Tag-Archive for ◊ immigrer au Québec ◊

Auteur: Audrey
• Dimanche 25 octobre 2009

Ça fait longtemps que je songe à élargir les billets de mon blogue pour parler davantage de mon expatriation au Québec. En ce moment, je suis beaucoup de blogues écrits par des immigrants français au Québec. J’adore me retrouver dans leurs découvertes, dans leurs espoirs, dans leurs attentes. J’ai adoré lire leur exaltation devant  la première neige parce que ça me rappelle tellement moi !

Ah qu’on l’aime notre premier hiver québécois ! Ah qu’on aime pelleter le matin avant de partir travailler, qu’on aime raconter qu’on a failli mourir en conduisant sous une tempête ! Après, on devient comme la majorité des Québécois, on s’enfuit deux semaines à Cuba en février pour échapper à l’hiver et on gueule contre l’ostie de marde blanche qui tombe encore du ciel en avril !

En tout cas…

Aujourd’hui, j’ai envie de vous faire découvrir une toute jeune web-série qui raconte l’arrivée d’un Français à Montréal. J’ai choisi l’épisode qui se passe au Mont Royal parce que j’aurais pu jouer cette scène. Le gars est complètement survolté parce qu’il y a des centaines d’écureuil qui courent partout. Il prend plein de photos et, je l’avoue, j’ai fait EXACTEMENT la même chose la première fois que j’ai découvert le Mont Royal. Ah des écureuils ! Y’en a partout ! C’est trop génial ! Ils sont trop mignons !

Bon, mon opinion a légèrement évolué  le jour où j’ai failli me faire attaquer par un écureuil aussi énorme qu’une marmotte  qui zieutait mon sandwich avec de gros yeux vicieux et des dents carnassières !

Bref, je vous laisse découvrir la vidéo et si ça vous tente, vous pouvez aller faire un tour sur La poutine au vin

Auteur: Audrey
• Lundi 12 octobre 2009

Bon, deux articles en une journée, c’est rare mais là, il faut qu’on parle de choses qui fâchent. Eh oui, faut bien parfois !

J’adore le Québec. Vraiment. Peut-être même plus que mon propre pays mais s’il y a une chose qui m’horripile au point de vouloir hurler de toutes mes forces, c’est quand j’entends certains dirent que ce sont les Français qui utilisent le plus de mots anglais dans leur langage courant parce que oh mon Dieu, on dit shopping, parking et week-end. Ce sont TOUJOURS ces trois exemples qui reviennent ! Ça m’énerve tellement qu’un matin, en regardant deux animateurs sur RDI parler des anglicismes en France, j’ai envoyé un courriel à l’émission pour leur dire combien j’étais en colère.

Que les choses soient claires. Oui, en France, on ADORE parler anglais, on trouve ça super. On ne traduit pas certains titres de films américains, nos émissions s’appellent Loft Story, Secret Story, Fear Factor. On s’envoie des emails, on mange des nuggets de poulet et des happy meal au Mac Do’. Des tas d’entreprises françaises ont des noms en anglais et ça ne nous dérange pas. Au contraire. Je le redis, on aime l’anglais (même si on le parle très mal).

Ça, c’est la réalité, mais vous n’entendrez jamais une Française dire d’un gars qu’il est cute. Non. Elle va dire : il est mignon. Vous n’entendrez jamais un Français dire : eh tu veux que je te raconte une joke ? Non. Il va dire : eh tu veux que je te raconte une blague ? Vous n’entendrez jamais des Français dire : on va à la game de hockey ce soir ? Non. Ils vont dire : on va voir la partie de hockey ce soir ? Les Français ne se frenchent pas, ils s’embrassent.  Ils ne font pas de party, ils font des fêtes. Ils n’ont pas une gang de chums mais une bande d’amis. Ils ne cédulent pas de meetings, ils fixent des réunions. Je pourrais continuer des heures comme ça et là, je n’ai même pas commencé à parler des garagistes qui me parlent de wipers quand le mot essuie-glace existe.

O.K. Je sais qu’il y a une explication historique à l’utilisation de l’anglais par les garagistes. Je sais que les Québécois ne peuvent pas être imperméables à l’anglais parce qu’ils sont entourées de millions d’anglophones. Je sais qu’ils ont une langue qui leur est propre et c’est normal. Je sais qu’ils se battent bien plus que les Français pour sauvegarder l’intégrité du français. Je sais tout ça et je sais que le combat n’est pas facile. Je suis la première à m’indigner quand je vais à Montréal et qu’on me sert exclusivement en anglais dans les magasins. Je suis totalement pour la loi 101.

Mais par pitié, s’il vous plaît, arrêtez de me dire que ce sont les Français qui truffent le plus leur vocabulaire de mots d’anglais parce que ce n’est pas vrai. Allez passer un an en France et vous pourrez juger de la situation vous-même. Oui, l’anglais est présent mais moins qu’au Québec et pas dans notre langage courant.

Et puis de toute façon, on s’en fout. Chaque pays a ses combats. Si on arrêtait de se comparer ? Il n’y a pas de pays parfait. Ni la France. Ni le Québec. Point.

Voilà. C’était mon avis.

Auteur: Audrey
• Lundi 07 septembre 2009

identitéCe que j’aime de la vie d’expatriée, c’est tout l’enrichissement qui en découle. Oui, il y a des choses très dures, comme l’éloignement de nos proches, mais il y a aussi des choses fantastiques. Je ne connaissais presque rien du Québec avant de m’y installer, à part les clichés habituels : le froid, la cabane, la nature, l’accent, Céline Dion et Garou.

En 4 ans, j’ai découvert tout un pays.

J’ai découvert son histoire, son cinéma que je trouve d’une qualité tellement supérieure au cinéma français (je peux vous citer 10 films ou séries québécoises qui m’ont marquée en 4 ans, je suis incapable d’en citer 10 français en 25 ans de vie en France), sa politique, sa langue, ses humoristes (Rachid Badouri et Louis-José Houde me font faire pipi dans ma culotte tellement je ris !), sa littérature et tellement de choses encore qu’il me faudrait écrire un livre (je retiens l’idée).

Toutes ces découvertes, toutes ces expériences ont fait de moi ce que je suis maintenant, à l’aube de mes 30 ans : une citoyenne du monde. Depuis que je suis en France, je profite de tout ce qui me manquait mais je me rends compte aussi que je ne suis plus seulement Française, je suis aussi Québécoise.

Quand je suis au Québec, je cherche à ne pas me déconnecter de la France en lisant des journaux français, en regardant des émissions françaises comme On est pas couchés ou Envoyé spécial (vive TV5!) et depuis que je suis en France, je lis Le soleil et la Presse tous les week-ends, je regarde les DVD des Invincibles et je recherche désespérément du sirop d’érable à moins de 10 euros la bouteille de 100 ml !

J’ai adopté la culture québécoise qui s’est mélangée à ma culture française et je ne veux me séparer d’aucune.  Je porte en moi plusieurs couleurs du monde et je n’aurais pas voulu vivre ou être autrement.

Auteur: Audrey
• Mardi 18 août 2009

fouleJe ne suis plus capable de voir tant de monde ! Il y a du monde partout et tout le temps en France. À la plage, c’est noir de monde, dans les épiceries, c’est noir de monde, à l’hôtel, c’est noir de monde, dans les rues, sur les routes, dans les restos, idem. Je sais que l’été avec tous les touristes, surtout dans le sud de la France, la population double mais là, la seule chose dont j’ai envie, c’est d’avoir une rue, juste une rue, à moins toute seule. Sans voiture, sans passant, sans bruit.

C’est une des choses qui m’ont vraiment marquée quand je suis arrivée au Québec, l’absence de monde. Je me rappelle qu’un soir de novembre, je me suis baladée dans le Petit Champlain pendant une demi-heure et je n’ai croisé personne. C’était tellement génial, j’avais le Vieux-Québec à moi toute seule.

En France, je me sens étouffer. D’ailleurs la première fois que je suis revenue à Lyon après un an et demi d’absence, j’étais à Auchan avec ma mère et j’ai du ressortir de là au bout de 15 min tellement je ne supportais plus l’affluence des clients.

J’ignore si je suis légèrement agoraphobe mais là, je donnerai tout pour pouvoir me transporter dans le Petit Champlain un soir de novembre, où seul le bruit du vent accompagnait mes pas.

La France me manquait, mais maintenant ça y est, j’ai fait le plein, c’est quand le retour ?

Auteur: Audrey
• Lundi 16 mars 2009

Je m’ennuie de la France. Ça ne m’arrive pas souvent, mais là, ça traîne depuis plusieurs semaines.

J’aurais aimé être au salon du livre de Paris en fin de semaine et voir tous mes amis sur Facebook faire leur compte rendu, ça me rend jalouse.

Savoir qu’une de mes meilleures amies accouche dans deux mois, que j’ai déjà manqué son mariage et que je ne serai pas là pour tout vivre à la minute où elle aura ses premières contractions, ça me rend triste.

Me sentir entre deux eaux, entre deux pays presque tout le temps, ça me fatigue.

Savoir que mes amis en France ont pris un verre sur une terrasse en fin de semaine et que les fleurs sortent en même temps que les jours qui rallongent, ça me frustre alors que je ne peux toujours pas sortir sans mes gants et mon écharpe.

Si j’écris moi souvent ici aussi, c’est parce que je songe sérieusement à rentrer en France à plus ou moins long terme et que ça prend beaucoup de place dans ma tête.

J’adore le Québec, j’adore tout ou presque du Québec, mais la France restera toujours mon pays et depuis un moment, j’ai envie d’un retour aux sources.

PS : mon roman fait parti des meilleurs vendeurs de la semaine dernière de Prologue, le distributeur de ma maison d’édition, avec les 3 autres romans de la collection Lime et Citron d’ailleurs. J’imagine que c’est l’effet de la nouveauté, reste à voir dans la durée.

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