Archives pour la Categorie ◊ Autour du Québec ◊

Auteur: Audrey
• Jeudi 12 novembre 2009

franceLa France aime les polémiques. Même à retardement.

Marie Ndiaye a remporté le Goncourt la semaine dernière avec son dernier livre “Trois femmes puissantes”. En août, lors de la sortie de son roman, elle avait donné une entrevue dans un journal dans laquelle elle disait entre autre que si elle était partie vivre en Allemagne avec son mari après l’élection de Sarkozy, c’est parce qu’elle trouve la France et là je cite “monstrueuse”. Ça n’avait fait réagir personne sur le moment, mais maintenant qu’elle a le Goncourt, tout le monde en parle.

Il y a des débats à la télé, à la radio et un député est même allé demander au ministre de la culture d’imposer un devoir de réserve aux écrivains primés par des prix prestigieux.

Il faut savoir que le devoir de réserve est imposé aux fonctionnaires qui doivent observer une certaine retenue dans l’expression publique de leurs opinions vis à vis de l’État. En gros, ne critique pas celui qui te nourrit.

Le débat qui fait rage en ce moment se résume donc ainsi : doit-on imposer ce devoir de réserve aux écrivains primés sachant que les prix ne sont absolument pas décernés par le gouvernement ?

Moi je déplacerais le débat d’une coche et me demanderais : pourquoi tant de Français décident-ils de s’établir à l’étranger ? Je n’irais pas jusqu’à dire que la France est monstrueuse. On y est libre, ceux qui n’ont pas grands revenus reçoivent des aides astronomiques de l’État (allez au Québec et vous verrez que des aides pour payer son logement, ça n’existe pas !) et bon, on est quand même mieux en France qu’au Yémen ! Et puis, qu’est-ce qu’on mange bien ! Pour moi, la gastronomie française est la meilleure au monde.

Mais des problèmes, il y en a et pas qu’un peu. Personnellement, je ne suis pas partie parce que j’en avais assez de la France, je suis partie parce que j’avais envie de découvrir plein de choses. Mais la France est envahie d’un mal être épouvantable.

Ce n’est pas normal que 68% des jeunes diplômés de 2008 soient encore au chômage un an après l’obtention de leur diplôme. Ce n’est pas normal que 100 000 personnes applaudissent sur Facebook un mec qui a volé 11 millions d’euros à Lyon la semaine dernière lors d’un transport de fonds.

C’est très révélateur de l’état d’esprit des gens je trouve. De leur raz-le-bol. Trouver un CDI (poste permanent) relève du parcours du combattant, devenir propriétaire aussi étant donné le prix de l’immobilier, louer un appart encore plus vu que les propriétaires demandent environ 1 million de garanties. Le service à la clientèle est pitoyable au point que tu n’oses même pas demander un renseignement dans un magasin sous peine de te faire aboyer dessus. Sur France 2, ils passent des spots publicitaires vantant les métiers d’avenir et cette semaine, c’était le métier de caissière qui était mis en avant ! Je n’ai rien contre les caissières mais on s’entend pour dire que ce n’est pas le métier le plus intéressant et valorisant au monde. Et ça, c’est une annonce payée par l’État !

Bref, tout ça pour dire qu’il y a vraiment quelque chose qui ne va pas. Et je ne dis pas qu’au Québec tout est parfait (loin de là) mais je crois sincèrement que les gens y sont plus heureux qu’en France.

Auteur: Audrey
• Dimanche 25 octobre 2009

Ça fait longtemps que je songe à élargir les billets de mon blogue pour parler davantage de mon expatriation au Québec. En ce moment, je suis beaucoup de blogues écrits par des immigrants français au Québec. J’adore me retrouver dans leurs découvertes, dans leurs espoirs, dans leurs attentes. J’ai adoré lire leur exaltation devant  la première neige parce que ça me rappelle tellement moi !

Ah qu’on l’aime notre premier hiver québécois ! Ah qu’on aime pelleter le matin avant de partir travailler, qu’on aime raconter qu’on a failli mourir en conduisant sous une tempête ! Après, on devient comme la majorité des Québécois, on s’enfuit deux semaines à Cuba en février pour échapper à l’hiver et on gueule contre l’ostie de marde blanche qui tombe encore du ciel en avril !

En tout cas…

Aujourd’hui, j’ai envie de vous faire découvrir une toute jeune web-série qui raconte l’arrivée d’un Français à Montréal. J’ai choisi l’épisode qui se passe au Mont Royal parce que j’aurais pu jouer cette scène. Le gars est complètement survolté parce qu’il y a des centaines d’écureuil qui courent partout. Il prend plein de photos et, je l’avoue, j’ai fait EXACTEMENT la même chose la première fois que j’ai découvert le Mont Royal. Ah des écureuils ! Y’en a partout ! C’est trop génial ! Ils sont trop mignons !

Bon, mon opinion a légèrement évolué  le jour où j’ai failli me faire attaquer par un écureuil aussi énorme qu’une marmotte  qui zieutait mon sandwich avec de gros yeux vicieux et des dents carnassières !

Bref, je vous laisse découvrir la vidéo et si ça vous tente, vous pouvez aller faire un tour sur La poutine au vin

Auteur: Audrey
• Lundi 12 octobre 2009

Bon, deux articles en une journée, c’est rare mais là, il faut qu’on parle de choses qui fâchent. Eh oui, faut bien parfois !

J’adore le Québec. Vraiment. Peut-être même plus que mon propre pays mais s’il y a une chose qui m’horripile au point de vouloir hurler de toutes mes forces, c’est quand j’entends certains dirent que ce sont les Français qui utilisent le plus de mots anglais dans leur langage courant parce que oh mon Dieu, on dit shopping, parking et week-end. Ce sont TOUJOURS ces trois exemples qui reviennent ! Ça m’énerve tellement qu’un matin, en regardant deux animateurs sur RDI parler des anglicismes en France, j’ai envoyé un courriel à l’émission pour leur dire combien j’étais en colère.

Que les choses soient claires. Oui, en France, on ADORE parler anglais, on trouve ça super. On ne traduit pas certains titres de films américains, nos émissions s’appellent Loft Story, Secret Story, Fear Factor. On s’envoie des emails, on mange des nuggets de poulet et des happy meal au Mac Do’. Des tas d’entreprises françaises ont des noms en anglais et ça ne nous dérange pas. Au contraire. Je le redis, on aime l’anglais (même si on le parle très mal).

Ça, c’est la réalité, mais vous n’entendrez jamais une Française dire d’un gars qu’il est cute. Non. Elle va dire : il est mignon. Vous n’entendrez jamais un Français dire : eh tu veux que je te raconte une joke ? Non. Il va dire : eh tu veux que je te raconte une blague ? Vous n’entendrez jamais des Français dire : on va à la game de hockey ce soir ? Non. Ils vont dire : on va voir la partie de hockey ce soir ? Les Français ne se frenchent pas, ils s’embrassent.  Ils ne font pas de party, ils font des fêtes. Ils n’ont pas une gang de chums mais une bande d’amis. Ils ne cédulent pas de meetings, ils fixent des réunions. Je pourrais continuer des heures comme ça et là, je n’ai même pas commencé à parler des garagistes qui me parlent de wipers quand le mot essuie-glace existe.

O.K. Je sais qu’il y a une explication historique à l’utilisation de l’anglais par les garagistes. Je sais que les Québécois ne peuvent pas être imperméables à l’anglais parce qu’ils sont entourées de millions d’anglophones. Je sais qu’ils ont une langue qui leur est propre et c’est normal. Je sais qu’ils se battent bien plus que les Français pour sauvegarder l’intégrité du français. Je sais tout ça et je sais que le combat n’est pas facile. Je suis la première à m’indigner quand je vais à Montréal et qu’on me sert exclusivement en anglais dans les magasins. Je suis totalement pour la loi 101.

Mais par pitié, s’il vous plaît, arrêtez de me dire que ce sont les Français qui truffent le plus leur vocabulaire de mots d’anglais parce que ce n’est pas vrai. Allez passer un an en France et vous pourrez juger de la situation vous-même. Oui, l’anglais est présent mais moins qu’au Québec et pas dans notre langage courant.

Et puis de toute façon, on s’en fout. Chaque pays a ses combats. Si on arrêtait de se comparer ? Il n’y a pas de pays parfait. Ni la France. Ni le Québec. Point.

Voilà. C’était mon avis.

Auteur: Audrey
• Vendredi 18 septembre 2009

salon-du-livre-montrealÇa m’énerve. Oui, vraiment, ça m’énerve que les livres québécois soient introuvables en France alors qu’au Québec, on est envahi de livres français. Et je ne dis pas ça parce que mon roman est introuvable chez moi, je le dis parce que je trouve ça injuste pour la littérature québécoise que je n’aurais jamais découverte si je n’étais pas partie au Québec.

On pourra m’objecter que certains livres québécois écrits en joual pourraient poser des problèmes de compréhension pour les Français. D’accord, mais d’une tous les livres québécois ne sont pas écrits exclusivement en joual et de deux, si les Québécois comprennent très bien nos particularités de langage pourquoi l’inverse ne serait-il pas vrai ? Évidemment, ce n’est pas en doublant Minuit le soir ou la Galère avec un accent français (horrible à écouter !), ou en faisant un remake made in France des Invicibles que les Français vont pouvoir s’ouvrir au monde.

Pourquoi les écrivains québécois doivent-ils se trouver un éditeur en France s’ils veulent se retrouver sur les tablettes des libraires dans l’Hexagone ? Si les caisses de romans français peuvent prendre le chemin du Québec sans intermédiaire, pourquoi les caisses de romans québécois ne pourraient-ils pas prendre le même chemin ? Ce sens unique m’énerve. Il faudrait que la France et Paris comprennent qu’ils n’ont plus le monopole de la culture francophone et qu’il se produit des choses de qualité ailleurs.

Le monde littéraire français est très protectionniste, il refuse que leurs romans soient trop concurrencés. Très bien mais que le monde littéraire québécois fasse la même chose alors ! Plus de Christine Angot, de Frédéric Beigbeder ou d’Amélie Nothomb au Québec pour que ce pays puisse promouvoir davantage sa littérature ! C’est ridicule comme réaction, je le sais très bien. À l’heure où on peut avoir accès à la littérature du monde entier, il ne faut pas se replier sur soi-même, au contraire.

Ce serait donc bien que les éditeurs et les libraires français le comprennent. Ce serait bien qu’on puisse trouver en France les étoiles montantes de la littérature québécoise comme on trouve celles de la littérature française au Québec. En espérant un jour, que les choses changent donc…

Auteur: Audrey
• Lundi 31 août 2009

orthographePeut-on aspirer à la publication sans savoir écrire sans faute ? Ce sujet a été abordé par plusieurs blogueurs que je suis mais j’avais envie d’apporter ma pierre à l’édifice.

La langue française est une langue difficile avec des règles compliquées, c’est un fait. C’est vrai, pouvez-vous me dire pourquoi vingt et cent s’accordent quand ils sont multipliés par un nombre sans être suivi par un autre nombre et qu’ils restent invariables le reste du temps ? Pouvez-vous me dire pourquoi les mots bijou, caillou, chou, genou, hibou, joujou et pou prennent un “x” au pluriel et pas les autres mot en -ou ? Et pourquoi dit-on un journal, des journaux, un cheval, des chevaux mais un bal, des bals ? Bref, je suis la première à dire que la langue française est difficile et que je fais, moi aussi, des fautes d’orthographe.

Néanmoins, cela m’horripile quand les gens aspirent à la publication avec un niveau d’orthographe et de grammaire d’un enfant de 8 ans. Ne pas mettre de s quand on parle des forêts, écrire ils mon fait au lieu de ils m’ont fait, je suis désolée mais ça ne passe pas.

Je ne sais pas chanter, je ne sais pas sortir deux notes justes, je n’aspire pas à enregistrer un album. Je suis nulle en maths, c’est à peine si je sais faire 8*6 sans calculatrice (mes tables de multiplication sont loin), je n’aspire pas à devenir mathématicienne. Peut-on dès lors écrire un roman sans aimer sa langue, sans la connaître ?

Après avoir vu ce que ma directrice littéraire puis le correcteur ont corrigé comme fautes sur le manuscrit final de Passionnément givrée, j’ai appris l’humilité et j’ai arrêté de me dire que j’écrivais sans faute. À un moment donné, à force de se relire, le cerveau voit ce qu’on pense avoir écrit et non ce qu’on a réellement écrit. Ceci dit, je sais que la qualité de mon français est quand même assez bonne et surtout, j’adore apprendre ou revisiter les règles de grammaire, j’adore apprendre un mot nouveau.

Je ne supporte pas qu’on massacre la langue française, qu’on fasse des fautes, ok, mais qu’on écrive ” ils ma touché les pôles”, (perle véridique), là, je m’insurge. On dépasse les bornes. Quand j’étais en maitrise, certains rouspétaient parce que les profs enlevaient des points si notre orthographe était déficiente. J’ai même entendu un de mes coéquipiers, lors d’un travail de session, me dire texto “on s’en fout de l’écriture, le prof comprendra ce qu’on a voulu dire !”  Bon. C’était il y a 3 ans et je suis encore choquée. Ne pas savoir écrire correctement, c’est secondaire pour un étudiant de maitrise ?

Au risque de me faire lyncher, je trouve qu’au Québec, beaucoup de personnes écrivent sans faire attention et cela donne des choses horribles à lire. En France aussi, les gens écrivent mal, les jeunes surtout, l’écriture en sms fait des ravages, c’est un fait, je ne jette la pierre à aucun pays. Je dis juste que ceux qui aspirent à publier, que ce soit en France ou Québec devraient connaître un minimum leur langue.

Bien sûr, il y a les correcteurs et  je m’incline d’ailleurs devant leur savoir, seulement je reste avec l’idée qu’on ne peut pas écrire un roman si on n’est pas passionné par la langue et les mots. Personnellement, si j’étais lectrice dans une maison d’édition, je ne pourrais pas lire un manuscrit bourré de fautes plus de cinq minutes, ça me mettrait hors de moi ! Oui, l’histoire est primordiale, mais la qualité de sa grammaire et de son orthographe comptent aussi.

Voilà, ma pierre est posée. Apprenons le français, célébrons le français, vive le français !

Auteur: Audrey
• Mardi 18 août 2009

fouleJe ne suis plus capable de voir tant de monde ! Il y a du monde partout et tout le temps en France. À la plage, c’est noir de monde, dans les épiceries, c’est noir de monde, à l’hôtel, c’est noir de monde, dans les rues, sur les routes, dans les restos, idem. Je sais que l’été avec tous les touristes, surtout dans le sud de la France, la population double mais là, la seule chose dont j’ai envie, c’est d’avoir une rue, juste une rue, à moins toute seule. Sans voiture, sans passant, sans bruit.

C’est une des choses qui m’ont vraiment marquée quand je suis arrivée au Québec, l’absence de monde. Je me rappelle qu’un soir de novembre, je me suis baladée dans le Petit Champlain pendant une demi-heure et je n’ai croisé personne. C’était tellement génial, j’avais le Vieux-Québec à moi toute seule.

En France, je me sens étouffer. D’ailleurs la première fois que je suis revenue à Lyon après un an et demi d’absence, j’étais à Auchan avec ma mère et j’ai du ressortir de là au bout de 15 min tellement je ne supportais plus l’affluence des clients.

J’ignore si je suis légèrement agoraphobe mais là, je donnerai tout pour pouvoir me transporter dans le Petit Champlain un soir de novembre, où seul le bruit du vent accompagnait mes pas.

La France me manquait, mais maintenant ça y est, j’ai fait le plein, c’est quand le retour ?