Depuis quelques mois, je lis presque religieusement des blogs littéraires d’aspirants auteurs, pour la plupart Français, qui racontent leur cheminement à travers le monde de l’édition, leurs espoirs déçus, leurs combats. L’un des plus connus selon moi est celui de Wrath (dans mes liens) une jeune parisienne de 25 ans vivant à Londres et qui après avoir failli publier son premier roman s’est mis en tête que le milieu de l’édition parisienne (je dis parisienne parce qu’il y a deux niveaux en France, les maisons à Paris et celles ailleurs, et même à Paris, il y a encore plusieurs niveaux) était complètement pourri, et qu’il était impossible de publier sans connaitre les bonnes personnes.
Je ne la rejoins pas sur tout et son acharnement sur les auteurs publiés qu’elle interviewe en podcasts pour leur faire avouer qu’ils n’ont pas envoyé leur manuscrit par la poste est assez ridicule mais elle a le mérite de dénoncer certaines pratiques et de réveiller certains idéalistes, comme moi.
Avant d’en apprendre un peu plus sur ce milieu, je pensais sincèrement que seul comptait la qualité d’un manuscrit, qu’ils étaient tous lus et que le réseau n’était pas si important. Je me fais sourire des fois devant ma naïveté. Alors que c’est comme partout, se faire recommander c’est plus facile, et surtout dans le milieu artistique. Boréal a la réputation de ne publier que sur recommandations et Rafaëlle Germain le reconnaît elle-même, si elle n’était pas la fille de… elle ne serait pas PARTOUT en ce moment. Ça n’enlève rien à ses qualités réelles d’écrivain, j’ai moins aimé son deuxième roman mais elle sait écrire et son premier livre restera un de mes coups de coeur à vie, j’ai d’ailleurs hâte de voir combien de semaines elle va rester en tête des palmarès de ventes.
Bref, tout ça pour dire que bien des aspirants auteurs (allez appelons-nous des AA, tant pis si c’est déjà pris) devraient se réveiller, certains me font de la peine quand ils racontent qu’ils ont envoyé leurs romans chez Gallimard. Gallimard, c’est la maison la plus prestigieuse de la francophonie, on se réveille, quand on habite au Québec et qu’on connait personne, on a une chance sur 100 000 de se faire publier là-bas. Et encore, peut-être bien une sur un million. Pourquoi vouloir s’attaquer aux lions dès le début ? Ah l’égo de l’écrivain.
Le monde a ses règles, en France il parait que 500 familles dirigent toutes les sphères, artistiques, finances, politiques et autres et que les fils et filles de… prennent la relève, en gros la monarchie a encore de longues heures devant elles. Que faire ? Dénoncer violemment le système comme Wrath ? Apprendre les règles du jeu et jouer ? Un réseau ça se bâtit.
J’hésite encore, peut-être que quand j’en aurais à mon actif une vingtaine de lettres de refus, j’aurais envie de tuer tout le monde et que je m’en prendrais violemment au système, pour l’instant, j’observe.






