Liste des articles concernant l'édition d'un premier roman :
Podcast d'Antoine Tanguay, directeur des éditions Alto
Comment faire publier son roman à compte d'éditeur ?
Mes péripéties dans le monde de l'édition
Du manuscrit au livre : les corrections
Podcast d'Antoine Tanguay, directeur des éditions Alto
J'ai commencé une série d'entrevues d'auteur et d'éditeurs par écrit parce que je trouve vraiment enrichissant de discuter avec des personnes appartenant au milieu littéraire. Les entrevues par écrit se trouve sur mon blogue, dans la catégorie "Autour des auteurs" et "Autour des éditeurs".
Aujourd'hui, je vous propose mon premier podcast vidéo avec Antoine Tanguay, directeur des éditions Alto. Après plusieurs heures de montage (comprenez hurler devant mon ordinateur parce que je ne comprenais rien au logiciel !) voici le résultat de mon entrevue. Deux vidéos de 5-6 minutes chacune.
La première concerne plus particulièrement les éditions Alto et sa ligne éditoriale et la deuxième les manuscrits qu’Antoine reçoit, le travail qu’il fait avec les auteurs qu’il publie et les romans au Québec. Vous pouvez également retrouver ses vidéos sur mon blogue dans la catégorie "Autour des éditeurs".
Comment faire publier son roman ? C'est une question qui trotte souvent dans la tête d'un jeune auteur.
Je n'ai pas de conseils magiques à part écrire, écrire, et réécrire. Lire aussi, tout le temps, autant qu'écrire. Parce qu'on apprend en lisant, ne serait-ce que des mots nouveaux. Se renseigner enfin, sur les maisons d'éditions. Déterminer la ligne éditoriale de chaque éditeur est essentiel pour pouvoir savoir si oui ou non notre roman pourrait y trouver sa place. Cela a l'air stupide comme ça mais toutes les maisons d'éditions ne publient pas de polars, de policiers ou de fantasy. Toutes les maisons d'éditions ne publient pas le même style d'écriture non plus.
Il paraît qu'écrire et se faire publier, c'est une combinaison de trois facteurs : le talent, le travail et la chance.
Avec du talent et du travail, on n'a pas besoin de chance.
Avec du talent et de la chance, on n'a pas besoin de travail.
Avec du travail et de la chance, on n'a pas besoin de talent.
Vu qu'on ne peut ni influer sur la chance, ni sur le talent, le travail semble être notre seul accès au succès.
Mes péripéties dans le monde de l'édition
Quand j'ai terminé mon roman, je savais déjà à quelles maisons d'éditions j'allais envoyer mon roman. Je suis une grande lectrice et le monde de l'édition québécois n'est pas si grand. Quant à celui français, je n'avais pas envie de me ruiner en frais d'envois pour collectionner des lettres de refus. Étant donné le nombre de manuscrits que les maisons d'éditions parisiennes reçoivent et le peu de premiers romans d'inconnus qu'ils publient, l'équation est vite faite.
Aujourd'hui cependant, maintenant que mon contrat d'édition est signé, je suis à la recherche d'une maison d'éditions française pour de la coédition. Les romans québécois sont très mal distribués en France. Pour apparaître sur les tablettes de la Fnac et autres librairies, il faut un éditeur français. Michel Tremblay est publié par Léméac, Marie Laberge par Anne Carrière. Tout est dit et d'ailleurs, si un éditeur français passe par là...
Trois semaines après l'envoi de mon manuscrit aux maisons d'éditions québécoises donc, je recevais un coup de téléphone des Éditions de Mortagne. Chance, talent, travail ? Je ne sais pas. Ce que je sais, c'est que je me suis renseignée avant de leur envoyer mon roman. Je savais qu'il tombait pile dans leur nouvelle collection "Lime et citron" et qu'il serait susceptible de leur plaire.
Un mois après la signature de mon contrat, j'ai reçu un autre coup de téléphone des éditions JCL, prêt à me publier eux aussi mon roman. Inutile de dire que cela fait du bien à l'égo. Mon roman a tout de même été refusé par Boréal, Québécor, HMH Hurtubise et les Intouchables. Pour ce qui est de Québec-Amérique, maison à laquelle j'ai fait parvenir mon manuscrit, je n'ai jamais reçu de lettre. Sans doute parce que j'ai déménagé et que je n'ai pas fait suivre mon courrier. Néanmoins, j'imagine que si leur réponse avait été positive, il m'aurait téléphoné, mon numéro, lui, n'ayant pas changé.
J'ai donc signé avec les éditions de Mortagne, dirigées par trois soeurs, une grande famille dans laquelle je suis heureuse d'avoir trouvé ma place.
Du manuscrit au livre : les corrections.
En règle générale, même si un roman est accepté et qu'un contrat d'édition est signé, les éditeurs demandent souvent à ce que le texte soit retravaillé. Certains auteurs le prennent mal. Moi au contraire, je ne demandais que ça. J'avais fait du meilleur que j'avais pu toute seule, maintenant, j'allais pouvoir faire encore mieux, accompagnée. Mon roman n'était pas parfait, je le sentais et j'ai eu la chance de travailler en parfaite collaboration avec ma coach littéraire qui a su amener mon roman là où je voulais aller.
Je ne sais pas comment se passe le travail sur un manuscrit dans les autres maison d'éditions, mais je pense sincèrement que pouvoir corriger son texte avec une personne professionnelle au regard neutre est la meilleure chance qui puisse arriver un auteur débutant. Très peu d'auteurs posent un regard objectif sur leur roman, ce qui est normal, nous sommes trop impliqués, et pouvoir corriger nos erreurs sous supervision est une opportunité à ne pas laisser passer. Les écrivains persuadés d'avoir pondu l'oeuvre du siècle et refusant qu'on ne déplace ne serait-ce qu'une virgule font une grave erreur d'après moi et manque d'humilité, une qualité nécessaire dans le domaine de l'écriture.
"Il faut regarder toute la vie avec des yeux d'enfants" Matisse