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Auteur: Audrey
• Lundi 14 décembre 2009

roman ados copieDepuis que j’écris pour les adolescents, je me suis plongée avec plaisir dans les romans pour ados. J’avais envie de rentrer dans leur univers et de comprendre ce qui leur plaît.

Je me suis ainsi plongée dans la populaire série québécoise le journal d’Aurélie Laflamme d’India Desjardins dont le premier tome sortira sur les écrans québécois en avril 2010.

Je me suis aussi laissée emporter par la série (K) de Sophie Bienvenue qui m’a vraiment touchée. Je me suis beaucoup attachée au personnage de Kévin, bon OK, je suis littéralement tombée amoureuse de lui et j’ai trouvé que l’auteure rendait vraiment bien les sentiments amoureux des protagonistes. Seul gros bémol : la fin ouverte. Je déteste ce genre de fin. Je trouve qu’il est de la responsabilité de l’auteur de terminer correctement l’histoire qu’il a commencée et d’écrire une fin qui répondent à toutes les questions. Mais bon, question de point de vue, et la fin n’entache en rien ou presque le plaisir que j’ai eu à lire cette série.

Et puis, hier j’ai ouvert un merveilleux livre que je n’ai pas pu lâcher avant 2 heures du matin. Ça ne m’était pas arrivé depuis plusieurs années de rester accrochée à un roman comme ça. L’histoire était on ne peut plus classique : la naissance d’un premier amour entre un garçon et une fille de 13-14 ans, mais qu’est-ce que j’ai pu aimé la fraîcheur des personnages, la poésie de l’écriture, la beauté des sentiments. Pourtant, je n’ai pas du tout cru au personnage de Clélia, une jeune fille qui parle comme si elle vivait au 18e siècle, qui connaît tous les classiques littéraires par cœur, qui porte un veste jaune trop grande et dont le meilleur ami est un arbre. Je n’y ai pas cru parce que des jeunes filles comme ça n’existent pas (et c’est dommage) mais Clélia m’a permis d’entrer dans un autre monde, un monde où l’imaginaire et l’innocence règnent, un monde où des jeunes filles se confient aux arbres et s’enfichent de ce que les autres pensent. Et c’est ça, précisément, qui m’a touchée.

Et si Clélia me permettait de rêver, Tristan, lui, me permettait de garder les pieds sur terre. Tristan est un garçon comme les autres, il vit dans une cité, il essaie de rester dans le droit chemin, il est tiraillé entre ses sentiments pour Clélia et ses amis qui la trouvent bizarre (et pour cause !), ses amis qui le pousseront à commettre un acte stupide et méchant envers Clélia, au risque de la perdre pour toujours.

J’ai vraiment aimé l’univers dans lequel l’auteur a dépeint ses personnages. Je me suis laissée emporter avec eux, j’ai aimé, pleuré, souffert avec eux. Seul point négatif : on sent trop que l’auteur a voulu parler comme des jeunes de cité en écrivant les dialogues et ça ne prend absolument pas. Il utilise des mots, pensant que les jeunes parlent ainsi, mais il se trompe. D’ailleurs, ça m’a vraiment convaincue de ne pas tomber dans ce travers avec ma série ados. Bien sûr, mes personnages ne parleront pas comme des adultes mais il n’y aura pas de langage supposément jeune dans mes dialogues.

En tout cas, je vous conseille vraiment ce roman, le titre c’est : Tour B2, mon amour de Pierre Bottero

Auteur: Audrey
• Vendredi 25 septembre 2009

nelly-arcandJe me réveille et qu’est-ce que j’apprends ? La mort de Nelly Arcan, probablement due à un suicide. Le choc.

35 ans de la demoiselle et une plume qui ne pouvait laisser personne indifférent. Je n’ai lu d’elle que Folle qui ne m’a pas transcendée mais qui prouvait sans conteste qu’on était face à quelqu’un qui possédait beaucoup de talent. Quand je pense aux livres qu’elle aurait pu écrire et qu’elle n’écrira pas. C’est une perte poignante pour ses proches mais aussi pour la littérature. Ironie du sort : je suis sûre que ses romans vont s’envoler comme des petits pains durant les prochaines semaines.

C’est triste un suicide, pour tout le monde. Pour les proches et pour celle qui est partie. On repense à la détresse  sous-jacente dans ses bouquins et on se dit que la souffrance est partout et que souvent, on n’arrive pas à voir à quel point elle est profonde, au point que quelqu’un commette l’irréparable.

Espérons que Nelly a trouvé dans la mort une paix qu’elle n’a pas su trouver ici.

La vie est fragile. Cet été aura connu son lot de disparitions. Carpe Diem, mes chers lecteurs.

Photo: Marcelo Troche

Auteur: Audrey
• Mercredi 11 février 2009

Il y a quelques temps, j’ai lu un article dans Le Devoir (oui, encore !) qui parlait des nouveautés littéraires de 2009. J’ai retenu le titre “Sous la toge” de Nathaly Dufour parce que j’aimais bien la description que la journaliste en faisant et parce qu’après avoir lu la quatrième de couverture, j’étais certaine de vouloir le lire. Le hasard a voulu que Nathaly soit une des lectrices de mon blogue depuis quelques temps et me laisse un commentaire pour la première fois, deux jours après ma lecture de cette article du Devoir.

S’en est suivi un échange de courriels ainsi qu’une invitation à son lancement qui a eu lieu lundi soir au pub de l’université Laval. J’ai alors eu le plaisir de rencontrer Nathaly et sa sœur, deux personnes vraiment très chaleureuses, ainsi que le chum d’une de ses amis qui est Français et avec qui j’ai échangé de longues impressions sur le Québec et la France, et plusieurs autres personnes présentes. De belles rencontres et j’ai adoré l’effervescence qui régnait. L’enthousiasme aussi.

Nathaly et sa sœur ont également eu la gentillesse de parler de mon roman à leur entourage et j’ai dû pour la première fois résumer mon roman à ceux qui me l’ont demandé. Un bel exercice pour ce qui s’en vient.

J’aime toujours autant rencontrer des auteurs, pouvoir échanger  nos expériences, j’espère que le salon du livre de Québec me permettra de le faire encore plus en profondeur.

Pour en revenir à “Sous la toge”, voici la quatrième de couverture.

Caroline, stagiaire dans un prestigieux cabinet d’avocats, a du talent, du bagout et un très fort caractère. Mais à 25 ans, une carrière en droit, est-ce vraiment ce qu’elle veut ? L’écart entre les études et la pratique la déconcerte.
Caroline n’est pas seule dans cette galère. Il y a Valérie et Eugénie, les copines du bac qui, elles aussi, se frottent à cette réalité. Ensemble, elles tentent de tout régler, y compris la recherche de l’âme sœur. Ce sont les Con-ci-lia-Bulles !
Leur rituel sacré dans les temps de doutes, de peines. Des rencontres gastronomiques arrosées de bubulles.
Et puis il y a Daniel, l’amoureux de Caroline, stagiaire au bureau du procureur de la Couronne. Le hic est que le bel anglophone est bisexuel.

J’ai étudié en droit moi aussi en France, pendant trois ans, avant de changer de voie alors lire les doutes d’une jeune femme concernant son avenir professionnel, j’étais certain que cela allait me rejoindre. Sans compter les copines, les soirées alcoolisées, l’histoire d’amour à problème, et cerise sur le sundae, un cadre familier puisque l’intrigue prend place à Québec.

Je n’ai vraiment pas été déçue. J’ai lu ce livre en deux jours à peine, me laissant emporter par la plume de Nathaly et les doutes puis la force de Caroline, son héroïne, que ce soit avec Daniel, son chum ou par rapport à sa vie professionnelle. J’ai trouvé qu’on ressentait parfaitement l’ambiance du cabinet d’avocat, les différences de traitements envers les hommes et les femmes, et le harcèlement sexuel dont est victime Caroline. Mais elle ne se laisse pas faire et j’ai été très fière d’elle à la fin. Seul hic, j’ai rencontré le point final trop tôt, j’aurais aimé en savoir plus sur l’après, que ce soit au niveau professionnelle que privé. Une suite est en cours de rédaction ce qui devrait satisfaire ma curiosité.

Ce que j’ai aimé surtout, c’est la manière habile de mêler les choses plus graves (harcèlement, problème de conscience, équité devant la justice) et les choses plus légères (le sexe, les discussions de filles) J’aime me détendre et réfléchir en même temps .

C’est ce que j’ai essayé de faire avec mon roman et j’espère que le résultat sera aussi harmonieux que “Sous la toge”

Un beau moment de lecture que je ne peux que vous conseiller.

Auteur: Audrey
• Samedi 31 janvier 2009

Note à moi-même : ne plus aller traîner dans les librairies un vendredi soir, après que mon salaire gagné a la sueur de mon front ait été déposé sur mon compte, parce que voilà le résultat (vous pouvez cliquer sur la photo pour l’agrandir )

Ma pal (pile de livres à lire) vient de gonfler, comme si je n’en avais pas assez comme ça et ma carte de crédit continue d’atteindre des sommets. Vous pouvez cliquer sur la photo pour voir le prix et avoir une crise cardiaque.

Je trouve que les prix des livres sont du véritable vol et après ne nous demandons pas pourquoi les Québécois ne lisent pas. Pour 122 dollars (environ 90 euros) j’aurais pu avoir une douzaine de livres de poche en France et 7-8 livres format normal. Là, je n’ai 3 livres de poche et 3 livres format classique.

Vivement mon voyage en France que je fasse une razzia sur les bouquins ! L’année dernière, j’avais rapporté une quinzaine de livres !

J’ai décidé de tenir le compte de mes lectures à la fin de chaque mois. Janvier a été un petit mois par manque de temps. Et le soir j’étais tellement crevée que je lisais à peine 5 minutes avant de m’endormir.

Donc ce fut :

Lady Susan de Jane Austen (littérature anglaise)
Qui se souvient de David Foenkinos ?
de David Foenkinos (littérature française)
Au passage
d’Émmanuel Bouchard (littérature québécoise)
92 jours
de Larry Brown (littérature américaine)
Diaporama
de Agathe Colombier Hochberg (littérature française)

Et à mes heures perdues, je relis quelques pages des Hauts des Hurlevents parce que j’adore l’écriture d’Émilie Brontë.

J’ai beaucoup aimé flâné chez Renaud-Bray, regarder les clients prendre un livre, le retourner, lire la 4e de couverture, le redéposer ou l’emporter, je me demande ce qui se passe dans leur tête, comment il décide de prendre ou non un livre. Je crois que quand mon roman sera sorti, je vais poster dans un coin comme une psychopathe et observer les gens s’approcher de mon livre, feuilleter quelques pages et… l’emporter ! Sinon pouf, une balle directe en plein cœur.

Mais nan, je plaisante.

Mais je me demande quand même ce que ça doit faire de voir quelqu’un acheter son livre.

Tiens, en passant, Evelyne, si tu me lis, j’ai vu une fille acheter ton roman hier soir.

Auteur: Audrey
• Lundi 17 novembre 2008

La salon du livre de Montréal a lieu en fin de semaine et je ne sais toujours pas si j’ai envie d’aller y faire un tour. Il y a bien quelques conférences qui m’intéressent samedi et dimanche mais elles ne m’excitent pas au point de vouloir faire plus de cinq cents kilomètres aller-retour en deux jours. J’irai bien faire un coucou à Caroline et à quelques auteurs que je connais virtuellement mais je ne sais pas, j’hésite.

J’ai été assez déçue de mon passage au salon du livre l’an passé. Il y a avait plein de monde, trop, et j’ai trouvé que cela ressemblait juste à une immense librairie avec des livres de cuisine à perte de vue.

À mon avis, ce sera pareil cette année.

J’aimerais tellement entendre des conférences sur l’écriture, sur le processus éditorial, sur les coulisses de l’édition, sur l’avenir du livre du Québec, l’avenir du livre francophone dans le monde, mais non. Rien que de ce genre, ou en tout cas, pas la fin de semaine. Je n’ai pas regardé la programmation des autres jours puisque de toute façon, je ne pourrais pas y aller.

Bref, je ne suis pas encore décidée !

Auteur: Audrey
• Jeudi 16 octobre 2008

Quand on écrit, on finit toujours à un moment à attendre des retours de la part des lecteurs. On écrit parce qu’on espère toucher, parce qu’on a quelque chose à partager. Même si les critiques nous angoissent, elles sont nécessaires. Tous les auteurs souhaitent voir apparaitre leurs livres dans la presse parce que cela leur donne une certaine légitimité, comme quand un éditeur décide de nous publier, on se dit qu’on a raison d’écrire, qu’on a un certain talent.

Je suis abonnée au Devoir du week-end pour avoir accès aux chroniques littéraires, je lis le Soleil le dimanche pour les critiques littéraires. Ce que je constate, c’est que peu de journalistes savent faire des critiques dans la règle de l’art, à savoir ne pas trop en dire sur l’intrigue et étayer son point de vue avec des exemples tirés du livre.

Beaucoup de critiques négatives que je lis me choquent parce qu’elles manquent tellement de respect pour l’auteur. Quand une personne dit qu’un livre est nul, qu’il vaut mieux ne pas perdre son temps à le lire parce qu’elle n’a pas aimé, c’est un manque de respect pour le travail de l’auteur et l’éditeur. (J’ai lu une critique de ce genre dimanche passé et ce n’était pas la première fois ) Qui est-elle pour énoncer ainsi quelque chose qu’elle pense être la vérité ? Quelle est sa crédibilité ? Ce journaliste n’a même pas pris la peine de développer son point de vue, pourquoi ce livre est-il nul selon lui ? Je ne l’ai jamais su en profondeur. Ce que je retrouve beaucoup dans les critiques c’est “l’intrigue n’est pas crédible, ou trop mince, les personnages sont inconsistants, le style est bâclé” mais aucun exemple tiré du livre pour appuyer ces dires. C’est un peu facile tout ça et pas assez pour déclarer un livre nul.

Julie Gravel-Richard a fait face ce week-end à une critique dans la Presse par une journaliste lui reprochant de manquer d’âme. Comment une journaliste peut-elle écrire cela ? Entre juger son auteur et son roman, il y a un monde qu’elle n’a pas hésité à franchir et qui démontre son amateurisme.

Comment devient-on critique au Québec ? Avec un bacc en littérature, en journalisme, parce qu’on aime lire ? Je ne sais pas mais avec le temps j’en arrive à me dire que peu de critiques sont crédibles. Bien sûr, cela apporte une visibilité et même si on en parle en mal, au moins on parle du livre mais je crois que lorsque mon roman sortira, ce qui me touchera le plus et me fera réfléchir, ce seront les réactions des lecteurs anonymes.

Pas celles des journalistes qui devraient apprendre à éviter d’énoncer leur opinion, qui est de facto subjective, comme la vérité pure et respecter un peu plus le travail de l’auteur. Le problème, c’est qu’un critique rejoint des milliers de lecteurs et c’est là où le bât blesse. Quand mon roman sera sorti, si un critique l’égratigne, ça va me faire mal de savoir que des centaines et des centaines personnes auront lu son opinion et l’admettront peut-être comme la vérité et que je ne pourrais rien faire contre ça. Et c’est pour cette raison que les critiques devraient faire attention à ce qu’ils écrivent