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Tout comme ma collègue auteure Évelyne, j’ai vraiment du mal à rester plus de deux jours sans écrire. Je m’étais dit que j’allais profiter que mon roman soit en révision linguistique pour décrocher un peu et lire. Que nenni ! Depuis samedi, je me suis remise à l’écriture du tome II, au plutôt à sa correction. J’ai raffiné ma première partie, ajouté quelques précisions et je suis prête à écrire la deuxième partie.

Je me rends compte que je ressens comme un manque quand je n’écris pas et même si je ne suis pas en train d’écrire vraiment, mon histoire, elle, est toujours présente quoi que je fasse. Parfois, j’ai comme des flashs d’idées dans des moments incongrus genre en pleine réunion où s’est à mon tour de parler !

Je crois qu’on ne s’arrête jamais vraiment d’écrire et d’ailleurs, si vous écrivez et que vous lisez l’anglais, allez sur ce site, je me suis totalement reconnue. Le titre c’est : vous savez que vous êtes écrivains quand…

Et j’en rajoute un : vous savez que vous êtes écrivains quand vous parlez de vos personnages à votre entourage comme s’ils étaient de vrais amis ! Véridique ! J’étais avec une copine quand je lui ai dit : ah ça ne rappelle un truc que Maxim a fait ! C’est qui Maxim ?  Ah… Euh… un de mes personnages.

Allez un deuxième : vous savez que vous êtes écrivains quand, en relisant un passage que vous avez écrit, vous vous mettez en colère contre un de vos personnages qui a osé trahir votre héroïne ! Ça aussi, véridique !

Si vous avez des idées, ne vous gênez pas, lancez-vous !



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Quand on écrit, on finit toujours à un moment à attendre des retours de la part des lecteurs. On écrit parce qu’on espère toucher, parce qu’on a quelque chose à partager. Même si les critiques nous angoissent, elles sont nécessaires. Tous les auteurs souhaitent voir apparaitre leurs livres dans la presse parce que cela leur donne une certaine légitimité, comme quand un éditeur décide de nous publier, on se dit qu’on a raison d’écrire, qu’on a un certain talent.

Je suis abonnée au Devoir du week-end pour avoir accès aux chroniques littéraires, je lis le Soleil le dimanche pour les critiques littéraires. Ce que je constate, c’est que peu de journalistes savent faire des critiques dans la règle de l’art, à savoir ne pas trop en dire sur l’intrigue et étayer son point de vue avec des exemples tirés du livre.

Beaucoup de critiques négatives que je lis me choquent parce qu’elles manquent tellement de respect pour l’auteur. Quand une personne dit qu’un livre est nul, qu’il vaut mieux ne pas perdre son temps à le lire parce qu’elle n’a pas aimé, c’est un manque de respect pour le travail de l’auteur et l’éditeur. (J’ai lu une critique de ce genre dimanche passé et ce n’était pas la première fois ) Qui est-elle pour énoncer ainsi quelque chose qu’elle pense être la vérité ? Quelle est sa crédibilité ? Ce journaliste n’a même pas pris la peine de développer son point de vue, pourquoi ce livre est-il nul selon lui ? Je ne l’ai jamais su en profondeur. Ce que je retrouve beaucoup dans les critiques c’est “l’intrigue n’est pas crédible, ou trop mince, les personnages sont inconsistants, le style est bâclé” mais aucun exemple tiré du livre pour appuyer ces dires. C’est un peu facile tout ça et pas assez pour déclarer un livre nul.

Julie Gravel-Richard a fait face ce week-end à une critique dans la Presse par une journaliste lui reprochant de manquer d’âme. Comment une journaliste peut-elle écrire cela ? Entre juger son auteur et son roman, il y a un monde qu’elle n’a pas hésité à franchir et qui démontre son amateurisme.

Comment devient-on critique au Québec ? Avec un bacc en littérature, en journalisme, parce qu’on aime lire ? Je ne sais pas mais avec le temps j’en arrive à me dire que peu de critiques sont crédibles. Bien sûr, cela apporte une visibilité et même si on en parle en mal, au moins on parle du livre mais je crois que lorsque mon roman sortira, ce qui me touchera le plus et me fera réfléchir, ce seront les réactions des lecteurs anonymes.

Pas celles des journalistes qui devraient apprendre à éviter d’énoncer leur opinion, qui est de facto subjective, comme la vérité pure et respecter un peu plus le travail de l’auteur. Le problème, c’est qu’un critique rejoint des milliers de lecteurs et c’est là où le bât blesse. Quand mon roman sera sorti, si un critique l’égratigne, ça va me faire mal de savoir que des centaines et des centaines personnes auront lu son opinion et l’admettront peut-être comme la vérité et que je ne pourrais rien faire contre ça. Et c’est pour cette raison que les critiques devraient faire attention à ce qu’ils écrivent



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Je n’ai découvert et aimé Amélie Nothomb que récemment, j’avais lu Robert des noms propres que j’avais abandonné, de même que Acide Sulfurique qui ne m’avait pas du tout convaincu. Et puis un jour, je suis tombée sur Stupeurs et tremblements et je me suis dit que si ce roman avait remporté le prix de l’académie française, il devait sûrement valoir quelque chose. Je l’ai donc acheté et dévoré. Ensuite j’ai lu Ni d’Ève, ni d’Adam que j’ai aimé, mais sans plus. Aujourd’hui j’ai réservé Le fait du prince à la bibliothèque, je suis dixième sur la liste d’attente, c’est moins pire que certains livres (J’ai déjà été 183ème !) et je suis tombée sur un article du Point sur elle. Amélie y parle de ses romans, de l’écriture et de sa vie. J’ai trouvé certains passages vraiment intéressants. Comme ceux-ci:

Ses romans :

“Le Fait du prince est le 61e de mes livres et le 63e est en train. J’écris 3,7 romans par an, les uns à la suite des autres. En décembre, je relis tout ce que j’ai écrit dans l’année et je choisis ce qui sera publié l’année suivante, toujours parmi les récents. Je ne retourne jamais dans ce que j’appelle les vieilleries.”

Et dire que moi je me disais que si je repartais tout de suite dans l’écriture de mon second roman, j’allais m’épuiser ! En même temps, les livres d’Amélie Nothomb sont courts.

L’écriture :

“Je travaille énormément au moment de l’écriture, mais quand l’accouchement est fini et que je suis enceinte du livre suivant, c’est-à-dire dès le lendemain, je considère qu’il est trop tard. Si je n’ai pas réussi à investir dans un livre tout l’amour et tout le soin nécessaires lorsque je l’écrivais, c’est que ça n’en valait pas la peine. Je ne crois pas beaucoup aux corrections ultérieures.”

Chacun sa méthode, personnellement je crois que j’adore encore plus les corrections que la création. Quand le canevas est fini et qu’il me faut jouer avec les mots, approfondir certaines choses, ajouter de l’émotion. Oui j’adore les corrections.

Sa méthode de travail :

Je me réveille tous les jours à 4 heures du matin et, même si je suis fatiguée, la machine fonctionne : je me mets à écrire, toujours sur des cahiers à spirale et à petits carreaux en papier recyclé, toujours avec des Bic cristal encre bleue. J’enchaîne avec le courrier et, en saison, avec les interviews.”

Et elle ne s’arrête jamais, y compris le dimanche. Je ne sais pas si c’est vraiment vrai mais si oui, elle a une très belle volonté.
Bonne journée à tous !



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La rentrée littéraire française de 2008, c’est 656 romans, pour l’automne, sans parler de la production étrangère. Et ce chiffre est en baisse par rapport à 2007. 656 romans et pourtant depuis quelques semaines, ce sont toujours les mêmes noms qui reviennent dans les médias.
Christine Angot et son marché des amants où elle raconte en détail sa relation avec Doc gynéco, Amelie Nothomb bien sûr et son fait du prince, Catherine Millet avec Jour de souffrance, Faïza Guene avec Gens du Balto, et révélation littéraire de 2008, encensé par tout le monde et qui méritera (au moins) le prix de Flore : Tristan Garcia, avec La meilleure part des hommes. On remarquera une chose, c’est que ces auteurs sont tous issus de grandes maisons d’éditions parisiennes : Le Seuil, Albin Michel, Hachette, Flammarion, Gallimard.
Je n’ai pas encore lu ces romans (le temps qu’il arrive ici, la grande frénésie sera passée, jusqu’à la remise des prix littéraires en octobre/novembre), je ne me prononcerai donc pas sur leurs qualités, mais je commence à en avoir marre que toute la presse ne parle que d’une poignée d’élus. Plus de 600 romans resteront dans l’ombre, plus de 600 auteurs ne verront jamais leurs noms mentionnés ou dans les journaux. Au pilon dans quelques mois !
Pas facile de faire sa place dans ce milieu quand on est un jeune auteur ou une petite maison d’éditions. Alors pourquoi publier autant ? Et pourquoi ne laisser aucune chance à des centaines d’auteurs débutants ?
Plus le temps passe et plus je suis heureuse d’avoir signé un contrat d’édition avec une maison ici. C’est certain qu’il est tout autant difficile pour un premier roman de se faire sa place au Québec. Le marché est minuscule par rapport à celui de la France, les grandes maisons comme Boréal ou Québécor dominent, mais la presse ici semble moins réticente à parler des nouveaux auteurs. Ils ne restent pas non plus focalisés sur les “grands” noms pendant des mois. Les chances sont moins inégales.

Tiens, ça me fait penser, combien de romans ont été publiés pour cette rentrée littéraire au Québec ? Et parmi eux, combien de premiers romans ? Une petite recherche s’impose. Ce serait intéressant aussi de trouver le chiffre de premiers romans publiés en France pour cette rentrée. Combien d’inconnus parmi eux ? Si quelqu’un a ces chiffres, qu’il n’hésite pas à me les communiquer !



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C’est bizarre cette sensation que je ressens depuis que j’ai envoyé mon roman à Carolyn. Je ressens un manque. Un manque d’écriture. Comme si, aussi, je devais dire au revoir pour toujours à mon premier roman.

Même si Carolyn me demande encore de faire quelques changements, je sais qu’il n’y aura rien de majeur. Je suis une bonne élève, j’ai pratiquement suivi tous ses conseils lors de mes corrections et déjà au départ, il n’y en avait pas beaucoup. Mon rapport de lecture faisait à peine deux pages. Ce qui veut dire que mon travail de création est terminée, le reste ne dépend plus vraiment de moi (à part la partie promo mais ça c’est une autre histoire)

Le problème, c’est que je ne sais pas si j’ai envie que mon roman évolue sans moi maintenant. Je me sens comme une maman qui regarde aller son enfant à l’école pour la première fois. Je suis vraiment trop sentimentale ! Mais c’est mon premier roman. Il aura toujours ce goût si spécial.

Je suis aussi en train de préparer la trame du tome II : mini-plan et fiche des nouveaux personnages. D’ici une semaine, je devrais être devant une page blanche devant mon premier chapitre. J’ai hâte. Le fameux syndrome de la page blanche ne me fait pas peur !

Et puis, puisque les corrections sur Passionnément givrée sont terminées, j’ai recommencé à contacter les maisons d’éditions françaises. Pas Grasset, ni Albin Michel, et encore moins Gallimard, on s’entend ,mais des plus petites. Je leur ai proposé de leur envoyer les trois premiers chapitres de mon roman par courriel et éventuellement tout le manuscrit par la suite par la poste si intérêt de leur part. À ce jour, 2 éditeurs sur 6 ont accepté. Je me croise les doigts pour qu’ils me demandent la suite !

C’est spécial cette dualité, d’un côté je suis dans l’excitation de l’édition de mon premier roman ici et d’un autre je suis encore dans l’espoir de trouver un éditeur en France pour qu’il traverse l’Atlantique.



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