émilie Brontë, Gabrielle Roy, Flaubert, ceux-là, je ne les lis pas en une semaine, je les garde pour des moments plus tranquilles qu’un trajet en autobus.

Et puis, à côté des classiques, je continue mon exploration de la littérature plus contemporaine.

La semaine passée, j’ai acheté un peu par hasard L’école des films de David Guilmour. J’avais entendu la fin d’une critique fort élogieuse sur Radio-Canada. En passant devant le livre, j’ai lu une page au hasard et je l’ai acheté. Et là, je dois dire : wow. J’ai vécu un coup de cœur littéraire comme je n’en avais pas vécu depuis longtemps.

En gros, c’est l’histoire (véridique) d’un décrocheur scolaire de seize ans avec lequel son père, David Gilmour, passe un pacte : il n’ira plus à l’école puisque l’école l’ennuie, mais il ne devra pas toucher à la drogue et il devra regarder trois films par semaine avec son père, des films que Gilmour choisira. Et là, c’est parti. On plonge dans une liste impressionnante de films, il faut dire que  Gilmour est un ancien critique de cinéma. Leur ciné-club durera trois ans et chaque film servira plus ou moins d’éducation à son fils. Certaines scènes sont analysées avec tellement de justesse qu’elles résonnent dans la vie de Jesse et dans la notre.

David Gilmour a le chic pour les phrases qui nous touchent en plein cœur. Il aborde des tas de sujets avec son fils : l’amour, l’amitié, les peines d’amour, les filles, l’école, l’avenir, les rêves, la musique, l’alcool, la drogue, et neuf fois sur dix, je me disais : c’est tellement ça. Il arrive à mette des mots sur des choses, des émotions, des événements qu’on vit tous mais qu’on ne parvient pas à décrire.

Gilmour pense qu’il faut toujours regarder un film deux fois et personnellement, je crois qu’on peut appliquer ce principe aux livres : la première fois, on est dans l’urgence, on est pris par l’histoire, on veut savoir la fin (dans L’école des films par exemple, j’avais vraiment hâte de savoir ce que Jesse deviendrait, quelle vie allait-il avoir en ayant abandonné l’école à seize ans ?) Ce n’est que lors de la deuxième fois qu’on prend vraiment le temps d’apprécier chaque image ou chaque phrase, chaque scène, ou chaque mot.

Mais, au delà de ces regards sur la vie, ce qui m’a touchée en plein cœur dans ce livre, c’est la relation entre le père et son fils. J’ai toujours cru (avec une certaine naïveté) qu’une mère était toujours un peu plus proche de ses enfants, aujourd’hui, je jalouse quelque chose que je ne connaitrais jamais : une relation père-fils comme celle de David et Jesse. Il y a des choses qu’on en peut dire qu’à un père. C’est comme ça. Tout comme il y a des choses qu’on ne peut dire qu’à une mère.

L’école des films est un hymne à l’amour : l’amour filiale, l’amour des filles, l’amour des films, l’amour de la vie. Et il est certain que je relirai ce livre bientôt, pour mieux le redécouvrir et le savourer encore plus, si c’est possible.

Auteur: Audrey
• Lundi 14 décembre 2009

roman ados copieDepuis que j’écris pour les adolescents, je me suis plongée avec plaisir dans les romans pour ados. J’avais envie de rentrer dans leur univers et de comprendre ce qui leur plaît.

Je me suis ainsi plongée dans la populaire série québécoise le journal d’Aurélie Laflamme d’India Desjardins dont le premier tome sortira sur les écrans québécois en avril 2010.

Je me suis aussi laissée emporter par la série (K) de Sophie Bienvenue qui m’a vraiment touchée. Je me suis beaucoup attachée au personnage de Kévin, bon OK, je suis littéralement tombée amoureuse de lui et j’ai trouvé que l’auteure rendait vraiment bien les sentiments amoureux des protagonistes. Seul gros bémol : la fin ouverte. Je déteste ce genre de fin. Je trouve qu’il est de la responsabilité de l’auteur de terminer correctement l’histoire qu’il a commencée et d’écrire une fin qui répondent à toutes les questions. Mais bon, question de point de vue, et la fin n’entache en rien ou presque le plaisir que j’ai eu à lire cette série.

Et puis, hier j’ai ouvert un merveilleux livre que je n’ai pas pu lâcher avant 2 heures du matin. Ça ne m’était pas arrivé depuis plusieurs années de rester accrochée à un roman comme ça. L’histoire était on ne peut plus classique : la naissance d’un premier amour entre un garçon et une fille de 13-14 ans, mais qu’est-ce que j’ai pu aimé la fraîcheur des personnages, la poésie de l’écriture, la beauté des sentiments. Pourtant, je n’ai pas du tout cru au personnage de Clélia, une jeune fille qui parle comme si elle vivait au 18e siècle, qui connaît tous les classiques littéraires par cœur, qui porte un veste jaune trop grande et dont le meilleur ami est un arbre. Je n’y ai pas cru parce que des jeunes filles comme ça n’existent pas (et c’est dommage) mais Clélia m’a permis d’entrer dans un autre monde, un monde où l’imaginaire et l’innocence règnent, un monde où des jeunes filles se confient aux arbres et s’enfichent de ce que les autres pensent. Et c’est ça, précisément, qui m’a touchée.

Et si Clélia me permettait de rêver, Tristan, lui, me permettait de garder les pieds sur terre. Tristan est un garçon comme les autres, il vit dans une cité, il essaie de rester dans le droit chemin, il est tiraillé entre ses sentiments pour Clélia et ses amis qui la trouvent bizarre (et pour cause !), ses amis qui le pousseront à commettre un acte stupide et méchant envers Clélia, au risque de la perdre pour toujours.

J’ai vraiment aimé l’univers dans lequel l’auteur a dépeint ses personnages. Je me suis laissée emporter avec eux, j’ai aimé, pleuré, souffert avec eux. Seul point négatif : on sent trop que l’auteur a voulu parler comme des jeunes de cité en écrivant les dialogues et ça ne prend absolument pas. Il utilise des mots, pensant que les jeunes parlent ainsi, mais il se trompe. D’ailleurs, ça m’a vraiment convaincue de ne pas tomber dans ce travers avec ma série ados. Bien sûr, mes personnages ne parleront pas comme des adultes mais il n’y aura pas de langage supposément jeune dans mes dialogues.

En tout cas, je vous conseille vraiment ce roman, le titre c’est : Tour B2, mon amour de Pierre Bottero

Auteur: Audrey
• Vendredi 25 septembre 2009

nelly-arcandJe me réveille et qu’est-ce que j’apprends ? La mort de Nelly Arcan, probablement due à un suicide. Le choc.

35 ans de la demoiselle et une plume qui ne pouvait laisser personne indifférent. Je n’ai lu d’elle que Folle qui ne m’a pas transcendée mais qui prouvait sans conteste qu’on était face à quelqu’un qui possédait beaucoup de talent. Quand je pense aux livres qu’elle aurait pu écrire et qu’elle n’écrira pas. C’est une perte poignante pour ses proches mais aussi pour la littérature. Ironie du sort : je suis sûre que ses romans vont s’envoler comme des petits pains durant les prochaines semaines.

C’est triste un suicide, pour tout le monde. Pour les proches et pour celle qui est partie. On repense à la détresse  sous-jacente dans ses bouquins et on se dit que la souffrance est partout et que souvent, on n’arrive pas à voir à quel point elle est profonde, au point que quelqu’un commette l’irréparable.

Espérons que Nelly a trouvé dans la mort une paix qu’elle n’a pas su trouver ici.

La vie est fragile. Cet été aura connu son lot de disparitions. Carpe Diem, mes chers lecteurs.

Photo: Marcelo Troche

Auteur: Audrey
• Dimanche 29 mars 2009

Nathaly m’a taguée pour que je réponde à ce questionnaire sur les livres et la lecture, ça ne pouvait pas mieux tomber. Qu’est-ce qu’une romancière fait à part écrire ? Elle lit. Alors voici !

1. Plutôt corne ou marque-page?

J’adore collectionner les marque-pages, mais j’avoue que je corne les pages de mes livres. Ça laisse des traces de lecture, des traces de vies.

2. Un livre en cadeau ?

Faut que je choisisse un livre que je veux qu’on m’offre là ? Autant demander à un enfant dans un magasin de jouet d’en choisir un ! Alors là seule chose que je dirai c’est oui : offrez moi un certificat cadeau d’une librairie et je vous aimerai jusqu’à la fin de ma vie !

3. Lis-tu dans ton bain ?

Oui, je le faisais, mais les baignoires au Québec sont trop petites pour contenir mes 1m07 de jambes donc j’ai perdu cette habitude. Mais c’était plus des magazines que des livres que je lisais.

4. As-tu déjà pensé à écrire un livre ?

Euh, ben… ouais. Vous avez vous la belle couverture qui trône dans la colonne de droite de mon site sous le titre MON ROMAN ? Yes, c’est le mien ! ;-)

5. Que penses-tu des séries de plusieurs tomes ?

En réalité, vu que les séries sont plutôt issues de la littérature fantastique et que je n’en lis pas, je n’ai pas vraiment d’avis. J’ai lu Confessions of a Shopaholic, j’ai bien aimé mais ça ne m’a pas donné envie de lire la suite.

Bon évidemment, je suis entrain d’écrire une série donc j’en pense du bien, mais d’un point de vue d’auteur. J’aime retrouver mes personnages et les faire évoluer.

6. As-tu un livre culte ?

Non, impossible de choisir. Je suis en train de découvrir Paul Auster que j’adore. Ensemble, c’est tout de Anna Gavalda a été un coup de cœur incroyable. Mais de là à dire que j’ai un livre ou même un auteur culte ? Non désolée, je ne suis pas la femme d’un seul livre.

7. Aimes-tu relire?

Non, ou alors seulement quelques passages. Par contre j’adore avoir dans ma bibliothèque des livres que j’ai aimé, juste pour savoir qu’ils sont là.

8. Rencontrer ou ne pas rencontrer les auteurs de livres qu’on a aimés ?

Évidemment : les rencontrer. Pour discuter, échanger, partager, apprendre, autant d’un point de vue d’auteure que de lectrice.

9. Aimes-tu parler de tes lectures ?

Oui, avec des passionnées de lecture.

10. Comment choisis-tu tes livres ?

Par instinct, coup de coeur, recommandations, couvertures, nom d’auteur, conseils, tout.

11. Une lecture inavo

Auteur: Audrey
• Mercredi 11 février 2009

Il y a quelques temps, j’ai lu un article dans Le Devoir (oui, encore !) qui parlait des nouveautés littéraires de 2009. J’ai retenu le titre “Sous la toge” de Nathaly Dufour parce que j’aimais bien la description que la journaliste en faisant et parce qu’après avoir lu la quatrième de couverture, j’étais certaine de vouloir le lire. Le hasard a voulu que Nathaly soit une des lectrices de mon blogue depuis quelques temps et me laisse un commentaire pour la première fois, deux jours après ma lecture de cette article du Devoir.

S’en est suivi un échange de courriels ainsi qu’une invitation à son lancement qui a eu lieu lundi soir au pub de l’université Laval. J’ai alors eu le plaisir de rencontrer Nathaly et sa sœur, deux personnes vraiment très chaleureuses, ainsi que le chum d’une de ses amis qui est Français et avec qui j’ai échangé de longues impressions sur le Québec et la France, et plusieurs autres personnes présentes. De belles rencontres et j’ai adoré l’effervescence qui régnait. L’enthousiasme aussi.

Nathaly et sa sœur ont également eu la gentillesse de parler de mon roman à leur entourage et j’ai dû pour la première fois résumer mon roman à ceux qui me l’ont demandé. Un bel exercice pour ce qui s’en vient.

J’aime toujours autant rencontrer des auteurs, pouvoir échanger  nos expériences, j’espère que le salon du livre de Québec me permettra de le faire encore plus en profondeur.

Pour en revenir à “Sous la toge”, voici la quatrième de couverture.

Caroline, stagiaire dans un prestigieux cabinet d’avocats, a du talent, du bagout et un très fort caractère. Mais à 25 ans, une carrière en droit, est-ce vraiment ce qu’elle veut ? L’écart entre les études et la pratique la déconcerte.
Caroline n’est pas seule dans cette galère. Il y a Valérie et Eugénie, les copines du bac qui, elles aussi, se frottent à cette réalité. Ensemble, elles tentent de tout régler, y compris la recherche de l’âme sœur. Ce sont les Con-ci-lia-Bulles !
Leur rituel sacré dans les temps de doutes, de peines. Des rencontres gastronomiques arrosées de bubulles.
Et puis il y a Daniel, l’amoureux de Caroline, stagiaire au bureau du procureur de la Couronne. Le hic est que le bel anglophone est bisexuel.

J’ai étudié en droit moi aussi en France, pendant trois ans, avant de changer de voie alors lire les doutes d’une jeune femme concernant son avenir professionnel, j’étais certain que cela allait me rejoindre. Sans compter les copines, les soirées alcoolisées, l’histoire d’amour à problème, et cerise sur le sundae, un cadre familier puisque l’intrigue prend place à Québec.

Je n’ai vraiment pas été déçue. J’ai lu ce livre en deux jours à peine, me laissant emporter par la plume de Nathaly et les doutes puis la force de Caroline, son héroïne, que ce soit avec Daniel, son chum ou par rapport à sa vie professionnelle. J’ai trouvé qu’on ressentait parfaitement l’ambiance du cabinet d’avocat, les différences de traitements envers les hommes et les femmes, et le harcèlement sexuel dont est victime Caroline. Mais elle ne se laisse pas faire et j’ai été très fière d’elle à la fin. Seul hic, j’ai rencontré le point final trop tôt, j’aurais aimé en savoir plus sur l’après, que ce soit au niveau professionnelle que privé. Une suite est en cours de rédaction ce qui devrait satisfaire ma curiosité.

Ce que j’ai aimé surtout, c’est la manière habile de mêler les choses plus graves (harcèlement, problème de conscience, équité devant la justice) et les choses plus légères (le sexe, les discussions de filles) J’aime me détendre et réfléchir en même temps .

C’est ce que j’ai essayé de faire avec mon roman et j’espère que le résultat sera aussi harmonieux que “Sous la toge”

Un beau moment de lecture que je ne peux que vous conseiller.

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