Martin Dubé est l’auteur de Nul si découvert, publié dans la collection Lime et citron des éditions de Mortagne. Je l’ai contacté il y a quelques semaines pour qu’il me raconte son expérience (corrections du manuscrit (lui aussi a été coaché par Carolyn !), lancement de son roman, promo etc…) Aujourd’hui, il a gentiment accepté de répondre à mes questions. Je posterai son entrevue en deux fois parce que ces réponses sont riches et très développées.
• Depuis quand écris-tu? Pourquoi ?
J’écris depuis l’adolescence. Toute ma vingtaine, je l’ai passée dans les livres, car, je crois, qu’il est primordial de lire beaucoup avant de se lancer dans le monde de l’écriture. Question de s’ouvrir aux univers des autres pour mieux définir le sien. Avoir des modèles, des références, je trouve ça sain, essentiel pour quiconque veut vraiment plonger dans la création. Dans cette même vingtaine, j’ai noirci quelques cahiers d’innombrables histoires farfelues, complètement disjonctées, question de pousser le plus loin possible mon goût prononcé pour l’absurde et ses dérivés. Ce n’est qu’à 30 ans que je me suis « donné » le droit de coucher sur papier l’histoire qui me trottait dans la tête depuis quelques mois. Et pourquoi j’écris? Parce que depuis que je le fais, ma vie n’aurait plus de sens si je m’arrêtais de le faire. Comme manger, boire, dormir, respirer.
• Quelle est ta méthode d’écriture ? Fais-tu des plans, des fiches de personnages?
Avant d’écrire mon premier roman, j’avais la grande naïveté de croire que j’étais du genre à ne pas faire de plan. Que mon inspiration était suffisante pour me guider au travers l’histoire que j’avais en tête. Et là, le jour où je me suis assis au clavier, je me suis vite rendu compte que je n’irais nulle part sans plan, sans personnages clairement définis. Ce jour-là, j’ai appris que j’avais besoin de structurer mon imaginaire. Je connais des auteurs qui ont la capacité d’écrire sans plan, mais je crois sincèrement qu’il s’agit d’une minorité. Planifier son histoire, c’est se donner la chance de prendre un recul nécessaire face à ses idées. Ça m’aide, moi, à irriguer le flot d’idées qui vont et viennent dans ma caboche survoltée.
• T’inspires-tu de ta vie, de tes proches pour écrire ?
Oui. Beaucoup même. Je crois que tous les auteurs le font. Certains plus que d’autres. Je suis une espèce d’éponge, de filtre, de vampire qui s’abreuve aux faits et gestes de mon entourage. Mais j’enrobe le tout, modifie, romance, pour que mon histoire soit, le plus possible, intéressante. Bien humblement, ma vie « telle quelle » n’est vraiment pas digne d’intérêt. Je suis un gars heureux et je n’ai pas d’histoire. Alors, à mon sens, l’autofiction, genre à la mode, est une sorte de masturbation littéraire qui glorifie le JE… je pense que personne n’a une vie assez trépidante pour qu’elle mérite de se retrouver dans un roman. Faut enlever, ajouter, inventer, et là, peut-être, j’obtiendrai quelque chose.
• Ton roman critique l’engouement autour d’une chanteuse ou un écrivain érigé en star. As-tu voulu faire passer un message ?
Pas vraiment. Les messages, les morales, ce n’est jamais un but. Peut-être une conséquence, mais rendu là, ça ne m’appartient plus. Par contre, il est clair que je trouve triste et désolant le phénomène des stars jetables, celles qui brillent un jour et s’éteignent le lendemain. En ce sens, oui, on peut dire que message il y a. Mais les personnages doivent l’incarner et l’auteur doit s’effacer derrière eux, sinon c’est raté. Espérons que je m’en suis bien tiré!
• Tu abordes aussi les relations hommes-femmes ainsi que les relations père-fils. Comment conçois-tu l’avenir du couple et de la famille dans notre société ?
Grande question. Le couple, je trouve que les gens y croient de moins en moins. L’idée romantique du couple, elle, plaît toujours. Mais l’effort quotidien, les compromis, les concessions, le dialogue, la mise à nue de notre vulnérabilité, tout ça ne semble pas trop vendeur de nos jours. Et la famille elle aussi est malmenée. Mais il restera toujours des gens désirant donner un sens à leur vie en créant une cellule familiale. J’en fais partie. Et, pendant qu’on y est, mon second roman traite de l’immense déséquilibre qu’amène la venue d’un enfant au sein du couple.
La suite de l’entrevue.
Sortez vos tuques et vos mitaines, 0 degré ce matin et il a gelé cette nuit ! Quelqu’un veut faire une prière avec moi pour qu’on ait un été indien. Je sais je suis devenue une vraie québécoise, je n’arrête pas de parler du temps !
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Mon blogue sera sujet à des modifications ces prochaines semaines, ou plus particulièrement, à des ajouts.
J’ai toujours voulu faire une section « entrevue d’auteurs ». Maintenant que mon roman est fini, que je n’ai pas encore commencé le second, que je vais bientôt ne plus travailler les vendredis, je vais avoir plus de temps pour la réaliser. Soit par écrit, soit, si je peux, par vidéo. J’ai déjà en tête une liste d’auteurs à qui je veux proposer mes entrevues, reste à voir s’ils vont accepter !
J’ai également envie de vous parler plus en détails de mes lectures. Je peux lire deux à trois livres par semaine et si tous ne me donnent pas envie d’en parler, plusieurs m’inspirent quelques critiques que je posterai bientôt.
Finalement, l’ajout majeur se situera plus au niveau de ma vie de Française expatriée au Québec depuis plus de trois ans. J’ai envie d’en parler plus. Évidemment ma période « Oh mon dieu je ne retrouve pas mes raviolis Buitoni et mes pâtes Panzani à l’épicerie vu que toutes les marques sont différentes ici et d’ailleurs vos épiceries ne ressemblent en rien à nos vrais supermarchés immenses comme Auchan et Carrefour où l’on peut acheter à la fois un livre, un portable, des vêtements, et de la nourriture » est derrière moi. J’ai tenu un autre blogue deux ans Les Toiles Filantes pour ceux qui s’en souviennent où je parlais de mes découvertes.
Aujourd’hui, c’est la France qui m’inspire ces exclamations. À chaque fois que j’y retourne, je suis toute choquée. Genre je veux aller faire mes courses en dimanche et tout est fermé, parce que oui en France tout ou presque est fermé le dimanche (peut-être plus pour longtemps vu que Sarkozy s’en mêle). Aujourd’hui mon regard sur la société québécoise n’est plus naïf, ni idéaliste, il est plus réaliste, plus vrai, selon ma vérité à moi. Et ce sont ces genres de pensées, de constats que j’ai envie de vous faire partager. C’est un sujet qui me tient à cœur, j’en parle abondement dans mon roman et d’ailleurs, j’égratigne la société française et québécoise au passage. Enfin pas moi. Isa. Mon héroïne. Qui est juste une sale maudite Française chiante !
En bref, l’écriture et le monde de l’édition ne seront plus les thèmes exclusifs de ce blogue. Prochain sujet : les élections fédérales. Je ne vous avais pas dit que j’étais tannée des élections ? 5 élections en 3 ans (sans compter celle présidentielle française) c’est trop pour moi ! Une provinciale, une fédérale, deux municipales parce que notre mairesse (enfin c’était pas la mienne, j’aurais pas voter pour elle si j’avais eu le droit de vote. Je n’aurais pas voter pour notre maire actuel non plus d’ailleurs) est morte subitement en plein milieu de son mandat et maintenant une autre fédérale ! A break please ?
Chroniques d’un premier roman vient donc d’entrer dans la phase 2.0 !






