J’ai lu donc lu Le marché des amants de Christine Angot et la premier mot qui me vient à l’esprit quand je repense à ma lecture c’est indifférence. Ce livre m’a laissé complètement indifférente, l’histoire est banale et beaucoup trop longue. On tourne en rond sur trois cents pages.
Le roman raconte la rencontre et la vie de couple de Christine Angot elle-même et de Bruno alias Doc Gynéco, rappeur français qui a connu un gros succès dans les années 90. Deux êtres que tout oppose, l’âge, la couleur de la peau, le milieu, et qui s’aiment néanmoins. Malheureusement, Christine est aussi attirée par Marc, un homme en couple qui ne sait pas trop ce qu’il veut.
L’idée de départ était intéressante : l’amour peut-il se vivre malgré les différences ? Sauf que tout est dit en dix pages dans ce livre, il n’y a aucune intrigue, seulement deux personnages qui se regardent vivre. J’ai horreur des livres sans intrigue.
Le début est assez nébuleux. L’auteure parle de Marc puis de Bruno puis de Marc et enfin elle revient à Bruno avec qui nous restons pour les 200 prochaines pages. Les dialogues sont creux, et pas du tout crédibles ou alors si Doc Gynéco parle vraiment comme ça, il y a du souci à se faire. On aurait un enfant de 5 ans. Je ne sais pas combien de fois on a eu droit au dialogue “dis-moi que tu m’aimes, dis-moi que tu ne me quitteras jamais, non je sais que tu ne m’aimes pas, je sais que tu vas me quitter.” Une fois, ça aurait pu passer, mais 20 ? Non !
Et puis évidemment il y a des phrases crues, choquantes, en rapport avec l’inceste vécu avec son père qui ne sont pas là que pour choquer parce qu’elles n’apportent rien à l’histoire. Il y a aussi des scènes de sexe qui ressemblent plus à de l’exhibitionnisme qu’à autre chose. Dommage.
L’apothéose du livre arrive vers la fin, quand Christine va voir un voyant pour savoir si Marc et Bruno vont revenir (ils sont tous les deux distants et ne l’appellent plus. Pauvre elle !) Après une discussion avec son voyant sur une dizaine de pages, Christine finira par se consoler avec un des meilleurs amis de Bruno. Mouais.
Je ne pourrais pas dire que Christine Angot écrit mal, mais son style ne m’a pas emporté. Et puis elle écrit tout à l’imparfait, même les actions courtes qui ont lieu pendant un dialogue par exemple, alors que normalement, c’est le passé simple qui s’applique. L’imparfait implique l’habitude ou une action longue, or quand ils sont au resto et que Bruno boit une gorgée d’eau, l’action est courte et l’imparfait sonne mal.
Bref, je n’irais pas jusqu’à fustiger ce livre comme les journalistes Français savent si bien le faire mais je ne recommanderais pas la lecture de ce long roman qui n’a apporte rien à part savoir que Doc Gynéco aime la sodomie et que Christine Angot trouve que ça fait mal.
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Pauvre Christine Angot, même au Québec, son marché des amants est méchamment critiqué par le Devoir (il faut être abonné pour lire.)
Je vous donne un aperçu du ton de l’article
Angot écrit mal, et ses «romans» n’ont jamais emporté mon adhésion.(…) Mais que retire-t-on de ces heures qu’il faut tout de même prendre pour lire les aventures nullissimes de ces personnages, qui se mettent en vedette? (…) Mais où est passé le rapport à l’autre, la découverte de l’autre, si essentiels au roman? Ce livre est banal, et Angot, pour le coup, se défend mal. Son désolant Marché des amants est un produit pour les grandes surfaces.(…) Qui verra une forme quelconque de poétisation dans ledit roman, fait d’autoréférences, de clichés et de sous-produits récupérés? Il faudrait l’inventer!
Voilà. En gros c’est ça. Je meurs si un jour j’ai une critique pareille. Sérieusement. Je me terre au fond d’une caverne jusqu’à ce que mort s’en suive. Bon quoi qu’il en soit, j’ai enfin obtenu son Marché des amants à la bibliothèque et je vais me plonger dedans dès ce matin en allant travailler. Il en sera de même après pour Le fait du prince d’Amélie Nothomb.
J’ai vraiment hâte de pouvoir me former ma propre opinion.
La rentrée littéraire française de 2008, c’est 656 romans, pour l’automne, sans parler de la production étrangère. Et ce chiffre est en baisse par rapport à 2007. 656 romans et pourtant depuis quelques semaines, ce sont toujours les mêmes noms qui reviennent dans les médias.
Christine Angot et son marché des amants où elle raconte en détail sa relation avec Doc gynéco, Amelie Nothomb bien sûr et son fait du prince, Catherine Millet avec Jour de souffrance, Faïza Guene avec Gens du Balto, et révélation littéraire de 2008, encensé par tout le monde et qui méritera (au moins) le prix de Flore : Tristan Garcia, avec La meilleure part des hommes. On remarquera une chose, c’est que ces auteurs sont tous issus de grandes maisons d’éditions parisiennes : Le Seuil, Albin Michel, Hachette, Flammarion, Gallimard.
Je n’ai pas encore lu ces romans (le temps qu’il arrive ici, la grande frénésie sera passée, jusqu’à la remise des prix littéraires en octobre/novembre), je ne me prononcerai donc pas sur leurs qualités, mais je commence à en avoir marre que toute la presse ne parle que d’une poignée d’élus. Plus de 600 romans resteront dans l’ombre, plus de 600 auteurs ne verront jamais leurs noms mentionnés ou dans les journaux. Au pilon dans quelques mois !
Pas facile de faire sa place dans ce milieu quand on est un jeune auteur ou une petite maison d’éditions. Alors pourquoi publier autant ? Et pourquoi ne laisser aucune chance à des centaines d’auteurs débutants ?
Plus le temps passe et plus je suis heureuse d’avoir signé un contrat d’édition avec une maison ici. C’est certain qu’il est tout autant difficile pour un premier roman de se faire sa place au Québec. Le marché est minuscule par rapport à celui de la France, les grandes maisons comme Boréal ou Québécor dominent, mais la presse ici semble moins réticente à parler des nouveaux auteurs. Ils ne restent pas non plus focalisés sur les “grands” noms pendant des mois. Les chances sont moins inégales.
Tiens, ça me fait penser, combien de romans ont été publiés pour cette rentrée littéraire au Québec ? Et parmi eux, combien de premiers romans ? Une petite recherche s’impose. Ce serait intéressant aussi de trouver le chiffre de premiers romans publiés en France pour cette rentrée. Combien d’inconnus parmi eux ? Si quelqu’un a ces chiffres, qu’il n’hésite pas à me les communiquer !









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