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Auteur: Audrey
• Lundi 12 octobre 2009

Bon, deux articles en une journée, c’est rare mais là, il faut qu’on parle de choses qui fâchent. Eh oui, faut bien parfois !

J’adore le Québec. Vraiment. Peut-être même plus que mon propre pays mais s’il y a une chose qui m’horripile au point de vouloir hurler de toutes mes forces, c’est quand j’entends certains dirent que ce sont les Français qui utilisent le plus de mots anglais dans leur langage courant parce que oh mon Dieu, on dit shopping, parking et week-end. Ce sont TOUJOURS ces trois exemples qui reviennent ! Ça m’énerve tellement qu’un matin, en regardant deux animateurs sur RDI parler des anglicismes en France, j’ai envoyé un courriel à l’émission pour leur dire combien j’étais en colère.

Que les choses soient claires. Oui, en France, on ADORE parler anglais, on trouve ça super. On ne traduit pas certains titres de films américains, nos émissions s’appellent Loft Story, Secret Story, Fear Factor. On s’envoie des emails, on mange des nuggets de poulet et des happy meal au Mac Do’. Des tas d’entreprises françaises ont des noms en anglais et ça ne nous dérange pas. Au contraire. Je le redis, on aime l’anglais (même si on le parle très mal).

Ça, c’est la réalité, mais vous n’entendrez jamais une Française dire d’un gars qu’il est cute. Non. Elle va dire : il est mignon. Vous n’entendrez jamais un Français dire : eh tu veux que je te raconte une joke ? Non. Il va dire : eh tu veux que je te raconte une blague ? Vous n’entendrez jamais des Français dire : on va à la game de hockey ce soir ? Non. Ils vont dire : on va voir la partie de hockey ce soir ? Les Français ne se frenchent pas, ils s’embrassent.  Ils ne font pas de party, ils font des fêtes. Ils n’ont pas une gang de chums mais une bande d’amis. Ils ne cédulent pas de meetings, ils fixent des réunions. Je pourrais continuer des heures comme ça et là, je n’ai même pas commencé à parler des garagistes qui me parlent de wipers quand le mot essuie-glace existe.

O.K. Je sais qu’il y a une explication historique à l’utilisation de l’anglais par les garagistes. Je sais que les Québécois ne peuvent pas être imperméables à l’anglais parce qu’ils sont entourées de millions d’anglophones. Je sais qu’ils ont une langue qui leur est propre et c’est normal. Je sais qu’ils se battent bien plus que les Français pour sauvegarder l’intégrité du français. Je sais tout ça et je sais que le combat n’est pas facile. Je suis la première à m’indigner quand je vais à Montréal et qu’on me sert exclusivement en anglais dans les magasins. Je suis totalement pour la loi 101.

Mais par pitié, s’il vous plaît, arrêtez de me dire que ce sont les Français qui truffent le plus leur vocabulaire de mots d’anglais parce que ce n’est pas vrai. Allez passer un an en France et vous pourrez juger de la situation vous-même. Oui, l’anglais est présent mais moins qu’au Québec et pas dans notre langage courant.

Et puis de toute façon, on s’en fout. Chaque pays a ses combats. Si on arrêtait de se comparer ? Il n’y a pas de pays parfait. Ni la France. Ni le Québec. Point.

Voilà. C’était mon avis.

Auteur: Audrey
• Lundi 07 septembre 2009

identitéCe que j’aime de la vie d’expatriée, c’est tout l’enrichissement qui en découle. Oui, il y a des choses très dures, comme l’éloignement de nos proches, mais il y a aussi des choses fantastiques. Je ne connaissais presque rien du Québec avant de m’y installer, à part les clichés habituels : le froid, la cabane, la nature, l’accent, Céline Dion et Garou.

En 4 ans, j’ai découvert tout un pays.

J’ai découvert son histoire, son cinéma que je trouve d’une qualité tellement supérieure au cinéma français (je peux vous citer 10 films ou séries québécoises qui m’ont marquée en 4 ans, je suis incapable d’en citer 10 français en 25 ans de vie en France), sa politique, sa langue, ses humoristes (Rachid Badouri et Louis-José Houde me font faire pipi dans ma culotte tellement je ris !), sa littérature et tellement de choses encore qu’il me faudrait écrire un livre (je retiens l’idée).

Toutes ces découvertes, toutes ces expériences ont fait de moi ce que je suis maintenant, à l’aube de mes 30 ans : une citoyenne du monde. Depuis que je suis en France, je profite de tout ce qui me manquait mais je me rends compte aussi que je ne suis plus seulement Française, je suis aussi Québécoise.

Quand je suis au Québec, je cherche à ne pas me déconnecter de la France en lisant des journaux français, en regardant des émissions françaises comme On est pas couchés ou Envoyé spécial (vive TV5!) et depuis que je suis en France, je lis Le soleil et la Presse tous les week-ends, je regarde les DVD des Invincibles et je recherche désespérément du sirop d’érable à moins de 10 euros la bouteille de 100 ml !

J’ai adopté la culture québécoise qui s’est mélangée à ma culture française et je ne veux me séparer d’aucune.  Je porte en moi plusieurs couleurs du monde et je n’aurais pas voulu vivre ou être autrement.

Auteur: Audrey
• Mercredi 17 décembre 2008

Les fêtes de Noël approchent, les vacances aussi. Comme je ne pars pas en France, mes journées seront moins mouvementées. Pas d’amis ou de famille à voir absolument, pas de magasins ou de restaurants où aller avant de repartir et ainsi de suite. Ce n’est pas plus mal parce que j’ai vraiment besoin de me reposer, je suis fatiguée, je ne dors pas assez, je m’endors à minuit et me réveille a six heures à cause de Pixelle, ma chatte. Et six heures de sommeil, pour moi, c’est peu. Je n’arrête pas de rêver du boulot, je n’arrête pas de rêver de mon roman ce qui donne des nuits assez mouvementées.

Bref, je suis fatiguée ce qui m’amène à la question suivante : pause d’écriture ou pas ? L’an passé, je me suis arrêtée d’écrire par la force des choses, pas assez de temps avec mon voyage en France et ce fut vraiment difficile de m’y remettre. J’avais perdu l’habitude, perdu ma routine et je remettais au lendemain. C’est demandant d’écrire, je veux dire, il y a plein de choses qu’on ne fait pas parce qu’on préfère passer trois ou quatre heures par jour devant notre écran quand on peut. J’adore écrire et je ne me vois pas arrêter mais ça demande quelques sacrifices.

Tout ça pour dire que quand on prend une pause, je trouve difficile de recommencer à écrire. Je pense d’ailleurs que c’est pour cette raison que je me suis mise à l’écriture de mon deuxième roman très vite. Alors, ai-je envie de m’arrêter sur ma lancée (une très bonne lancée depuis début décembre, une moyenne de trois pages par jour) et de courir le risque d’avoir du mal à m’y remettre ? Non.

Ai-je envie de prendre une pause pour me reposer et attaquer 2009 en pleine forme sachant que cette année verra la publication de mon premier roman et tout ce qui s’en suit ? Oui.

Que vais-je faire ? Je ne sais pas. Il me reste un chapitre à écrire pour clore ma deuxième partie, je pense que je vais l’écrire et ensuite, prendre une pause bien méritée pour terminer 2008 et commencer 2009 en pleine forme !

Auteur: Audrey
• Vendredi 31 octobre 2008

Devenir expatrié nous conduit-il à devenir apatride ? Pas au sens juridique mais au sens émotionnel.

Je me sens apatride parfois moi.

Quand je suis arrivée au Québec, je regardais tous les soirs le journal de france 2 sur TV5, je lisais des quotidiens français, je me tenais au courant. Depuis un an environ, je ne suis plus rien, je suis complètement déconnectée de la France. L’année dernière, mes amis m’ont fait découvrir la tecktonik un nouveau mouvement musical dérivé de la techno et une danse particulière avec les bras qui est franchement à mourir de rire mais qui fait fureur en France, on peut même prendre des cours de tecktonik ! Je n’avais jamais entendu parler de ça. L’année d’avant, c’était Kamini qu’ils m’avaient fait découvrir, le chanteur à la mode du moment.

Quand je passe du temps en France, je me rends compte à quel point je ne sais plus rien de ce qu’il s’y passe et le pire c’est que ça ne m’intéresse presque plus. Je ne sais pas quelle est la star du moment, quel est le drame du moment et je m’en fiche. De là à dire que je me sens maintenant Québécoise, il y a tout un pas que je ne franchirai pas.

Je ne suis pas Québecoise, il y a des tas de références culturelles qui m’échappent encore. Bon évidemment je connais Passepartout, je connais même les chansons : “J’ai deux yeux, tant mieux, deux oreilles, c’est pareil” je connais Nathalie Simard et son histoire tragique, je connais La petite vie, Le temps d’une paix, La guerre des tuques et j’en passe. Mais j’en perds des bouts souvent quand des collègues se parlent entre eux.

Je me sens apatride donc. Je me sens de moins en moins Française mais pas non plus Québécoise. Comme entre deux-eaux. C’est spécial.

Bien sûr, je suis vraiment contente d’avoir découvert une autre culture, ça m’a enrichie, et j’aime ma vie ici. Alors je vais le prendre dans l’autre sens. Je suis Française de naissance et Québécoise d’adoption.

Auteur: Audrey
• Samedi 18 octobre 2008

Je n’irai certainement pas en France à Noël finalement, j’ai une amie qui se marie en mai et je voudrais vraiment pouvoir y être, sans compter que mon roman sera sorti d’ici là et que j’aimerais pouvoir organiser un petit lancement. Deux billets d’avion en l’espace de cinq mois donc, ça fait cher pour ma petite bourse, surtout que celui à Noël tourne autour des 1200 dollars et c’est ça, c’est juste le Québec-Paris, il faut ensuite que je prenne le TGV jusqu’à Lyon qui coûte cent euros environ (ah que je regrette ma carte des 12-25 ans qui me donnait 40% de réduction!)

Pas de séjour en France avant plusieurs mois, c’est sûr que c’est pas facile de rester éloignée de mes proches si longtemps mais d’un autre côté, je me rends compte que la France ne me manque pas vraiment. J’adore retourner à Lyon et revivre mes souvenirs de l’époque où j’y vivais mais ça s’arrête là.  Je n’ai pas envie d’y revivre. En tout cas pas pour l’instant.

J’aime le Québec à cause des couleurs de l’automne. J’aime le Québec à cause de la gentillesse qui émane de la plupart des gens. J’aime le Québec parce que l’ambiance est moins morose qu’en France. Parce que les gens qui quêtent dans la rue ne sont pas agressifs ou insistants comme en France. Parce que je peux prendre le bus le soir sans craindre de me faire agresser. Parce que les gars qui draguent ne sont pas insistants comme en France où au mieux on se fait dire qu’on fait notre star quand on les repousse, au pire on se fait traiter de salope (véridique)

J’aime le Québec parce que j’ai trouvé un travail en trois semaines après ma maitrise, même si mon nom de famille ne sonne pas québecois.

J’aime le Québec parce que je peux changer d’appartement sans tous les détails administratifs qu’il y a en France (fournir des références, ses trois derniers bulletins de paie (qui sont mensuelles en France), un garant et bien sûr se faire dire non parce qu’on est pas un Français pur souche. Bon ça, ça ne m’ait jamais arrivé par exemple)

J’aime le Québec parce que j’ai trouvé un éditeur pour mon livre en trois semaines et que je suis entrée dans une très belle famille. J’ai d’ailleurs reçu mes premières propositions de couverture cette semaine, je vous en reparle.

Je pourrais écrire des pages et des pages pour expliquer pourquoi j’aime le Québec (pour dire pourquoi je ne l’aime pas aussi d’ailleurs, y’a pas de pays parfait), mais surtout, j’aime le Québec parce que j’aime la personne que je suis devenue en y vivant.

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