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Auteur: Audrey
• Samedi 20 septembre 2008

Voici la deuxième partie de mon entrevue avec Martin Dubé. La première partie se trouve ici.

• Combien de temps en moyenne mets-tu pour écrire un roman?
Si je me fie aux deux romans que j’ai écrits, ils m’ont pris exactement le même temps, c’est-à-dire un an à temps partiel ( j’enseigne le jour). Et une autre année pour les multiples versions et les corrections.

• Comment s’est passée te première publication?
Magnifique expérience. Beau travail d’équipe avec l’éditeur, salons du livre, lancement, entrevues journaux et radio, tout a été synonyme de bonheur. Mais le fait de « donner » mon roman au public fut une expérience assez particulière, car ce jour-là, on réalise qu’il ne nous appartient plus, qu’il fait sa vie, que notre bout est fait. Et qu’on pense déjà à son successeur…Le véritable plaisir se fait avant la publication, pendant l’écriture…ça peut sembler égoïste, mais c’est plus que ça. Bien sûr que c’est flatteur quand des lecteurs nous témoignent le bonheur qu’ils ont eu à lire le fruit de notre labeur, mais il ne faut pas que ces moments deviennent une fin en soi, seulement qu’un très agréable conséquence.

• Comment réagis-tu face aux critiques?
Je les lis. Je les écoute. Quand je perçois qu’elles sont de bonne foi, je les accepte et essaie d’améliorer mes points faibles. Mais les critiques hautains qui se pensent tout permis alors qu’ils n’ont jamais écrit un seul bouquin, ils me passent par-dessus la tête en me rappelant toujours la phrase de Charlebois : ce sont des ratés sympathiques.

• Quels sont les auteurs québécois et non québécois que tu lis?
Québécois : Suzanne Myre, Nicolas Dickner, Marie-Sissi Labrèche, Ducharme.
Autres : Jonathan Safran Foer, T.C. Boyle, Pennac, Tonino Benacquista, Poe, Ionesco.

• Des conseils à des écrivains en herbe?
Écrire. Écrire. Lire. Toujours écrire. Et comprendre ceci : ce n’est qu’après le premier jet que commence le véritable travail. Le premier jet, c’est peu de choses. Tout le travail d’artisan débute dans la réécriture. Et surtout, croire en ce qu’on fait. Peu importe les commentaires, les refus. Si vous doutez de vous, laissez tomber l’écriture et faites du macramé.

• Le pitch de ton prochain roman, c’est possible ?
Voir la question « Tu abordes aussi les relations hommes-femmes ainsi que les relations père-fils. Comment conçois-tu l’avenir du couple et de la famille dans notre société ? » Rires.

Auteur: Audrey
• Vendredi 19 septembre 2008

Martin Dubé est l’auteur de Nul si découvert, publié dans la collection Lime et citron des éditions de Mortagne. Je l’ai contacté il y a quelques semaines pour qu’il me raconte son expérience (corrections du manuscrit (lui aussi a été coaché par Carolyn !), lancement de son roman, promo etc…) Aujourd’hui, il a gentiment accepté de répondre à mes questions. Je posterai son entrevue en deux fois parce que ces réponses sont riches et très développées.

• Depuis quand écris-tu? Pourquoi ?
J’écris depuis l’adolescence. Toute ma vingtaine, je l’ai passée dans les livres, car, je crois, qu’il est primordial de lire beaucoup avant de se lancer dans le monde de l’écriture. Question de s’ouvrir aux univers des autres pour mieux définir le sien. Avoir des modèles, des références, je trouve ça sain, essentiel pour quiconque veut vraiment plonger dans la création. Dans cette même vingtaine, j’ai noirci quelques cahiers d’innombrables histoires farfelues, complètement disjonctées, question de pousser le plus loin possible mon goût prononcé pour l’absurde et ses dérivés. Ce n’est qu’à 30 ans que je me suis « donné » le droit de coucher sur papier l’histoire qui me trottait dans la tête depuis quelques mois. Et pourquoi j’écris? Parce que depuis que je le fais, ma vie n’aurait plus de sens si je m’arrêtais de le faire. Comme manger, boire, dormir, respirer.

• Quelle est ta méthode d’écriture ? Fais-tu des plans, des fiches de personnages?
Avant d’écrire mon premier roman, j’avais la grande naïveté de croire que j’étais du genre à ne pas faire de plan. Que mon inspiration était suffisante pour me guider au travers l’histoire que j’avais en tête. Et là, le jour où je me suis assis au clavier, je me suis vite rendu compte que je n’irais nulle part sans plan, sans personnages clairement définis. Ce jour-là, j’ai appris que j’avais besoin de structurer mon imaginaire. Je connais des auteurs qui ont la capacité d’écrire sans plan, mais je crois sincèrement qu’il s’agit d’une minorité. Planifier son histoire, c’est se donner la chance de prendre un recul nécessaire face à ses idées. Ça m’aide, moi, à irriguer le flot d’idées qui vont et viennent dans ma caboche survoltée.

• T’inspires-tu de ta vie, de tes proches pour écrire ?
Oui. Beaucoup même. Je crois que tous les auteurs le font. Certains plus que d’autres. Je suis une espèce d’éponge, de filtre, de vampire qui s’abreuve aux faits et gestes de mon entourage. Mais j’enrobe le tout, modifie, romance, pour que mon histoire soit, le plus possible, intéressante. Bien humblement, ma vie « telle quelle » n’est vraiment pas digne d’intérêt. Je suis un gars heureux et je n’ai pas d’histoire. Alors, à mon sens, l’autofiction, genre à la mode, est une sorte de masturbation littéraire qui glorifie le JE… je pense que personne n’a une vie assez trépidante pour qu’elle mérite de se retrouver dans un roman. Faut enlever, ajouter, inventer, et là, peut-être, j’obtiendrai quelque chose.

• Ton roman critique l’engouement autour d’une chanteuse ou un écrivain érigé en star. As-tu voulu faire passer un message ?
Pas vraiment. Les messages, les morales, ce n’est jamais un but. Peut-être une conséquence, mais rendu là, ça ne m’appartient plus. Par contre, il est clair que je trouve triste et désolant le phénomène des stars jetables, celles qui brillent un jour et s’éteignent le lendemain. En ce sens, oui, on peut dire que message il y a. Mais les personnages doivent l’incarner et l’auteur doit s’effacer derrière eux, sinon c’est raté. Espérons que je m’en suis bien tiré!

• Tu abordes aussi les relations hommes-femmes ainsi que les relations père-fils. Comment conçois-tu l’avenir du couple et de la famille dans notre société ?
Grande question. Le couple, je trouve que les gens y croient de moins en moins. L’idée romantique du couple, elle, plaît toujours. Mais l’effort quotidien, les compromis, les concessions, le dialogue, la mise à nue de notre vulnérabilité, tout ça ne semble pas trop vendeur de nos jours. Et la famille elle aussi est malmenée. Mais il restera toujours des gens désirant donner un sens à leur vie en créant une cellule familiale. J’en fais partie. Et, pendant qu’on y est, mon second roman traite de l’immense déséquilibre qu’amène la venue d’un enfant au sein du couple.

La suite de l’entrevue.


Sortez vos tuques et vos mitaines, 0 degré ce matin et il a gelé cette nuit ! Quelqu’un veut faire une prière avec moi pour qu’on ait un été indien. Je sais je suis devenue une vraie québécoise, je n’arrête pas de parler du temps !

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