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Auteur: Audrey
• Vendredi 12 septembre 2008

Je n’ai découvert et aimé Amélie Nothomb que récemment, j’avais lu Robert des noms propres que j’avais abandonné, de même que Acide Sulfurique qui ne m’avait pas du tout convaincu. Et puis un jour, je suis tombée sur Stupeurs et tremblements et je me suis dit que si ce roman avait remporté le prix de l’académie française, il devait sûrement valoir quelque chose. Je l’ai donc acheté et dévoré. Ensuite j’ai lu Ni d’Ève, ni d’Adam que j’ai aimé, mais sans plus. Aujourd’hui j’ai réservé Le fait du prince à la bibliothèque, je suis dixième sur la liste d’attente, c’est moins pire que certains livres (J’ai déjà été 183ème !) et je suis tombée sur un article du Point sur elle. Amélie y parle de ses romans, de l’écriture et de sa vie. J’ai trouvé certains passages vraiment intéressants. Comme ceux-ci:

Ses romans :

“Le Fait du prince est le 61e de mes livres et le 63e est en train. J’écris 3,7 romans par an, les uns à la suite des autres. En décembre, je relis tout ce que j’ai écrit dans l’année et je choisis ce qui sera publié l’année suivante, toujours parmi les récents. Je ne retourne jamais dans ce que j’appelle les vieilleries.”

Et dire que moi je me disais que si je repartais tout de suite dans l’écriture de mon second roman, j’allais m’épuiser ! En même temps, les livres d’Amélie Nothomb sont courts.

L’écriture :

“Je travaille énormément au moment de l’écriture, mais quand l’accouchement est fini et que je suis enceinte du livre suivant, c’est-à-dire dès le lendemain, je considère qu’il est trop tard. Si je n’ai pas réussi à investir dans un livre tout l’amour et tout le soin nécessaires lorsque je l’écrivais, c’est que ça n’en valait pas la peine. Je ne crois pas beaucoup aux corrections ultérieures.”

Chacun sa méthode, personnellement je crois que j’adore encore plus les corrections que la création. Quand le canevas est fini et qu’il me faut jouer avec les mots, approfondir certaines choses, ajouter de l’émotion. Oui j’adore les corrections.

Sa méthode de travail :

Je me réveille tous les jours à 4 heures du matin et, même si je suis fatiguée, la machine fonctionne : je me mets à écrire, toujours sur des cahiers à spirale et à petits carreaux en papier recyclé, toujours avec des Bic cristal encre bleue. J’enchaîne avec le courrier et, en saison, avec les interviews.”

Et elle ne s’arrête jamais, y compris le dimanche. Je ne sais pas si c’est vraiment vrai mais si oui, elle a une très belle volonté.
Bonne journée à tous !

Auteur: Audrey
• Jeudi 11 septembre 2008

Evelyne Gauthier est l’auteure de Amour, chocolat et autres cochonneries, un roman de chick lit qui a connu un grand succès au Québec. Son roman s’insère dans la collection Lime et Citron des Éditions de Mortagne, la même que celle dans laquelle mon roman sera publié. Evelyne est aussi l’auteure de plusieurs livres pour enfants. Elle a gentiment accepté de répondre à quelques unes de mes questions dont voici les réponses :

Depuis quand écris-tu ? Pourquoi?
J’écris depuis que je suis très jeune. Au début, c’était des poèmes, des petits textes. J’ai écrit mon premier roman à douze ans et j’en ai écrit plusieurs autres par la suite, mais que je n’ai jamais tenté de faire publier. Pour ce qui est du pourquoi, je ne saurais trop dire, mis à part que c’est plus fort que moi. J’ai toujours toutes sortes d’histoires qui me trottent dans la tête et j’ai un besoin viscéral de les raconter.

Comment écris-tu? Où? Fais-tu des plans, des fiches de personnages?
Depuis toujours, c’est à mon bureau à la maison, sur mon ordinateur, que j’écris. Mais, depuis peu, j’ai commencé aussi à écrire sur mon Palm, quand je suis dans le bus et le train, question de gagner du temps. Et oui, je fais des plans, mais ça n’a pas toujours été le cas. Pour mes premiers livres, je n’en faisais pas, tout était dans ma tête. Ensuite, j’ai commencé à en faire, car mes histoires se complexifiaient. Maintenant, je ne pourrais plus m’en passer. Mais, au fur et à mesure de l’écriture, je peux changer mes plans, je les adapte, ils ne sont pas coulés dans le béton. Je fais aussi des fiches de personnages, mais très sommaires.

Tu écris à la fois pour un public jeunesse et adulte. Pourquoi ?
Il y a quelques années, je travaillais pour un éditeur faisant de la littérature jeunesse. Peut-être était-ce à force de baigner dans cet univers que ça m’a poussée à en écrire. Plus tard, j’ai eu envie d’écrire pour des gens de mon âge, qui me ressemblaient. Alors, je suis passée à la littérature adulte. Mais je vais continuer de faire les deux en même temps.

Comment s’est passée ta première publication adulte?
À merveille! Une fois qu’on a accepté de me publier. Car ça n’a pas été facile. Mon roman a été refusé par plusieurs éditeurs avant que j’en trouve un qui me dise oui. Je pense que les gens du milieu s’imaginaient que ce genre littéraire ne ferait pas long feu et je crois que certains le regardent encore de haut. Mais une fois acceptée chez de Mortagne, j’ai été vraiment comblée!

Pourquoi avoir fait le choix de la chick lit ?
En fait, au départ, je pense que je ne réalisais même pas que ce que j’écrivais était de la chick lit, j’ignorais même que c’était un genre. Je me souviens avoir été marquée par le film Bridget Jones, qui m’avait renversée par son humour et sa fraîcheur. De plus, à ce moment-là, je vivais une rupture amoureuse un peu houleuse alors que mes meilleures amies commençaient toutes les deux une nouvelle relation et vivaient l’extase totale! De quoi être déprimée et frustrée… Je crois avoir alors ressenti un besoin d’exprimer les sentiments que je vivais par l’intermédiaire d’un alter ego littéraire. Et comme je suis une personne qui aime rire, l’humour s’y prêtait aussi bien. Évidemment, l’imagination a pris largement le dessus…

Ton roman adulte est devenu un best-seller, comment expliques-tu ce succès ?
Hum… difficile à dire. Je pense que le titre a beaucoup aidé. On l’a cherché bien longtemps, il faut dire. Je voulais quelque chose d’humoristique et d’accrocheur, qui ferait que les gens aient envie d’aller voir le résumé en arrière et ensuite, de lire le livre. Pour le reste, je dois admettre humblement que je ne sais pas trop ce qui fait que ça a fonctionné. Peut-être y a-t-il un marché plus important qu’on le pense au Québec pour ce genre de livre?

Comment le vis-tu ?
Généralement, très bien. C’est un peu ce à quoi rêve secrètement tout écrivain… avoir un certain succès. Par contre, c’est sûr que ça met de la pression, surtout si l’on décide d’écrire une suite comme je le fais en ce moment. Les gens risquent d’avoir des attentes et j’ai souvent peur de les décevoir. Je ne m’attendais à ce que ce soit autant de pression, en fait. Mais peut-être que c’est juste moi qui m’en fais pour rien, aussi.
Quels sont les auteurs québécois et non québécois que tu lis?
Hum… ça fait longtemps que je n’ai pas lu un « vrai » livre fini. Ce qui peut sembler un peu étrange. Puisque je travaille moi-même pour un éditeur, je dois lire beaucoup de manuscrits, en plus de l’écriture de mes propres livres, ce qui coupe sérieusement mon temps de lecture. Dans les non québécois, il y a eu Yasmina Khadra, Dan Brown, Didier Van Cauwelaert, Helen Fielding. Dans les québécois, il y a Denis Côté, Chrystine Brouillet, qui sont parmi mes préférés. En fait, il y a beaucoup d’auteurs que j’aimerais lire – mais que je n’ai jamais le temps – que d’auteurs que j’ai lus.

Un livre inoubliable à part les tiens? Pourquoi?
Une si longue lettre, de Mariama Bâ. Un tout petit livre sublime, écrit par une auteure africaine, morte beaucoup trop tôt, alors qu’elle commençait à peine sa carrière. Un roman empreint de soleil, de poussière, de sensualité, et d’une musicalité née de la tradition orale africaine, toute particulière. Aussi parce que le livre parle de la femme en Afrique, de sa condition, de ses rêves, de ses problèmes. Ce livre, qui raconte la vie d’une femme abandonnée par son mari lorsqu’il prend une seconde épouse, m’a touchée et bouleversée. Je ne compte plus le nombre de fois où je l’ai lu. Mais il renferme aussi une dose d’optimisme et une note d’espoir.

Des conseils à des écrivains en herbe?
Hum… pas facile. Je pense que je leur suggérerais d’abord d’écrire, toujours, ne jamais arrêter. Car la pratique, c’est essentiel. Ça semble cliché, mais c’est vrai que c’est en forgeant qu’on devient forgeron. C’est comme n’importe quelle activité, c’est en pratiquant qu’on s’améliore et qu’on devient vraiment bon. Ensuite, je dirais : persévérez! Il n’est pas rare, pour un auteur, de voir ses textes refusés pour toutes sortes de raisons, souvent valables – même si on se sent bien incompris quand ça nous arrive. Il ne faut donc pas se décourager quand ça ne marche pas. Il est important de continuer et de ne pas se décourager. Bien souvent, ça peut finir par débloquer, même si ce n’est pas le cas pour tout le monde.

Une exclusivité pour mon blogue : le pitch de ton prochain roman?
Ha ha ha! Est-ce que le texte que j’ai préparé pour l’arrière du livre, ça ferait la job?

Comment se sent-on quand on aborde la jeune trentaine avec appréhension, qu’on s’appelle Amélie Tremblay, qu’on est en amour par-dessus la tête, mais qu’on est toujours aussi déjantée, quelque peu incertaine, pas mal débordée, très indécise, drôlement sarcastique et surtout, surtout… sur le bord de la crise de nerfs? Malgré toutes les bonnes résolutions du monde et malgré une vie de couple qui semble annonciatrice d’un bonheur sans nuage, tout n’est pas rose dans la tête de cette chère Amélie.
Combien de temps la passion dure-t-elle vraiment? Car tout le monde sait qu’elle n’est pas éternelle. Et lorsqu’on entame une relation, sait-on réellement dans quoi on s’embarque? Les surprises que l’autre nous réserve peuvent s’avérer étonnantes. Et une fois que la routine s’est installée, comment garder l’amour de l’autre vivant et brûlant ? Spécialement quand cet autre est de plus en plus absent et qu’un autre homme séduisant vient brouiller vos cartes…

Mâle, femelle et autres espèces animales est la suite du roman complètement délirant et best-seller, Amour, chocolats et autres cochonneries, pour devenir encore plus sage… ou encore plus fou…

Auteur: Audrey
• Mercredi 03 septembre 2008

J’ai rencontré François Blais il y a presque un an maintenant, dans le but de faire une entrevue audio que j’aurais mis sur mon blogue. L’entrevue, je l’ai faite il y a plus de six mois, dans un lieu public, et la qualité de mon enregistrement est pitoyable. Du coup j’ai décidé de retranscrire quelques-unes de ses réponses (les plus intéressantes selon moi) par écrit.

François et moi sommes restés en contact après ça, je lui ai fait lire mon roman et peu avant Noel, il m’envoyait ses commentaires par courriel. Ce fut mon plus beau cadeau. Au mois de mars ou avril, il m’a envoyé le manuscrit de son roman, celui qui sort lundi (le 8 septembre) :

Le Vengeur masqué contre les hommes-perchaudes de la Lune, aux éditions Hurtubise HMH.

En fait ce roman est son premier, celui qu’il a écrit avant “Iphigénie en haute ville” et “Nous autres ça compte pas”. Je l’ai lu, je l’ai commenté et je ferais une bonne éditrice puisque mes commentaires ont rejoint ceux de son éditeur ! Je vous parlerai plus en détails de ce roman (dont j’ai eu droit à un exemplaire gratuit!) bientôt. Pour l’instant, place à l’entrevue.

Quand as-tu commencé à écrire ?

Depuis toujours à peu près mais à partir du secondaire, j’ai commencé à écrire régulièrement. J’ai toujours aimé lire et mon envie d’écrire est partie de là. Au cegep, j’ai pris un cours de création littéraire. On m’a complimenté et encouragé à continuer. Quand j’ai eu 30 ans, ça a comme été le déclic : j’ai voulu voir si je pouvais jouer dans la ligue majeure (de hockey, pour les non-québécois) et j’ai commencé à démarcher les éditeurs.

Comment s’est passé ton parcours pour te faire éditer ?

Mon premier roman (celui qui sort en septembre), je l’ai envoyé à 5 éditeurs. 4 m’ont dit non, L’Effet-Pourpre m’a dit oui puis a fait faillite*.  Entre-temps j’avais commencé Iphigénie et j’ai rangé mon premier roman dans mon tiroir. J’ai envoyé Iphéginie à l’Instant-Même, Trypique, Alto, Marchand de feuilles et XYZ. Cette fois, 4 éditeurs m’ont dit oui, seul Alto a refusé. Je voulais privilégier une maison de Québec alors j’ai signé chez l’Instant Même.

As-tu essayé d’envoyer ton manuscrit à des maisons d’éditions en France ?

Non, il aurait fallu retirer trop de tabanarks, osties et shake-ça pour le vieux-continent !

Comment écris-tu ? Fais-tu des fiches de personnages par exemple ?

Non, pas de fiches de personnages. J’ai seulement deux personnages principaux dans mes précédents romans alors ce n’est pas trop compliqué à gérer. Je ne fais pas de plans non plus. J’écris un premier jet puis je le laisse dormir 4 à 5 mois. Ensuite je le retravaille. Je mets à peu près peu un an pour terminer un roman en comptant la période de dormance.

Quels sont les écrivains qui t’inspirent ?

J’aime beaucoup Dickens, George Eliot, Jane Austen, Proust, Flaubert aussi. J’ai une préférence pour les auteurs non-contemporains mais je suis assez hétéroclite, en ce moment je suis en train de lire Les Bienveillantes.

Un conseil aux jeunes auteurs ?

Écrire, lire la correspondance de Flaubert (les leçons de littérature surtout) et persévérer.

*L’histoire voudra que l’éditeur qui avait dit oui à François il y a plusieurs années, devenu directeur de Hurtubise, le recontacte au début de cette année pour publier son premier roman.

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