J’ai commencé à écrire le tome II de ma trilogie givrée vendredi, et hier soir j’ai terminé mon prologue. Cinq pages pour me rassurer et me prouver que je suis encore capable de partir de rien, d’une page blanche virtuelle, et d’écrire. Cinq pages pour me lancer dans une nouvelle aventure. Les mots coulent facilement, plus facilement qu’avant même. C’est sûr que le fait d’écrire une suite m’aide. Ce sont les mêmes personnages, les mêmes voix, le même style mais bordel que c’est grisant. C’est presque qu’une dose d’adrénaline et je sais maintenant que je ne m’arrêterai plus jamais d’écrire. Même si j’ai de mauvaises critiques. Au contraire. J’en apprendrais. J’en prendrais, j’en laisserais, je corrigerais mes défauts pour écrire un second roman parfait. Ou presque.
Je suis dans trois phases depuis quelques jours : l’attente de la publication de mon premier roman, la recherche d’un maison d’éditions en France pour l’édition de ce même roman dans l’Hexagone, et la rédaction de mon deuxième roman, la suite de Passionnément Givrée.
Drôle de feeling, un mélange d’espoir, d’excitation, d’attente, de concentration, de création et plein d’autres trucs encore. Je me demande si ce n’est pas ça le bonheur ?
Je n’ai pas encore eu d’échos de Carolyn sur les modifications de mon roman (je ne suis pas la seule auteure dont elle doit s’occuper) mais je sais déjà que mon titre et les deux autres de ma trilogie ont fait fureur auprès de toute l’équipe !
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Enthéos est le premier roman de Julie Gravel-Richard qui tient le blogue Soleil d’encrier où elle y raconte, un peu comme moi, ses péripéties éditoriales.
Son lancement auquel je suis allée a lieu mercredi et a été un franc succès. Une belle file faisait la queue pour se faire dédicacer son livre à la fin. Ça m’a fait penser à mon futur lancement, je ne suis pas sûre que j’ai envie de parler devant tout le monde moi, mais surtout ça m’a fait réalisé qu’il va falloir que j’en fasse un en France ! Avec ma famille et mes amis sinon ça restera incomplet ! Comme je compte aller à Lyon en mai pour le mariage d’une amie, et que mon roman sera sorti d’ici là, le timing est parfait.
Bref je dévie.
Enthéos donc. Qui veut dire enthousiasme en grec, se sentir inspiré par Dieu. Sans dévoiler l’intrigue, je vous dirais qu’il s’agit de Thomas, ancien étudiant en théologie, qui essaie de se réinventer après avoir perdu la foi suite à un incident tragique. Nuit après nuit, il est assailli par des cauchemars sanglants. Arrivera-t-il à s’en débarrasser et à se retrouver ? L’histoire se déroule à Québec.
Julie a un style bien à elle, travaillé, précis, riche, on sent que chaque phrase a été pensée et repensée pour avoir sa place au milieu d’un tout qui fonctionne à merveille. On est loin de Marc Levy où tout n’est que facilité.
Ce que j’ai aimé surtout, c’est qu’il m’a fait réfléchir, sur la foi, sur la perte de la foi, sur la vie et la façon d’appréhender la mort. C’est ce que j’attends d’un livre, qu’il me remue, qu’il me fasse me poser des questions, en me donnant un brin de réponses.
Ce roman est aussi truffé de références à la mythologie grecque et on en apprend beaucoup. D’ailleurs une question à Julie : où se trouve le glossaire que tu avais préparé ? Je ne l’ai pas trouvé sur le site de septentrion.
En résumé, pour un premier roman, c’est admirable, un seul reproche peut-être, le début un peu lent. Il m’a fallu du temps avant de comprendre Thomas et de le suivre dans son combat. Mais je sais par expérience que ce n’est pas facile les débuts, il faut planter l’histoire, et dire sans trop en dire.
Une critique du livre est parue dans le Devoir aujourd’hui (il faut être abonné pour le lire). Le journaliste livre deux punchs essentiels de l’histoire, ce qui n’est pas vraiment fort je trouve, mais une critique dans le Devoir, ce n’est pas rien. C’est le journal “intellectuel” du Québec.
Il y a peine un mois et demi, je disais que je n’écrirai jamais de suite pour mon roman, et aujourd’hui je compte écrire trilogie. Pourquoi ? Parce que mes personnages sont là, ancrés en moi, que je les aime et que… j’ai des tas d’idées pour les faire évoluer. Parce que même si écrire une bonne suite est plus difficile que d’écrire un nouveau roman selon moi, j’ai envie de relever ce défi.
C’est plus difficile parce qu’il ne faut pas resservir du réchauffé aux lecteurs, parce qu’il ne faut pas non plus dénaturés nos personnages, il faut tenir compte de ce qu’on a écrit. Et puis si son livre connaît un grand succès, il faut répondre aux attentes des lectures. J’ai lu très peu de suites qui en valaient la peine mais j’aime bien me défier. Passionnément givrée sera donc la premier tome d’une trilogie givrée.
J’ai beaucoup appris en l’écrivant. Entre autres, de mes erreurs. Je suis partie à l’aveuglette quand j’ai commencé. Résultat : j’ai écrit entre 5 et 6 versions de mon roman, jusqu’à ce que je sois satisfaite. Inutile de dire que je n’ai pas envie de recommencer. Conséquence : pour le tome II, je vais faire un plan général avec les grands traits de l’histoire. Je déteste les plans. C’est trop académique et j’ai adoré me laisser surprendre par mes personnages, mais j’ai besoin de me fixer un cadre dans lequel évoluer. J’ai besoin de me structurer un peu pour ne plus me perdre.
Je me sens progresser dans ma manière de procéder et dans ma manière d’écrire et j’adore ça.
Je me rends compte que corriger un roman est plus difficile que de l’écrire. Quand j’écrivais le premier jet, je ne faisais pas vraiment attention au style, je me concentrais sur l’histoire, j’étais dans une processus créatif proche de l’orgasme. Oui oui, pour de vrai! C’est tellement plaisant de faire vivre des personnages selon son imagination, j’avais la trame de l’intrigue en gros dans ma tête mais je me laissais parfois porter vers quelque chose qui n’était pas prévu.
J’ai terminé d’écrire fin septembre, et je suis encore dans la correction de mes 70 premières pages sachant que j’en ai écris presque 200, je ne suis pas rendue! Ce n’est pas tellement que ce soit mal écrit (bon certains passages m’ont fait sauter au plafond, nan j’ai pas écrit ça c’est tellement cliché!) c’est plutôt que maintenant je connais par cœur mes personnages, et qu’ils ont eu temps de murir dans ma tête . Conséquence, je réécris beaucoup de choses pour qu’ils soient plus en accord avec tous les traits de leur personnalité. Mon style a évolué aussi, il est plus vif, plus dynamique, grâce à certains conseils que j’ai reçus. Une fille sur un forum m’a dit que j’écrivais un peu comme Proust, j’ai cru que j’allais mourir, ok ok on peut faire pire comme comparaison mais je trouve son style tellement ennuyeux!
Alors je réécris, d’une manière un peu moins proustienne et plus made in moi ! Ça vient de mes cours de français ça, mes profs me répétaient de ne pas écrire en langage parlé, ou langage familier, au contraire, il fallait faire de longues et belles phrases pleines de métaphores. Ok mais mon roman se passe pas au 19 ème siècle, et mes personnages ne sont pas les fils du prince Charles alors si mon héroïne a envie de dire merde, putain, fais chier, tabarnak, elle le dit maintenant!
Appel : si certains ont quelques heures à tuer, et envie de lire quelques passages de mon roman, qu’ils me fassent signe. Je suis avide de critiques, pas des critiques oh wow c’est trop bien écrit continue, c’est super pour l’ego mais ça ne fait pas progresser. Je voudrais des critiques sincères et constructives.
Comme je l’ai dit mon roman est avant tout une histoire de filles donc je refuserai pas de faire lire mon roman un homme de cinquante ans mais il risque de ne pas vraiment embarquer dans l’histoire! Vous voilà prévenus.
Autre chose je serais ravie de rendre la pareille à tout auteur en devenir, du moment que ce n’est pas de la science fiction, je n’aime vraiment pas ça donc je ne serais pas d’une grande aide pour des critiques!
Mon adresse : lettresdici (at) gmail (point) com. Merci!






