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Auteur: Audrey
• Samedi 04 juin 2011

24253_374055577798_679917798_3875615_2730736_nLe 30 mai 2004, je suis venue au Québec pour la première fois, pour des vacances de 12 jours. Le 30 mai 2011, ça a donc fait 7 ans. J’en reviens pas. Ces années sont passés tellement vite, mais quelles années ! Et je n’ai jamais regretté une seule fois ma décision d’avoir traversé l’Atlantique en 2005 pour étudier à l’université Laval. Je ne savais pas que les 2 ans prévus initialement allaient se transformer en une installation plus permanente, mais c’est ce que j’aime de la vie, qu’elle me surprenne.

J’ai toujours eu un côté globe-trotter, j’avais toujours eu envie d’aller vivre quelques années dans un autre pays, je pensais davantage à l’Irlande (amour x1000 pour ce pays, je ne cesse de le répéter) ou l’Angleterre parce que j’ai de la famille là-bas. Mais après mon séjour en 2004, il n’y avait plus de doute, c’était au Québec que je voulais vivre mon expérience d’expatriation. Je ne sais pas pourquoi je me sens aussi bien ici, c’est un tout, la douceur de vivre, la gentillesse des gens, la nature à proximité, la possibilité de vivre la vie qu’on a choisi. En France, tout est tellement compliqué et sortir du moule est impossible. Ok, tout n’est pas parfait au Québec, mais le pays parfait n’existe pas.

Je compare rarement la France et le Québec, je trouve ça futile, mais souvent je me demande ce qu’aurait été ma vie si j’étais restée en France. Impossible de savoir avec certitude mais je suis convaincue que mes projets d’écriture et mes expériences d’auteure ne seraient pas aussi avancés et je sais aussi que je n’aurais jamais pu obtenir les conditions de travail que j’ai ici en France. Le travail, c’est le nerf de la guerre là-bas et sans travail, on ne peut rien faire. Pas d’appart, pas de voiture, on reste à la case départ.

J’adore la France (fromage pas cher, fromage pas cher et fromage pas cher !), je compte les jours avant mon départ pour Lyon cet été, mais il est tellement plus agréable d’y aller en tant que touriste que d’y vivre. Tellement. Le meilleur de la France, sans les inconvénients.

Bientôt, je pourrai devenir Canadienne (va falloir que j’apprenne mon Ô Canada et que je jure fidélité à la reine d’Angleterre ! Hum, sans commentaire) et je pourrai enfin voter ! Frustration x1000 lors des dernières élections ! Ça ne changera pas grand chose à ma vie (quoique j’aime bien l’idée d’avoir deux passeports, je me sens comme un agent secret ahaha !) mais je sais que ce sera un moment émouvant. Une double citoyenneté parce qu’un jour, je suis venue passer 12 jours au Québec.

On ne peut jamais savoir de quoi sera composée notre vie, on fait des projets, on a des rêves mais finalement, l’inattendu, c’est qu’il y a de plus beau. Quant à savoir où je serai dans 7 ans, hum, là, ça va dépendre de pas mal de choses !

Retour à l’écriture pour le prochain billet. Ça bouge du côté de Ados-1 !

Auteur: Audrey
• Jeudi 12 novembre 2009

franceLa France aime les polémiques. Même à retardement.

Marie Ndiaye a remporté le Goncourt la semaine dernière avec son dernier livre “Trois femmes puissantes”. En août, lors de la sortie de son roman, elle avait donné une entrevue dans un journal dans laquelle elle disait entre autre que si elle était partie vivre en Allemagne avec son mari après l’élection de Sarkozy, c’est parce qu’elle trouve la France et là je cite “monstrueuse”. Ça n’avait fait réagir personne sur le moment, mais maintenant qu’elle a le Goncourt, tout le monde en parle.

Il y a des débats à la télé, à la radio et un député est même allé demander au ministre de la culture d’imposer un devoir de réserve aux écrivains primés par des prix prestigieux.

Il faut savoir que le devoir de réserve est imposé aux fonctionnaires qui doivent observer une certaine retenue dans l’expression publique de leurs opinions vis à vis de l’État. En gros, ne critique pas celui qui te nourrit.

Le débat qui fait rage en ce moment se résume donc ainsi : doit-on imposer ce devoir de réserve aux écrivains primés sachant que les prix ne sont absolument pas décernés par le gouvernement ?

Moi je déplacerais le débat d’une coche et me demanderais : pourquoi tant de Français décident-ils de s’établir à l’étranger ? Je n’irais pas jusqu’à dire que la France est monstrueuse. On y est libre, ceux qui n’ont pas grands revenus reçoivent des aides astronomiques de l’État (allez au Québec et vous verrez que des aides pour payer son logement, ça n’existe pas !) et bon, on est quand même mieux en France qu’au Yémen ! Et puis, qu’est-ce qu’on mange bien ! Pour moi, la gastronomie française est la meilleure au monde.

Mais des problèmes, il y en a et pas qu’un peu. Personnellement, je ne suis pas partie parce que j’en avais assez de la France, je suis partie parce que j’avais envie de découvrir plein de choses. Mais la France est envahie d’un mal être épouvantable.

Ce n’est pas normal que 68% des jeunes diplômés de 2008 soient encore au chômage un an après l’obtention de leur diplôme. Ce n’est pas normal que 100 000 personnes applaudissent sur Facebook un mec qui a volé 11 millions d’euros à Lyon la semaine dernière lors d’un transport de fonds.

C’est très révélateur de l’état d’esprit des gens je trouve. De leur raz-le-bol. Trouver un CDI (poste permanent) relève du parcours du combattant, devenir propriétaire aussi étant donné le prix de l’immobilier, louer un appart encore plus vu que les propriétaires demandent environ 1 million de garanties. Le service à la clientèle est pitoyable au point que tu n’oses même pas demander un renseignement dans un magasin sous peine de te faire aboyer dessus. Sur France 2, ils passent des spots publicitaires vantant les métiers d’avenir et cette semaine, c’était le métier de caissière qui était mis en avant ! Je n’ai rien contre les caissières mais on s’entend pour dire que ce n’est pas le métier le plus intéressant et valorisant au monde. Et ça, c’est une annonce payée par l’État !

Bref, tout ça pour dire qu’il y a vraiment quelque chose qui ne va pas. Et je ne dis pas qu’au Québec tout est parfait (loin de là) mais je crois sincèrement que les gens y sont plus heureux qu’en France.

Auteur: Audrey
• Lundi 07 septembre 2009

identitéCe que j’aime de la vie d’expatriée, c’est tout l’enrichissement qui en découle. Oui, il y a des choses très dures, comme l’éloignement de nos proches, mais il y a aussi des choses fantastiques. Je ne connaissais presque rien du Québec avant de m’y installer, à part les clichés habituels : le froid, la cabane, la nature, l’accent, Céline Dion et Garou.

En 4 ans, j’ai découvert tout un pays.

J’ai découvert son histoire, son cinéma que je trouve d’une qualité tellement supérieure au cinéma français (je peux vous citer 10 films ou séries québécoises qui m’ont marquée en 4 ans, je suis incapable d’en citer 10 français en 25 ans de vie en France), sa politique, sa langue, ses humoristes (Rachid Badouri et Louis-José Houde me font faire pipi dans ma culotte tellement je ris !), sa littérature et tellement de choses encore qu’il me faudrait écrire un livre (je retiens l’idée).

Toutes ces découvertes, toutes ces expériences ont fait de moi ce que je suis maintenant, à l’aube de mes 30 ans : une citoyenne du monde. Depuis que je suis en France, je profite de tout ce qui me manquait mais je me rends compte aussi que je ne suis plus seulement Française, je suis aussi Québécoise.

Quand je suis au Québec, je cherche à ne pas me déconnecter de la France en lisant des journaux français, en regardant des émissions françaises comme On est pas couchés ou Envoyé spécial (vive TV5!) et depuis que je suis en France, je lis Le soleil et la Presse tous les week-ends, je regarde les DVD des Invincibles et je recherche désespérément du sirop d’érable à moins de 10 euros la bouteille de 100 ml !

J’ai adopté la culture québécoise qui s’est mélangée à ma culture française et je ne veux me séparer d’aucune.  Je porte en moi plusieurs couleurs du monde et je n’aurais pas voulu vivre ou être autrement.

Auteur: Audrey
• Mardi 18 août 2009

fouleJe ne suis plus capable de voir tant de monde ! Il y a du monde partout et tout le temps en France. À la plage, c’est noir de monde, dans les épiceries, c’est noir de monde, à l’hôtel, c’est noir de monde, dans les rues, sur les routes, dans les restos, idem. Je sais que l’été avec tous les touristes, surtout dans le sud de la France, la population double mais là, la seule chose dont j’ai envie, c’est d’avoir une rue, juste une rue, à moins toute seule. Sans voiture, sans passant, sans bruit.

C’est une des choses qui m’ont vraiment marquée quand je suis arrivée au Québec, l’absence de monde. Je me rappelle qu’un soir de novembre, je me suis baladée dans le Petit Champlain pendant une demi-heure et je n’ai croisé personne. C’était tellement génial, j’avais le Vieux-Québec à moi toute seule.

En France, je me sens étouffer. D’ailleurs la première fois que je suis revenue à Lyon après un an et demi d’absence, j’étais à Auchan avec ma mère et j’ai du ressortir de là au bout de 15 min tellement je ne supportais plus l’affluence des clients.

J’ignore si je suis légèrement agoraphobe mais là, je donnerai tout pour pouvoir me transporter dans le Petit Champlain un soir de novembre, où seul le bruit du vent accompagnait mes pas.

La France me manquait, mais maintenant ça y est, j’ai fait le plein, c’est quand le retour ?

Auteur: Audrey
• Samedi 18 octobre 2008

Je n’irai certainement pas en France à Noël finalement, j’ai une amie qui se marie en mai et je voudrais vraiment pouvoir y être, sans compter que mon roman sera sorti d’ici là et que j’aimerais pouvoir organiser un petit lancement. Deux billets d’avion en l’espace de cinq mois donc, ça fait cher pour ma petite bourse, surtout que celui à Noël tourne autour des 1200 dollars et c’est ça, c’est juste le Québec-Paris, il faut ensuite que je prenne le TGV jusqu’à Lyon qui coûte cent euros environ (ah que je regrette ma carte des 12-25 ans qui me donnait 40% de réduction!)

Pas de séjour en France avant plusieurs mois, c’est sûr que c’est pas facile de rester éloignée de mes proches si longtemps mais d’un autre côté, je me rends compte que la France ne me manque pas vraiment. J’adore retourner à Lyon et revivre mes souvenirs de l’époque où j’y vivais mais ça s’arrête là.  Je n’ai pas envie d’y revivre. En tout cas pas pour l’instant.

J’aime le Québec à cause des couleurs de l’automne. J’aime le Québec à cause de la gentillesse qui émane de la plupart des gens. J’aime le Québec parce que l’ambiance est moins morose qu’en France. Parce que les gens qui quêtent dans la rue ne sont pas agressifs ou insistants comme en France. Parce que je peux prendre le bus le soir sans craindre de me faire agresser. Parce que les gars qui draguent ne sont pas insistants comme en France où au mieux on se fait dire qu’on fait notre star quand on les repousse, au pire on se fait traiter de salope (véridique)

J’aime le Québec parce que j’ai trouvé un travail en trois semaines après ma maitrise, même si mon nom de famille ne sonne pas québecois.

J’aime le Québec parce que je peux changer d’appartement sans tous les détails administratifs qu’il y a en France (fournir des références, ses trois derniers bulletins de paie (qui sont mensuelles en France), un garant et bien sûr se faire dire non parce qu’on est pas un Français pur souche. Bon ça, ça ne m’ait jamais arrivé par exemple)

J’aime le Québec parce que j’ai trouvé un éditeur pour mon livre en trois semaines et que je suis entrée dans une très belle famille. J’ai d’ailleurs reçu mes premières propositions de couverture cette semaine, je vous en reparle.

Je pourrais écrire des pages et des pages pour expliquer pourquoi j’aime le Québec (pour dire pourquoi je ne l’aime pas aussi d’ailleurs, y’a pas de pays parfait), mais surtout, j’aime le Québec parce que j’aime la personne que je suis devenue en y vivant.

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