Archive for the "Autour des auteurs" Category

Ken Follett était à Tout le monde en parle ce soir pour la promotion de son dernier roman Un monde sans fin. Ce que je retiendrais de son entrevue, en plus du français quasiment impeccable de cet auteur :

Guy A. Lepage : Quel conseil donnez-vous aux écrivains en herbe qui vous contactent ?

Ken Follett : Je leur demande tout d’abord s’ils lisent. S’ils arrivent à l’âge de 20 ans en n’ayant lu que trois ou quatre livres, c’est fini, ils ne seront jamais écrivains.

Je suis tellement d’accord avec ça. Pour écrire il faut lire, ce n’est pas plus compliqué que ça. Euh, en fait si hein, lire est seulement la première étape qui conduit à l’écriture. Mais elle est incontournable.



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Il y a quelques mois, j’ai contacté Stéphane Bourguignon pour discuter un peu de la différence entre l’écriture de roman et de scénario. On a alors correspondu par courriel quelques temps et ses conseils m’ont été très précieux. Il y a deux ou trois semaines, je lui ai demandé s’il accepterait de répondre à mes questions sur l’écriture pour mon blogue et il a gentiment accepté en précisant que ce ne serait pas pour tout de suite.

J’ai reçu ses réponses ce matin que voici :

  • Depuis quand écrivez-vous ?

L’âge de 15 ans.

  • Pourquoi?

Pour beaucoup de raisons qui évoluent au fil des ans. Ou qui ne sont pas toujours les mêmes d’une journée à l’autre. Mais principalement parce que j’aime jouer avec les mots. J’aime les voir apparaître sur la page ou sur l’écran. J’y trouve un plaisir esthétique qui me vient probablement des visites à l’imprimerie de mon père quand j’étais petit. Ensuite, j’aime l’idée que la simple manière d’agencer ces mots peut créer de l’émotion chez un lecteur ou un auditeur. De la peur, du rire, de la mélancolie, de la tristesse, etc. J’aime les histoires aussi. Elles disent quelque chose sur notre condition d’être humain. C’est par le biais des histoires qu’on peut se découvrir et se comprendre. C’est une façon d’ouvrir les cœurs et de propager la compassion.

  • Comment écrivez-vous vos romans? Faites vous des plans, des fiches de personnages?

Je ne sais que quelques pages à l’avance ce que je vais écrire, tout en ayant une idée de certains des temps forts du livre. Pas de plans détaillés, pas de fiches de personnages non plus. Mes plans ne tiennent jamais la route bien longtemps, c’est dans le phrase à phrase que me viennent les idées les plus intéressantes. L’important c’est de baigner dans un univers riche et inspirant. Je note donc des mots clés (que j’affiche parfois sur mes murs), des idées, des musiques. Je découpe des articles de journaux qui touchent de près ou de loin mon sujet, je recherche des photos sur le net et m’en fais une banque. Tous les moyens sont bons.

  • Comment s’est passée votre première publication?

Magiquement bien. L’éditeur était très, très emballé par le livre. Hormis une bonne quantité de fautes d’orthographe, je n’ai pas eu à retravailler le manuscrit. Le roman est paru et tout de suite il a eu une attention particulière. Il a été traduit en anglais, publié en France où j’ai été invité à faire de la promotion et un producteur m’a même acheté les droits pour en faire un film (qui n’a jamais vu le jour, malheureusement).

  • Vous êtes également un scénariste à succès, quelles sont les différences entre l’écriture d’un roman et celle d’un scénario ?

Il y en a beaucoup. En scénarisation, il n’y a quasiment que du dialogue et en écriture romanesque c’est justement l’inverse. On attache assez peu d’importance au style dans un scénario. Ce qui est aussi l’inverse pour un roman. Les scénarios sont des objets hyper, hyper structurés tandis que dans un roman, on peut se permettre de flâner un peu (si vous me passez l’expression). On peut faire des parenthèses, des digressions, brefs c’est le lieu de toutes les libertés. Il faut être conscient de l’image, en scénarisation. Ce qui est vécu ou ressenti par les personnages doit être installé dans un lieu inspirant. Les déplacements, le mouvement, ont une importance capitale dans le dynamisme et la beauté de la chose. Le scénariste doit fabriquer des images. Évidemment, le roman n’est pas assujetti aux coûts de production d’une série ou d’un film. Nombre de personnages illimité, décors à volonté, cascades, etc.

  • Comment avez-vous vécu le succès de La vie La vie ?

Très bien, jusqu’à un certain moment. Vers la fin, alors que l’émission était au summum de sa popularité, mais que mon travail était terminé et que j’essayais de passer à autre chose, j’ai trouvé ça un peu pénible d’être continuellement ramené sur le sujet.

Il y avait quelque chose de très intime, aussi, dans cette série. Une part de moi très privé (pas vraiment dans l’événementiel, mais plus dans les préoccupations) et je crois que le fait de m’en faire parler par des étrangers me mettait un peu mal à l’aise.

  • Des conseils aux écrivains en herbe?

Écrire, écrire, écrire, lire, lire, lire… Et trouver le temps de vivre à travers tout ça, parce que c’est de la vie que se nourrit la fiction. Surtout, ne pas avoir peur de raturer, de jeter des pages complètes ou même des chapitres entiers.Un auteur trop attaché à chacune de ses phrases n’évolue pas.

  • En exclusivité pour mon blogue, que va-t-il se passer dans la prochaine saison de Tout sur moi ? Vous n’êtes pas obligé de répondre ;-)

Deux scoops : le premier épisode sera en mode comédie musicale et Valérie fera de la prison pour voies de fait.



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Voici la deuxième partie de mon entrevue avec Martin Dubé. La première partie se trouve ici.

• Combien de temps en moyenne mets-tu pour écrire un roman?
Si je me fie aux deux romans que j’ai écrits, ils m’ont pris exactement le même temps, c’est-à-dire un an à temps partiel ( j’enseigne le jour). Et une autre année pour les multiples versions et les corrections.

• Comment s’est passée te première publication?
Magnifique expérience. Beau travail d’équipe avec l’éditeur, salons du livre, lancement, entrevues journaux et radio, tout a été synonyme de bonheur. Mais le fait de « donner » mon roman au public fut une expérience assez particulière, car ce jour-là, on réalise qu’il ne nous appartient plus, qu’il fait sa vie, que notre bout est fait. Et qu’on pense déjà à son successeur…Le véritable plaisir se fait avant la publication, pendant l’écriture…ça peut sembler égoïste, mais c’est plus que ça. Bien sûr que c’est flatteur quand des lecteurs nous témoignent le bonheur qu’ils ont eu à lire le fruit de notre labeur, mais il ne faut pas que ces moments deviennent une fin en soi, seulement qu’un très agréable conséquence.

• Comment réagis-tu face aux critiques?
Je les lis. Je les écoute. Quand je perçois qu’elles sont de bonne foi, je les accepte et essaie d’améliorer mes points faibles. Mais les critiques hautains qui se pensent tout permis alors qu’ils n’ont jamais écrit un seul bouquin, ils me passent par-dessus la tête en me rappelant toujours la phrase de Charlebois : ce sont des ratés sympathiques.

• Quels sont les auteurs québécois et non québécois que tu lis?
Québécois : Suzanne Myre, Nicolas Dickner, Marie-Sissi Labrèche, Ducharme.
Autres : Jonathan Safran Foer, T.C. Boyle, Pennac, Tonino Benacquista, Poe, Ionesco.

• Des conseils à des écrivains en herbe?
Écrire. Écrire. Lire. Toujours écrire. Et comprendre ceci : ce n’est qu’après le premier jet que commence le véritable travail. Le premier jet, c’est peu de choses. Tout le travail d’artisan débute dans la réécriture. Et surtout, croire en ce qu’on fait. Peu importe les commentaires, les refus. Si vous doutez de vous, laissez tomber l’écriture et faites du macramé.

• Le pitch de ton prochain roman, c’est possible ?
Voir la question « Tu abordes aussi les relations hommes-femmes ainsi que les relations père-fils. Comment conçois-tu l’avenir du couple et de la famille dans notre société ? » Rires.



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Martin Dubé est l’auteur de Nul si découvert, publié dans la collection Lime et citron des éditions de Mortagne. Je l’ai contacté il y a quelques semaines pour qu’il me raconte son expérience (corrections du manuscrit (lui aussi a été coaché par Carolyn !), lancement de son roman, promo etc…) Aujourd’hui, il a gentiment accepté de répondre à mes questions. Je posterai son entrevue en deux fois parce que ces réponses sont riches et très développées.

• Depuis quand écris-tu? Pourquoi ?
J’écris depuis l’adolescence. Toute ma vingtaine, je l’ai passée dans les livres, car, je crois, qu’il est primordial de lire beaucoup avant de se lancer dans le monde de l’écriture. Question de s’ouvrir aux univers des autres pour mieux définir le sien. Avoir des modèles, des références, je trouve ça sain, essentiel pour quiconque veut vraiment plonger dans la création. Dans cette même vingtaine, j’ai noirci quelques cahiers d’innombrables histoires farfelues, complètement disjonctées, question de pousser le plus loin possible mon goût prononcé pour l’absurde et ses dérivés. Ce n’est qu’à 30 ans que je me suis « donné » le droit de coucher sur papier l’histoire qui me trottait dans la tête depuis quelques mois. Et pourquoi j’écris? Parce que depuis que je le fais, ma vie n’aurait plus de sens si je m’arrêtais de le faire. Comme manger, boire, dormir, respirer.

• Quelle est ta méthode d’écriture ? Fais-tu des plans, des fiches de personnages?
Avant d’écrire mon premier roman, j’avais la grande naïveté de croire que j’étais du genre à ne pas faire de plan. Que mon inspiration était suffisante pour me guider au travers l’histoire que j’avais en tête. Et là, le jour où je me suis assis au clavier, je me suis vite rendu compte que je n’irais nulle part sans plan, sans personnages clairement définis. Ce jour-là, j’ai appris que j’avais besoin de structurer mon imaginaire. Je connais des auteurs qui ont la capacité d’écrire sans plan, mais je crois sincèrement qu’il s’agit d’une minorité. Planifier son histoire, c’est se donner la chance de prendre un recul nécessaire face à ses idées. Ça m’aide, moi, à irriguer le flot d’idées qui vont et viennent dans ma caboche survoltée.

• T’inspires-tu de ta vie, de tes proches pour écrire ?
Oui. Beaucoup même. Je crois que tous les auteurs le font. Certains plus que d’autres. Je suis une espèce d’éponge, de filtre, de vampire qui s’abreuve aux faits et gestes de mon entourage. Mais j’enrobe le tout, modifie, romance, pour que mon histoire soit, le plus possible, intéressante. Bien humblement, ma vie « telle quelle » n’est vraiment pas digne d’intérêt. Je suis un gars heureux et je n’ai pas d’histoire. Alors, à mon sens, l’autofiction, genre à la mode, est une sorte de masturbation littéraire qui glorifie le JE… je pense que personne n’a une vie assez trépidante pour qu’elle mérite de se retrouver dans un roman. Faut enlever, ajouter, inventer, et là, peut-être, j’obtiendrai quelque chose.

• Ton roman critique l’engouement autour d’une chanteuse ou un écrivain érigé en star. As-tu voulu faire passer un message ?
Pas vraiment. Les messages, les morales, ce n’est jamais un but. Peut-être une conséquence, mais rendu là, ça ne m’appartient plus. Par contre, il est clair que je trouve triste et désolant le phénomène des stars jetables, celles qui brillent un jour et s’éteignent le lendemain. En ce sens, oui, on peut dire que message il y a. Mais les personnages doivent l’incarner et l’auteur doit s’effacer derrière eux, sinon c’est raté. Espérons que je m’en suis bien tiré!

• Tu abordes aussi les relations hommes-femmes ainsi que les relations père-fils. Comment conçois-tu l’avenir du couple et de la famille dans notre société ?
Grande question. Le couple, je trouve que les gens y croient de moins en moins. L’idée romantique du couple, elle, plaît toujours. Mais l’effort quotidien, les compromis, les concessions, le dialogue, la mise à nue de notre vulnérabilité, tout ça ne semble pas trop vendeur de nos jours. Et la famille elle aussi est malmenée. Mais il restera toujours des gens désirant donner un sens à leur vie en créant une cellule familiale. J’en fais partie. Et, pendant qu’on y est, mon second roman traite de l’immense déséquilibre qu’amène la venue d’un enfant au sein du couple.

La suite de l’entrevue.


Sortez vos tuques et vos mitaines, 0 degré ce matin et il a gelé cette nuit ! Quelqu’un veut faire une prière avec moi pour qu’on ait un été indien. Je sais je suis devenue une vraie québécoise, je n’arrête pas de parler du temps !



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Je n’ai découvert et aimé Amélie Nothomb que récemment, j’avais lu Robert des noms propres que j’avais abandonné, de même que Acide Sulfurique qui ne m’avait pas du tout convaincu. Et puis un jour, je suis tombée sur Stupeurs et tremblements et je me suis dit que si ce roman avait remporté le prix de l’académie française, il devait sûrement valoir quelque chose. Je l’ai donc acheté et dévoré. Ensuite j’ai lu Ni d’Ève, ni d’Adam que j’ai aimé, mais sans plus. Aujourd’hui j’ai réservé Le fait du prince à la bibliothèque, je suis dixième sur la liste d’attente, c’est moins pire que certains livres (J’ai déjà été 183ème !) et je suis tombée sur un article du Point sur elle. Amélie y parle de ses romans, de l’écriture et de sa vie. J’ai trouvé certains passages vraiment intéressants. Comme ceux-ci:

Ses romans :

“Le Fait du prince est le 61e de mes livres et le 63e est en train. J’écris 3,7 romans par an, les uns à la suite des autres. En décembre, je relis tout ce que j’ai écrit dans l’année et je choisis ce qui sera publié l’année suivante, toujours parmi les récents. Je ne retourne jamais dans ce que j’appelle les vieilleries.”

Et dire que moi je me disais que si je repartais tout de suite dans l’écriture de mon second roman, j’allais m’épuiser ! En même temps, les livres d’Amélie Nothomb sont courts.

L’écriture :

“Je travaille énormément au moment de l’écriture, mais quand l’accouchement est fini et que je suis enceinte du livre suivant, c’est-à-dire dès le lendemain, je considère qu’il est trop tard. Si je n’ai pas réussi à investir dans un livre tout l’amour et tout le soin nécessaires lorsque je l’écrivais, c’est que ça n’en valait pas la peine. Je ne crois pas beaucoup aux corrections ultérieures.”

Chacun sa méthode, personnellement je crois que j’adore encore plus les corrections que la création. Quand le canevas est fini et qu’il me faut jouer avec les mots, approfondir certaines choses, ajouter de l’émotion. Oui j’adore les corrections.

Sa méthode de travail :

Je me réveille tous les jours à 4 heures du matin et, même si je suis fatiguée, la machine fonctionne : je me mets à écrire, toujours sur des cahiers à spirale et à petits carreaux en papier recyclé, toujours avec des Bic cristal encre bleue. J’enchaîne avec le courrier et, en saison, avec les interviews.”

Et elle ne s’arrête jamais, y compris le dimanche. Je ne sais pas si c’est vraiment vrai mais si oui, elle a une très belle volonté.
Bonne journée à tous !



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